Portrait et mode de vie
Bittacus strigosus appartient à la famille des Bittacidae, un groupe de Mécoptères dont l'apparence générale évoque celle d'une tipule : corps grêle et allongé, longues pattes fines, quatre ailes membraneuses étroites de dimensions comparables. Cette ressemblance est trompeuse, car les Bittacidae sont des prédateurs actifs, alors que les tipules adultes ne le sont pas.
Le trait le plus caractéristique de la famille est le comportement de suspension qui lui a valu son nom anglais de hangingfly. Chez les Bittacidae, l’insecte s’accroche par ses pattes antérieures à la végétation, le corps pendant dans le vide, et laisse ses pattes postérieures libres. Ces dernières sont préhensiles : le dernier article du tarse peut se replier contre l'avant-dernier à la manière d'une pince, ce qui permet de saisir et de retenir une proie de passage.
Comme chez les autres Mécoptères, la tête est prolongée vers le bas par un rostre allongé, au bout duquel se trouvent les pièces buccales broyeuses. Contrairement aux Panorpidae, autre famille de Mécoptères présente au Québec, les mâles de Bittacus ne portent pas l'organe génital renflé et recourbé qui donne aux « mouches-scorpions » proprement dites leur silhouette singulière.
Les Bittacidae sont généralement associés à la végétation basse de milieux ombragés ou humides. Les sources fournies ne détaillent pas les déplacements ni la période d’activité de Bittacus strigosus au Québec.
Répartition
L'espèce est d'affinité néarctique. Les catalogues taxonomiques nord-américains la donnent comme présente aux États-Unis et au Canada, dans l'est et le centre du continent.
Au Canada, l'aire connue se limite aux provinces méridionales : les catalogues de Bittacidae mentionnent le Manitoba et le Québec, et l'ouvrage de synthèse de McAlpine et ses collaborateurs décrit Bittacus strigosus comme le Bittacus le plus commun au pays, dans le sud du Manitoba, de l'Ontario et du Québec.
Au Québec, la présence de l'espèce est attestée par la littérature entomologique régionale : les synthèses consacrées aux Mécoptères du territoire québécois la comptent parmi les espèces observées. Les Mécoptères forment ici un ordre peu diversifié, avec un nombre restreint d'espèces possédant un historique d'observation, ce qui rend chaque mention d'intérêt documentaire.
La fiche GBIF fournie compte 21 occurrences pour ce taxon. Ce total évolutif ne permet pas, à lui seul, d’évaluer l’abondance réelle de l’espèce. Les sources fournies ne précisent pas les localités québécoises.
Cycle de vie
Le cycle de développement des Bittacidae suit le modèle général des Mécoptères, insectes à métamorphose complète.
Après l'accouplement, la femelle dépose ses œufs sur le sol ou parmi la litière. Chez le genre Bittacus, les œufs sont typiquement laissés tomber librement depuis la position suspendue de la femelle. Les larves, terricoles, ressemblent à des chenilles : corps segmenté, présence de fausses pattes abdominales et d'yeux composés, caractère inhabituel chez les larves d'insectes holométaboles.
Les larves vivent dans les premiers centimètres du sol et dans la litière de feuilles, milieux humides et riches en matière organique. Elles s'y nourrissent de débris végétaux et animaux. La nymphose a lieu dans une loge creusée dans le sol.
Les sources fournies ne précisent ni le nombre annuel de générations, ni le stade d’hivernage, ni la longévité adulte de Bittacus strigosus au Québec.
Régime alimentaire et écologie trophique
Les adultes de Bittacus sont des prédateurs d'arthropodes à corps mou. Suspendus à la végétation, ils interceptent au passage des mouches, des moucherons, des pucerons, de petits papillons et divers autres insectes volants ou marcheurs, qu'ils immobilisent avec les tarses postérieurs puis consomment à l'aide de leur rostre.
Ce mode de chasse à l’affût fait des Bittacidae des prédateurs de petits arthropodes dans la végétation. Les sources fournies ne permettent toutefois pas de quantifier le rôle écologique de Bittacus strigosus au Québec.
Chez plusieurs espèces du genre, le comportement reproducteur fait intervenir un cadeau nuptial : le mâle capture une proie et l'offre à la femelle, qui s'en nourrit pendant l'accouplement. Chez certaines espèces étudiées, la durée de la copulation varie selon la taille de la proie offerte. Ce comportement nuptial est documenté chez les Bittacidae, sans être établi ici précisément pour Bittacus strigosus.
Les larves, quant à elles, ont un régime essentiellement détritivore et saprophage, contribuant à la décomposition de la matière organique du sol forestier.
Relations avec les autres espèces
Par leur silhouette élancée et leurs longues pattes, les Bittacidae ressemblent aux tipules (Diptères, famille des Tipulidae), avec lesquelles ils sont souvent confondus sur le terrain. La présence de quatre ailes, au lieu de deux chez les Diptères, et le rostre allongé permettent de trancher.
Les adultes utilisent la végétation fine comme support de suspension et peuvent tomber victimes d’araignées, d’oiseaux insectivores et d’autres prédateurs généralistes. Leurs proies appartiennent surtout à la faune des diptères et des petits insectes des herbacées.
Les Mécoptères nord-américains comprennent notamment les Panorpidae, dites mouches-scorpions, les Bittacidae, dont Bittacus strigosus, et les Boreidae, de très petits insectes hivernaux associés aux mousses.
Relations avec l'humain
L'espèce est sans conséquence économique ou sanitaire : elle ne pique pas, ne mord pas l'humain, n'attaque aucune culture et n'est pas associée à la transmission d'agents pathogènes. Son intérêt est avant tout scientifique et naturaliste.
Les Mécoptères constituent un ordre ancien, dont le registre fossile remonte au Permien, et dont l'étude éclaire l'évolution des insectes holométaboles, notamment les liens avec les Diptères et les Siphonaptères. Les Bittacidae, par leurs comportements nuptiaux élaborés, occupent une place particulière dans la littérature sur l'écologie comportementale.
Les sources fournies ne signalent aucun statut de protection particulier pour l’espèce au Québec; elles portent principalement sur sa taxonomie et sa répartition. La littérature entomologique régionale atteste sa présence dans la province, sans fournir ici de compilation détaillée des localités.