Limites et territoire
Selon la description officielle d'Élections Québec pour la carte électorale de 2017, la circonscription de Richmond comprend les municipalités suivantes :
- Asbestos (V), aujourd'hui Val-des-Sources ;
- Cleveland (CT) ;
- Danville (V) ;
- Ham-Sud (M) ;
- Kingsbury (VL) ;
- Maricourt (M) ;
- Melbourne (CT) ;
- Racine (M) ;
- Richmond (V) ;
- Saint-Adrien (M) ;
- Saint-Camille (CT) ;
- Saint-Claude (M) ;
- Saint-Denis-de-Brompton (M) ;
- Saint-François-Xavier-de-Brompton (M) ;
- Saint-Georges-de-Windsor (M) ;
- Ulverton (M) ;
- Valcourt (CT) et Valcourt (V) ;
- Val-Joli (M) ;
- Windsor (V) ;
- Wotton (M).
Elle comprend aussi la partie de la Ville de Sherbrooke qui correspond à l'arrondissement de Rock Forest–Saint-Élie–Deauville, tel qu'il existait le 31 janvier 2017.
Le territoire couvre 1 263,9 km². Il s'étend principalement sur la MRC du Val-Saint-François, sur une partie de la MRC des Sources et sur une portion de la ville de Sherbrooke, tous situés dans la région administrative de l'Estrie. Les principaux pôles urbains sont Windsor, Richmond, Val-des-Sources et le secteur sherbrookois de Rock Forest–Saint-Élie–Deauville, le reste de la circonscription étant à dominante rurale et agricole.
Origine du nom et histoire
La circonscription est créée en 1853, sous le régime de la province du Canada, sous le nom de Sherbrooke ; elle reçoit le toponyme Richmond dès 1855. Elle compte ainsi parmi les plus anciennes divisions électorales du territoire québécois et figure sur la carte de l'Assemblée législative dès la Confédération de 1867.
Son nom rappelle le souvenir de Charles Lennox (1764-1819), 4e duc de Richmond et Lennox, administrateur colonial et gouverneur en chef de l'Amérique du Nord britannique de 1818 à 1819. À son arrivée en Amérique du Nord, il avait pour principales missions d'en améliorer les défenses, d'accroître la navigation intérieure et d'encourager l'établissement de soldats licenciés et d'immigrants britanniques dans les colonies. Il meurt en fonction le 28 août 1819 près de Richmond.
Le nom de la circonscription rejoint celui de la ville de Richmond, sur la rivière Saint-François, et du canton du même nom, ouverts à la colonisation britannique au début du XIXe siècle. Le peuplement initial, d'abord anglophone, est devenu majoritairement francophone au fil du XIXe et du XXe siècle, ce que reflète aujourd'hui la composition linguistique de l'électorat.
Évolution des limites
La circonscription a été remaniée à plusieurs reprises par la Commission de la représentation électorale. Les principales étapes consignées par Élections Québec sont les suivantes.
| Année | Composition de la nouvelle circonscription |
|---|---|
| 2017 | Identique à la précédente |
| 2011 | Parties de Richmond (16 972 électeurs), de Johnson (13 365 électeurs) et d'Orford (22 923 électeurs) |
| 2001 | Partie de Johnson (1 222 électeurs), partie de Mégantic-Compton (0 électeur) et l'ancienne Richmond (34 106 électeurs) |
| 1992 | Identique à la précédente |
| 1988 | Parties d'Arthabaska (3 243 électeurs) et de Drummond (3 877 électeurs), et l'ancienne Richmond (24 189 électeurs) |
| 1985 | Partie d'Arthabaska (0 électeur) et partie de l'ancienne Richmond (24 823 électeurs) |
| 1980 | Partie de Frontenac (534 électeurs) et l'ancienne Richmond (23 801 électeurs) |
| 1972 | Parties d'Arthabaska, de Drummond, de Nicolet, de Richmond et de Wolfe |
La refonte de 2011 a été la plus importante : elle a rattaché à Richmond une partie de l'ancienne circonscription d'Orford, notamment le secteur sherbrookois de Rock Forest–Saint-Élie–Deauville, et une partie de Johnson, tout en cédant une portion de son ancien territoire. Le nombre d'électeurs inscrits est ainsi passé d'environ 35 000 à plus de 50 000, ce qui se traduit par la hausse marquée des votes valides entre 2008 et 2012.
Démographie
Selon les statistiques démographiques d'Élections Québec fondées sur le recensement de 2021, la circonscription compte 72 780 habitants et 59 254 électeurs inscrits, pour une densité de 57,58 habitants par kilomètre carré.
Le portrait socioéconomique compilé par Élections Québec à partir du Recensement du Canada de 2021 présente les indicateurs suivants.
| Indicateur (2021) | Valeur |
|---|---|
| Population totale (portrait socioéconomique) | 82 085 |
| 0 à 9 ans | 11,8 % |
| 10 à 19 ans | 12,2 % |
| 20 à 29 ans | 9,6 % |
| 80 ans et plus | 4,3 % |
| Âge moyen | 42,2 ans |
| Âge médian | 43,2 ans |
| Hommes / femmes | 50,4 % / 49,6 % |
| Français parlé à la maison | 94,6 % |
| Anglais parlé à la maison | 4,4 % |
| Identité autochtone | 1,7 % |
| Minorités visibles | 3,0 % |
| Aucun certificat, diplôme ou grade | 19,0 % |
| Diplôme d'études secondaires | 21,2 % |
| Revenu médian des ménages (2020) | 76 000 $ |
| Revenu moyen des ménages (2020) | 90 700 $ |
La population est très majoritairement francophone, la présence anglophone demeurant plus marquée dans certaines localités issues de la colonisation britannique, comme Richmond, Melbourne, Cleveland ou Kingsbury. La part des minorités visibles est faible, et la structure par âge, avec un âge médian supérieur à 43 ans, traduit le vieillissement observé dans plusieurs milieux ruraux de l'Estrie.
Résultats électoraux récents
Élection générale du 5 octobre 2026
Bernard Sévigny (Parti québécois) est élu avec 12 718 voix (29,23 %), au terme d'une lutte à quatre. Le taux de participation atteint 74,27 % (43 508 votes valides, 588 bulletins rejetés, 59 369 électeurs inscrits).
| Candidat | Parti | Voix | % |
|---|---|---|---|
| Bernard Sévigny | PQ | 12 718 | 29,23 |
| Dominic Bouffard | PCQ | 9 956 | 22,88 |
| Hugo Fontaine | PLQ | 9 906 | 22,77 |
| Guillaume Rousseau | CAQ | 5 767 | 13,26 |
| David Poulin-Latulippe | QS | 4 597 | 10,57 |
Élection générale du 3 octobre 2022
André Bachand (CAQ) est réélu avec 21 255 voix (46,75 %), devant Philippe Pagé (QS, 19,86 %), Marylaine Bélair (PCQ, 14,70 %), Jacinthe Caron (PQ, 12,76 %) et Mona Louis-Jean (PLQ, 5,45 %). Participation : 72,10 % ; 45 465 votes valides ; 63 923 électeurs inscrits.
Élection générale du 1er octobre 2018
André Bachand (CAQ) remporte la circonscription avec 17 011 voix (39,64 %), devant Annie Godbout (PLQ, 19,81 %), Colombe Landry (QS, 18,90 %) et Véronique Vigneault (PQ, 17,84 %). Participation : 72,11 % ; 42 910 votes valides ; 60 502 électeurs inscrits.
Élection générale du 7 avril 2014
Karine Vallières (PLQ) est élue avec 17 178 voix (41,16 %), devant Etienne-Alexis Boucher (PQ, 27,60 %), Alain Dion (CAQ, 22,04 %) et Colombe Landry (QS, 6,79 %). Participation : 72,61 % ; 41 737 votes valides ; 58 296 électeurs inscrits.
Résultats antérieurs et tendances
Avant 2018, Richmond a été un bastion du Parti libéral du Québec, qui y remporte toutes les élections générales de 2003 à 2014.
| Élection | Parti gagnant | % du gagnant | Deuxième | Votes valides |
|---|---|---|---|---|
| 2012 | PLQ | 45,34 | PQ (44,57) | 35 208 |
| 2008 | PLQ | 51,50 | PQ (28,87) | 22 635 |
| 2007 | PLQ | 42,32 | ADQ (30,75) | 26 601 |
| 2003 | PLQ | 57,20 | — | 25 815 |
L'élection de 2012, la première tenue selon les limites de 2011, s'est jouée à moins de 300 voix entre libéraux et péquistes. La Coalition avenir Québec s'impose ensuite en 2018 et en 2022, dans le sillage de ses victoires dans l'ensemble de l'Estrie.
En 2026, la circonscription connaît une forte fragmentation du vote : le Parti québécois l'emporte avec moins de 30 % des suffrages, tandis que le Parti conservateur du Québec et le Parti libéral du Québec se disputent la deuxième place à 50 voix d'écart et que le député sortant de la CAQ n'est pas candidat, son parti glissant au quatrième rang.
Sur le long terme, le nombre de votes valides illustre la croissance de l'électorat et les remaniements de la carte : environ 2 300 votes en 1890, près de 5 700 dans les années 1930, plus de 18 000 au milieu des années 1950, puis plus de 40 000 depuis 2014.