Statut juridique
Amazon Canada Fulfillment Services, ULC est une société à responsabilité illimitée (unlimited liability company, d'où le sigle ULC). Elle a été constituée le 20 août 2010 sous un régime extérieur au Québec. Son siège est situé au 1133, Melville Street, à Vancouver, en Colombie-Britannique.
La société a été immatriculée au Registre des entreprises du Québec le 30 décembre 2019, sous le numéro d'entreprise du Québec (NEQ) 1175113589. Ce numéro permet à une société constituée hors du Québec d'y exercer ses activités. Selon les données les plus récentes du registre, son statut demeure « Immatriculée ». Aucune faillite, aucune convention unanime des actionnaires et aucune cessation n'y sont inscrites.
Le registre classe son activité économique principale sous la description « Vente en ligne et en magasins et service aux consommateurs ». Le registre fédéral des lobbyistes la présente comme une filiale d'Amazon.com, Inc., la société mère américaine du groupe. Il lui attribue aussi une adresse d'affaires à Toronto, en Ontario.
Implantation au Québec
Au Québec, la société exploite ses établissements sous le nom de « Services d'Éxecution Amazon Canada », graphie inscrite au registre. Le Registre des entreprises du Québec lui reconnaît sept établissements, tous situés dans la grande région de Montréal.
| N° | Adresse | Municipalité | Région administrative |
|---|---|---|---|
| 1 (principal) | 5555, rue Ernest-Cormier | Laval | Laval |
| 2 | 3399, avenue Francis-Hughes | Laval | Laval |
| 3 | 1100, rue Norman | Montréal (Lachine) | Montréal |
| 4 | 80, rue Léon-Malouin | Coteau-du-Lac | Montérégie |
| 5 | 3000, rue Louis-A.-Amos | Montréal | Montréal |
| 6 | 5799, route de l'Aéroport (HYU1) | Longueuil (Saint-Hubert) | Montérégie |
| 7 | 5799, route de l'Aéroport (YUL5) | Longueuil (Saint-Hubert) | Montérégie |
Les établissements de Saint-Hubert portent des codes internes d'installation, HYU1 et YUL5. Amazon utilise ce type de code pour désigner ses sites logistiques. Coteau-du-Lac fait partie de la municipalité régionale de comté de Vaudreuil-Soulanges.
Selon la demande d'action collective déposée en 2025, le réseau québécois d'Amazon comprenait :
- un centre de traitement des commandes ;
- deux centres de tri ;
- trois stations de livraison ;
- un site consacré aux gros articles.
Ce réseau assurait la réception, le tri et la livraison des colis destinés à la clientèle québécoise.
Fermeture des installations (2025)
Le 22 janvier 2025, Amazon Canada a annoncé la fermeture de ses sept installations au Québec. La presse canadienne et internationale a largement relayé l'annonce. Les sites ont cessé leurs activités à partir de cette date.
Pour expliquer sa décision, l'entreprise a invoqué un retour au modèle de livraison qu'elle employait auparavant dans la province. Ce modèle repose sur des entreprises tierces locales de livraison. Selon Amazon, il permettrait de maintenir le service à la clientèle tout en réalisant des économies. L'entreprise a affirmé que la décision n'était pas liée à la syndicalisation, selon plusieurs comptes rendus.
Les médias ont associé ces fermetures à des mises à pied touchant plusieurs centaines, voire plus d'un millier de travailleurs. Les chiffres rapportés varient toutefois selon les sources. Ils distinguent notamment les emplois permanents des emplois temporaires et des travailleurs d'entreprises sous-traitantes.
L'annonce a suscité des réactions de la part :
- d'organisations syndicales ;
- d'élus ;
- de commentateurs du droit du travail.
Ces réactions s'inscrivaient dans le contexte de démarches de syndicalisation menées dans au moins un entrepôt québécois du groupe. Malgré la fermeture des sites, l'immatriculation de la société au Registre des entreprises du Québec demeurait active selon les données consultées.
Action collective
Le 5 février 2025, une demande d'autorisation d'exercer une action collective a été déposée à la Cour supérieure du Québec, district de Montréal. Elle porte le numéro de dossier 500-06-001358-254. Amazon Canada Fulfillment Services, ULC figure parmi les sociétés défenderesses.
La demande porte sur les engagements de livraison associés à l'abonnement Amazon Prime au Québec. Elle soutient que la fermeture des installations logistiques québécoises aurait eu des répercussions sur les délais de livraison promis aux abonnés.
Il s'agit d'allégations formulées dans une procédure judiciaire, qui ne constituent pas des conclusions établies par un tribunal. En droit québécois, une action collective doit d'abord être autorisée par la Cour supérieure avant d'être instruite sur le fond. Cette étape est régie par le Code de procédure civile.
Le dossier est consultable au Registre des actions collectives du Québec, tenu sous l'autorité de la Cour supérieure. Les documents de procédure, dont la demande introductive, sont accessibles au public.
Représentation et lobbying
Amazon Canada Fulfillment Services, ULC est inscrite au Registre des lobbyistes du Canada, tenu par le Commissariat au lobbying. Elle y figure comme société employant des lobbyistes salariés, catégorie appelée lobbying « interne ». Plusieurs déclarations successives y sont associées. Ces inscriptions concernent les communications avec des titulaires d'une charge publique fédérale. Elles sont distinctes de l'immatriculation corporative québécoise.
La société figure également comme cliente au registre des lobbyistes de la Colombie-Britannique, province où se trouve son siège. Ces inscriptions témoignent de la présence de la filiale dans les échanges avec les pouvoirs publics. Les questions concernées touchent notamment la logistique, le commerce et le travail.
Contexte
La présence d'Amazon au Québec s'inscrit dans l'essor du commerce en ligne dans la province. Ce marché a fait l'objet d'analyses sur ses effets économiques et fiscaux, notamment par la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l'Université de Sherbrooke.
Les centres de traitement, centres de tri et stations de livraison exploités par la filiale formaient la base de la livraison rapide offerte aux consommateurs québécois. Depuis 2025, cette activité repose sur des entreprises tierces de livraison.
Le groupe Amazon publie par ailleurs des rapports d'impact consacrés à ses activités au Canada. Ces rapports présentent sa vision de ses investissements et de ses emplois au pays, y compris au Québec.