Histoire
La société Aluminerie de Bécancour inc. est constituée le 26 janvier 1984. Sa raison sociale n'a pas changé depuis cette date, selon le Registre des entreprises du Québec. La construction de l'usine est réalisée par un consortium réunissant le groupe français Pechiney, une société d'État québécoise désignée par Alcoa comme Investissement Québec, et l'entreprise américaine Alumax.
L'aluminerie commence ses activités le 20 avril 1986. Son implantation s'inscrit dans le développement de l'industrie de l'aluminium au Québec au cours des années 1980, fondé sur l'accès à l'hydroélectricité et aux infrastructures portuaires du fleuve Saint-Laurent.
La propriété de l'entreprise évolue ensuite au gré des regroupements de l'industrie mondiale de l'aluminium. L'acquisition d'Alumax par Alcoa, puis celle de Pechiney par Alcan, ultérieurement intégrée à Rio Tinto, conduisent à l'actionnariat actuel, partagé entre Alcoa et Rio Tinto.
Le 30 mars 1995, la société est immatriculée au Registre des entreprises du Québec, date qui correspond également à la dernière modification de son statut au registre.
Statut juridique et actionnariat
L'Aluminerie de Bécancour inc. est une société par actions (compagnie) inscrite au Registre des entreprises du Québec sous le numéro d'entreprise du Québec (NEQ) 1144342400. Son statut est « Immatriculée » et l'entreprise est active. Le registre n'indique ni faillite, ni convention unanime des actionnaires, ni retrait de pouvoirs des administrateurs.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Constitution | 26 janvier 1984 |
| Immatriculation | 30 mars 1995 |
| Lieu de constitution indiqué | Québec |
| Dernière déclaration annuelle | année 2025, déposée le 1er juillet 2026 |
| Prochaine échéance de production | 1er juillet 2027 (année 2026) |
Selon les renseignements publiés par Alcoa, l'actionnariat se répartit ainsi :
- Alcoa : 74,95 % ;
- Rio Tinto : 25,05 %.
Alcoa assure l'exploitation de l'usine, qui figure parmi ses établissements canadiens au même titre que les alumineries de Baie-Comeau et de Deschambault.
Activités et production
L'entreprise est classée au Registre des entreprises du Québec dans le secteur de la production d'aluminium de première fusion (code d'activité économique 2951). L'usine reçoit l'alumine et ses autres matières premières par le port de Bécancour, puis la transforme en aluminium par électrolyse.
La production comprend plusieurs familles de produits à valeur ajoutée :
- des billettes, destinées notamment à l'extrusion ;
- des lingots en T ;
- des plaques de laminage.
La fiche technique d'Alcoa établit la capacité annuelle de production à 467 830 tonnes métriques de produits d'aluminium. Une autre page d'Alcoa présente un chiffre arrondi de 462 000 tonnes par année. Ces capacités placent l'établissement parmi les plus importantes alumineries en Amérique du Nord.
Comme les autres alumineries québécoises, l'usine dépend d'un approvisionnement important en électricité, fournie par le réseau d'Hydro-Québec, l'électrolyse de l'aluminium étant un procédé particulièrement énergivore.
Implantation
Le siège et l'usine de l'Aluminerie de Bécancour inc. se trouvent au 5555, rue Pierre-Thibault, à Bécancour (code postal G9H 2T7). La ville de Bécancour fait partie de la municipalité régionale de comté (MRC) de Bécancour, dans la région administrative du Centre-du-Québec, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, en face de Trois-Rivières.
L'usine est établie dans le parc industriel et portuaire de Bécancour, une zone industrielle à vocation lourde administrée par une société d'État québécoise. Ce parc offre un accès direct à des installations portuaires en eau profonde sur le Saint-Laurent, ce qui permet la réception de l'alumine par navire et l'expédition des produits finis.
La présence de l'aluminerie contribue à la vocation industrielle du parc, qui regroupe plusieurs entreprises des secteurs de la chimie, de la métallurgie et de l'énergie. L'établissement est l'un des principaux employeurs industriels de la région et Alcoa publie des rapports d'investissement social consacrés à ses engagements dans la communauté de Bécancour.
Main-d'œuvre
Le rapport de l'Inventaire national des rejets de polluants (INRP) pour l'année 2024 dénombre 1 198 équivalents employés à temps plein à l'établissement de Bécancour.
Effectif selon les sources
| Année | Source | Effectif |
|---|---|---|
| 2024 | Inventaire national des rejets de polluants | 1 198 équivalents temps plein |
| Déclaration la plus récente | Registre des entreprises du Québec | tranche d'effectif codée « J » |
Les travailleurs syndiqués de l'usine sont représentés par le Syndicat des Métallos. De janvier 2018 à juillet 2019, l'établissement a connu un long lock-out, l'un des conflits de travail les plus marquants de l'histoire récente de l'industrie de l'aluminium au Québec, qui a pris fin par la ratification d'une nouvelle convention collective.
Environnement et certifications
En tant qu'installation de production et de transformation de l'alumine et de l'aluminium, l'Aluminerie de Bécancour déclare annuellement ses rejets à l'Inventaire national des rejets de polluants, administré par Environnement et Changement climatique Canada. Le rapport 2024 identifie l'établissement à son adresse de la rue Pierre-Thibault, à Bécancour. Un profil environnemental de l'usine avait déjà été publié par Environnement Canada en 1996.
Sur le plan provincial, l'exploitation d'une aluminerie est encadrée par la Loi sur la qualité de l'environnement et par les autorisations délivrées par le ministère québécois responsable de l'environnement. Les alumineries québécoises sont en outre assujetties au système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre du Québec.
Selon la fiche publiée par Alcoa, l'établissement détient des certifications en matière de gestion de la qualité, de l'environnement, de l'énergie ainsi que de la santé et de la sécurité au travail. Il est également certifié par l'Aluminium Stewardship Initiative, organisme international qui évalue les pratiques de production responsable dans la chaîne de valeur de l'aluminium. Ces certifications sont des attestations volontaires et non des statuts légaux.