Portrait et mode de vie
Le cougar est le plus grand félin indigène du Canada. Il se reconnaît à son pelage uniforme, fauve à brun grisâtre sur le dos et plus pâle sur le ventre, à sa tête relativement petite et arrondie, et à sa longue queue épaisse terminée par une extrémité foncée. Son épithète latine concolor, « d'une seule couleur », fait allusion à cette robe sans taches chez l'adulte.
Le mâle est nettement plus grand et plus lourd que la femelle. Le corps est long et musclé, les pattes postérieures puissantes, ce qui confère à l'animal une grande capacité de saut et d'accélération sur de courtes distances.
L'espèce est solitaire et territoriale. En dehors de la période de reproduction et des soins aux petits, les individus vivent seuls sur de vastes domaines vitaux, dont la superficie varie selon l'abondance des proies et le sexe de l'animal. Le cougar est surtout actif à l'aube et au crépuscule, ainsi que la nuit. Discret, il évite généralement les humains, ce qui contribue à la difficulté de documenter sa présence dans les régions où il est rare.
Le cougar fréquente une grande diversité de milieux : forêts de conifères et de feuillus, régions montagneuses, marécages et broussailles, pourvu qu'il y trouve un couvert suffisant pour chasser à l'affût et des proies en quantité.
Répartition
Aire générale
Le cougar possède l'une des plus vastes aires de répartition de tous les mammifères terrestres de l'hémisphère occidental, du sud-ouest du Canada jusqu'au sud de l'Amérique du Sud. Au Canada, les populations établies se trouvent principalement en Colombie-Britannique et en Alberta, avec une présence plus sporadique dans certaines provinces des Prairies.
Dans l'est de l'Amérique du Nord, l'espèce a disparu de la majeure partie de son aire historique au cours du XIXe siècle, sous l'effet de la chasse, de la raréfaction de ses proies et du défrichement. Il n'existe pas de preuves objectives d'une présence continue du cougar dans l'est du Canada depuis cette époque.
Au Québec
Des mentions de cougar sont signalées au Québec depuis 1955, et quelques centaines d'observations ont été rapportées. La majorité date d'après 1991, année à partir de laquelle les gestionnaires de la faune ont commencé à compiler systématiquement ces signalements. Les mentions proviennent surtout de trois régions :
- Abitibi-Témiscamingue ;
- Estrie ;
- Bas-Saint-Laurent.
Une seule observation a été confirmée par des preuves vérifiables : un cougar jugé dangereux, abattu en Abitibi-Témiscamingue en 1992. Selon le gouvernement du Québec, aucune preuve scientifique ne permet d'établir l'existence d'une population reproductrice viable sur le territoire québécois. La régularité de l'espèce au Québec demeure indéterminée.
Statut
Le cougar est inscrit sur la liste des espèces fauniques susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Son rang de priorité pour la conservation au Québec est SU, ce qui signifie que la situation de l'espèce ne peut être évaluée faute d'information suffisante.
Croissance et cycle de vie
La reproduction du cougar n'est pas limitée à une saison précise : les accouplements peuvent survenir à différents moments de l'année, bien que des pics soient observés dans certaines régions. Le mâle et la femelle ne restent ensemble que quelques jours, le temps de l'accouplement.
Après une gestation d'environ trois mois, la femelle met bas dans un abri naturel (amas rocheux, fourré dense, sous des arbres renversés). La portée compte habituellement de deux à trois petits, parfois davantage. À la naissance, les jeunes ont les yeux fermés et un pelage tacheté de noir, avec des anneaux sombres sur la queue ; ces marques s'estompent progressivement au cours de la première année.
La femelle élève seule sa progéniture. Les jeunes commencent à accompagner leur mère lors de ses déplacements après quelques semaines, puis apprennent graduellement à chasser. Ils demeurent avec elle jusqu'à l'âge d'environ un an à deux ans avant de se disperser. Cette phase de dispersion est particulièrement importante : les jeunes mâles, surtout, peuvent parcourir de très longues distances à la recherche d'un territoire libre, ce qui explique l'apparition occasionnelle d'individus loin des populations établies.
À l'état sauvage, la longévité du cougar dépasse rarement une dizaine d'années ; elle est plus élevée en captivité.
Relations avec l'humain
Une espèce controversée au Québec
La présence du cougar au Québec fait l'objet de débats récurrents entre observateurs, naturalistes, chercheurs et gestionnaires de la faune. Les signalements du public sont nombreux, mais la plupart ne s'accompagnent pas de preuves vérifiables (photographie authentifiée, carcasse, empreintes validées, matériel génétique). Plusieurs confusions sont possibles avec d'autres animaux, notamment le lynx du Canada, le lynx roux, le chien domestique ou le chat domestique vu à distance.
Au début des années 2010, des travaux publiés dans la revue Le Naturaliste canadien ont présenté des résultats de dépistage, notamment par pièges à poils et analyses d'ADN. Ces résultats ont été contestés dans la même revue, et leur interprétation a nourri la controverse. Des médias ont annoncé à diverses reprises le « retour » du cougar, tandis que, selon le gouvernement du Québec, l'existence d'une population reproductrice viable n'est pas démontrée.
L'hypothèse que certains individus observés proviennent de la captivité (animaux échappés ou relâchés) est régulièrement évoquée, ce qui complique l'interprétation des mentions isolées.
Gestion et sécurité
Les mentions de cougar sont suivies par le ministère responsable de la faune, qui procède à leur validation. Le sujet fait par ailleurs l'objet de demandes d'accès à l'information auprès des secteurs de la faune et des parcs. Dans les régions où le cougar est établi, les attaques contre les humains sont rares ; l'individu abattu en Abitibi-Témiscamingue en 1992 l'a été parce qu'il était jugé dangereux.
Relations avec les autres espèces
Là où il est établi, le cougar occupe le sommet de la chaîne alimentaire et joue un rôle de régulation des populations d'ongulés. En prélevant des individus affaiblis, jeunes ou âgés, il influe sur la répartition et le comportement de ses proies.
Le cougar partage son habitat avec d'autres grands prédateurs, comme le loup gris et l'ours noir. Les relations avec ces espèces relèvent surtout de la compétition : les loups en meute ou les ours peuvent s'approprier les carcasses abattues par un cougar. Les jeunes cougars peuvent eux-mêmes être victimes d'autres prédateurs.
Les restes de ses proies profitent à de nombreux charognards, dont le corbeau, les mustélidés et divers insectes nécrophages, ce qui fait du cougar un pourvoyeur indirect de nourriture pour la communauté animale.
Au Québec, la confusion possible avec les deux espèces de lynx indigènes, le lynx du Canada et le lynx roux, est un enjeu important pour la validation des mentions. Ces félins sont beaucoup plus petits que le cougar et se distinguent par leur queue courte, alors que celle du cougar est longue, représentant environ le tiers de la longueur totale de l'animal.
Régime alimentaire
Le cougar est un carnivore strict. En Amérique du Nord, ses proies principales sont les cervidés, en particulier le cerf de Virginie et le cerf mulet dans l'Ouest, ainsi que l'orignal ou le wapiti de façon plus occasionnelle.
Il complète son alimentation par des proies de plus petite taille selon leur disponibilité :
- lièvres et lapins ;
- porcs-épics ;
- castors et autres rongeurs ;
- ratons laveurs ;
- oiseaux.
Le cougar chasse à l'affût ou par approche silencieuse, puis bondit sur sa proie sur une courte distance. Il la tue généralement par une morsure à la nuque ou à la gorge. Lorsqu'il abat un grand animal, il en consomme une partie, puis dissimule la carcasse sous des feuilles, de la neige ou des débris végétaux pour y revenir au cours des jours suivants.
Dans certaines régions, le cougar peut s'attaquer au bétail ou aux animaux domestiques, ce qui constitue une source de conflits avec les éleveurs.
Anecdotes
- Le cougar porte de nombreux noms selon les régions : puma, couguar, lion de montagne, panthère .
- Contrairement aux grands félins du genre Panthera, le cougar ne rugit pas ; il émet plutôt des sifflements, des grognements, des cris aigus et peut ronronner.
- La population historique de l'est de l'Amérique du Nord, longtemps désignée « cougar de l'Est », a fait l'objet de révisions taxonomiques qui ont remis en question sa distinction en tant que sous-espèce.
