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Le vivant

Culex restuans

Culex restuans est une espèce de moustique de la famille des Culicidés, originaire d'Amérique du Nord et présente dans le sud du Québec. Ses femelles piquent surtout les oiseaux. L'espèce est l'un des principaux vecteurs du virus du Nil occidental dans le cycle qui circule entre les oiseaux. Ses larves se développent dans les eaux stagnantes riches en matière organique, en particulier les puisards et les contenants artificiels des milieux urbains et périurbains.

Observations au Québec

168 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Culex restuans
Visuel documentaire des traces typiques
  • Radeaux d'œufs flottants, brun-noir, d'environ 3 à 5 mm, formés de 100 à 300 œufs collés debout, à la surface d'eaux stagnantes riches en matière organique.
  • Larves suspendues tête en bas sous la surface, respirant par un long siphon, dans les pneus usagés, chaudières, gouttières bouchées, bassins de récupération et fossés.
  • Larves qui plongent toutes ensemble au fond lorsqu'une ombre passe ou qu'on tape le contenant, puis remontent quelques secondes plus tard.
  • Exuvies nymphales vides, en forme de virgule, flottant à la surface ou accumulées sur le bord des contenants après l'émergence des adultes.
  • Activité larvaire visible dès le début du printemps, souvent avant les autres Culex, dans l'eau encore froide des contenants et des mares temporaires.
  • Adultes au repos le jour dans les endroits sombres et humides : sous-sols, ponceaux, cabanons, abris à bois et végétation dense.
  • Piqûres rares chez l'humain, car l'espèce se nourrit surtout sur les oiseaux, notamment les merles, les moineaux et les nichées près des abreuvoirs.
  • Petits points de sang digéré laissés sur les murs ou les plafonds des abris où les femelles gorgées se reposent.

Portrait et mode de vie

Culex restuans est un diptère de la famille des Culicidés, décrit par Theobald en 1901. L'adulte est de taille moyenne, de teinte brun doré. On le distingue d'autres Culex par deux petites taches pâles situées sur le scutum, la partie dorsale du thorax. Cette particularité lui vaut en anglais le nom de « white-dotted mosquito ». Ces taches ne sont pas toujours nettes. La séparation morphologique des femelles d'avec Culex pipiens reste donc délicate. Pour cette raison, les programmes de surveillance regroupent souvent les deux espèces sous l'appellation Culex pipiens-restuans.

Comme chez la plupart des moustiques, seules les femelles prennent des repas de sang. Elles en ont besoin pour assurer la maturation de leurs œufs. Les mâles se nourrissent de liquides sucrés d'origine végétale. L'activité de recherche d'hôte se concentre au crépuscule et pendant la nuit. Pendant le jour, les adultes se reposent dans la végétation dense et les endroits ombragés.

Répartition

L'espèce est indigène de l'Amérique du Nord. Elle occupe une large part du centre et de l'est du continent, du sud du Canada jusqu'aux États-Unis.

Au Québec, elle fréquente surtout les basses terres du Saint-Laurent et les régions méridionales, où se concentrent les populations humaines et les milieux urbanisés. Elle y profite des nombreux gîtes artificiels.

Le Système mondial d'information sur la biodiversité (GBIF) recense l'espèce sous la clé taxonomique 1652927. Il compte 168 occurrences associées à cette fiche dans le catalogue du vivant. Ces mentions ne reflètent qu'une partie de la répartition réelle, car les moustiques sont surtout documentés par les programmes de surveillance sanitaire et les collections scientifiques.

Croissance et cycle de vie

Culex restuans connaît un développement complet en quatre stades : œuf, larve, nymphe et adulte.

  • Œufs : la femelle les pond groupés en radeaux flottant à la surface de l'eau stagnante.
  • Larves : elles sont aquatiques et respirent l'air atmosphérique par un siphon. Elles se développent dans des eaux souvent chargées de matière organique : puisards de rue, bassins, pneus usagés, seaux, gouttières obstruées et petites mares temporaires.
  • Nymphes : elles sont mobiles mais ne s'alimentent pas. Ce stade bref précède l'émergence de l'adulte.
  • Adultes : plusieurs générations se succèdent au cours de la belle saison. La durée de chacune dépend de la température.

L'espèce hiverne au stade adulte. Les femelles fécondées à la fin de l'été cherchent des abris protégés du gel, comme les caves, les vides sanitaires, les cavités ou les bâtiments. Elles y passent l'hiver en diapause et reprennent leur activité au printemps. Culex restuans est généralement abondant tôt dans la saison. Culex pipiens tend à dominer plus tard, vers la fin de l'été.

Relations avec l'humain

L'intérêt principal de Culex restuans pour l'humain tient à son rôle dans la transmission du virus du Nil occidental. Ce virus est apparu en Amérique du Nord en 1999 et a été détecté au Québec au début des années 2000. Il circule surtout entre les oiseaux, qui servent d'hôtes amplificateurs, et les moustiques ornithophiles du genre Culex. Par ses repas de sang pris sur les oiseaux, Culex restuans contribue à l'amplification précoce du virus au cours de la saison.

Au Québec, le ministère de la Santé et des Services sociaux et l'Institut national de santé publique du Québec encadrent la surveillance du virus du Nil occidental. Cette surveillance comprend le piégeage et l'analyse de lots de moustiques, dont les Culex.

Les mesures de prévention recommandées au public visent notamment les gîtes larvaires :

  • vider régulièrement les contenants où l'eau s'accumule ;
  • entretenir les gouttières et les piscines ;
  • dans certaines municipalités, traiter les puisards de rue avec des larvicides.

Comme Culex restuans pique peu l'humain, d'autres espèces piquant à la fois les oiseaux et les mammifères jouent davantage le rôle de vecteurs « passerelles » vers l'humain.

Relations avec les autres espèces

Les femelles de Culex restuans sont ornithophiles : elles prennent l'essentiel de leurs repas de sang sur les oiseaux. Les passereaux communs des milieux habités sont particulièrement visés, ce qui en fait un acteur du cycle enzootique de certains arbovirus aviaires.

L'espèce partage fréquemment ses gîtes larvaires avec Culex pipiens et d'autres moustiques des contenants. Une compétition pour les ressources peut s'exercer entre elles.

Aux stades aquatiques, les larves et les nymphes sont la proie de divers prédateurs : larves d'odonates, insectes aquatiques prédateurs, amphibiens et poissons, lorsque le milieu en abrite. Les adultes sont consommés par des oiseaux insectivores, des chauves-souris et des araignées.

Régime alimentaire

Le régime de Culex restuans varie selon le stade et le sexe.

StadeAlimentation
LarveFiltration de micro-organismes, d'algues et de particules organiques en suspension dans l'eau
Adulte mâleNectar et autres liquides sucrés d'origine végétale
Adulte femelleLiquides sucrés pour l'énergie ; sang, principalement d'oiseaux, pour la production des œufs

La richesse en matière organique des puisards et des contenants abandonnés favorise une nourriture larvaire abondante. Cela explique le succès de l'espèce en milieu urbain.

Sources

  1. Catalogue du vivant de Savoirs.Québec, fiche Culex restuans
  2. GBIF, Culex restuans (clé taxonomique 1652927)
  3. Institut national de santé publique du Québec, surveillance du virus du Nil occidental
  4. Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, virus du Nil occidental
  5. Agence de la santé publique du Canada, surveillance du virus du Nil occidental
  6. Wood, D. M., Dang, P. T. et Ellis, R. A., The Mosquitoes of Canada (Diptera: Culicidae), Agriculture Canada, 1979

Modèles ayant contribué : Rédaction — Claude Opus 5 5 · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : culex restuans, moustique, culicidés, diptères, virus du nil occidental, vecteur, puisards, santé publique

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