Synopsis
Le film se déroule dans une banlieue résidentielle de Montréal, à la fin des années 1960. Deux voisines, Fernande et Violette, mènent une existence de ménagères dans des maisons unifamiliales, tandis que leurs maris passent l'essentiel de leurs journées au travail. Lassées de la routine domestique et de l'insatisfaction de leur vie conjugale, elles entreprennent de chasser l'ennui en multipliant les aventures avec les hommes de passage qui frappent à leur porte.
Le récit procède par une succession de situations comiques construites autour de ces rencontres. Le ton est celui de la comédie de mœurs : la sexualité y sert de ressort humoristique, mais aussi de prétexte à une satire de la vie de banlieue, de la monotonie du couple et des rôles assignés aux femmes au foyer dans le Québec de l'époque.
Les deux rôles principaux sont tenus par Monique Mercure et Louise Turcot, deux comédiennes issues du théâtre et de la télévision québécoise, dont la complicité à l'écran constitue l'un des moteurs du film.
Production
Deux femmes en or est réalisé par Claude Fournier, cinéaste et directeur de la photographie formé notamment au documentaire, qui signe le scénario avec Marie-José Raymond, sa collaboratrice et partenaire de création. Le duo poursuivra par la suite une longue collaboration dans le cinéma et la télévision au Québec.
Le film est tourné en français, dans la région de Montréal, et s'appuie sur une distribution composée d'interprètes connus du public québécois. Le choix d'un cadre banlieusard ordinaire, plutôt que d'un décor urbain ou exotique, contribue à l'effet de proximité recherché auprès des spectateurs.
Le projet s'inscrit dans une période où la production privée de longs métrages de fiction se développe au Québec, à la faveur de nouvelles sources de financement public pour le cinéma canadien à la fin des années 1960, et où des producteurs misent sur des films destinés au grand public, capables de concurrencer en salle les productions étrangères.
Contexte
Le film appartient à la vague du cinéma populaire québécois de la fin des années 1960 et du début des années 1970. Dans la foulée de la Révolution tranquille et du recul de l'influence de l'Église catholique sur les mœurs et la censure, plusieurs longs métrages abordent alors la sexualité de manière plus explicite qu'auparavant et rencontrent un large public.
Cette production, parfois désignée sous l'appellation familière de « films de fesses », a été tantôt critiquée pour son caractère commercial, tantôt réévaluée comme un témoignage de la libéralisation des mœurs au Québec. Deux femmes en or se distingue au sein de ce courant par son registre résolument comique et par le fait que l'initiative appartient aux deux personnages féminins, qui revendiquent leur désir face à la routine conjugale.
Le film reflète également les transformations sociales de l'époque : essor de la banlieue, modèle de la famille nucléaire, place de la femme au foyer et premières remises en question de ce modèle, quelques années avant l'affirmation du mouvement féministe québécois des années 1970.
Accueil et succès
À sa sortie en 1970, Deux femmes en or connaît un succès considérable dans les salles du Québec. Il est considéré comme l'un des plus grands succès populaires et commerciaux de l'histoire du cinéma québécois, et il a longtemps figuré parmi les références obligées lorsqu'il est question de la fréquentation des films produits au Québec.
Les chiffres de fréquentation avancés pour le film varient toutefois selon les sources, et aucun total ne fait l'objet d'un consensus solidement documenté.
L'accueil critique a été plus partagé que l'accueil du public : le film a été apprécié pour son humour et la prestation de ses interprètes, mais aussi discuté pour son exploitation de la sexualité à des fins commerciales. Avec le recul, il fait l'objet de relectures qui s'intéressent à sa représentation de l'ennui conjugal et du désir féminin. En juin 2025, à l'occasion de la sortie de la nouvelle adaptation, le quotidien 24 heures a notamment proposé un retour sur le film et sa réception.
Postérité et adaptations
Pièce de théâtre
La dramaturge Catherine Léger a écrit une pièce de théâtre intitulée Deux femmes en or, librement inspirée du film de Claude Fournier, qui en transpose la prémisse dans le Québec contemporain.
Film de 2025
En 2025, la cinéaste Chloé Robichaud réalise un nouveau long métrage portant le même titre, scénarisé par Catherine Léger d'après sa pièce. L'action est déplacée dans une coopérative d'habitation d'un quartier central de Montréal et suit deux voisines, Violette et Florence, confrontées à l'insatisfaction et aux attentes liées à la vie familiale, conjugale et professionnelle. Les rôles principaux sont tenus par Karine Gonthier-Hyndman et Laurence Leboeuf.
Cette production québécoise de langue française est présentée en première mondiale et en compétition officielle au Festival du film de Sundance en 2025, où elle remporte un prix spécial du jury. Elle prend l'affiche dans les salles du Québec le 30 mai 2025.
Les deux œuvres partagent leur point de départ, soit deux voisines qui remettent en question leur vie conjugale et leur sexualité, mais la version de 2025 constitue une adaptation contemporaine plutôt qu'une reprise à l'identique.
| Œuvre | Année | Réalisation | Scénario |
|---|---|---|---|
| Film original | 1970 | Claude Fournier | Claude Fournier, Marie-José Raymond |
| Adaptation | 2025 | Chloé Robichaud | Catherine Léger |