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Films

Denys Arcand

Denys Arcand, né le 25 juin 1941 à Deschambault, est un scénariste et réalisateur québécois. Formé en histoire à l'Université de Montréal, il fait ses débuts à l'Office national du film du Canada, où il signe des documentaires sociaux et politiques, dont On est au coton (1970), longtemps interdit. Il passe ensuite à la fiction et obtient une reconnaissance internationale avec Le déclin de l'empire américain (1986), Jésus de Montréal (1989) et Les invasions barbares (2003), lauréat de l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Jeunesse et formation

Denys Arcand naît le 25 juin 1941 à Deschambault, village riverain du Saint-Laurent aujourd'hui intégré à la municipalité de Deschambault-Grondines, dans la MRC de Portneuf (région de la Capitale-Nationale). Il est le frère de l'acteur Gabriel Arcand et de l'anthropologue Bernard Arcand.

Il étudie l'histoire à l'Université de Montréal au début des années 1960. Cette formation marque durablement son œuvre, qui interroge constamment le rapport des Québécois à leur passé et à leurs mythes collectifs. Encore étudiant, il participe à la réalisation de Seul ou avec d'autres (1962), long métrage tourné en milieu universitaire, considéré comme l'une des premières fictions de la génération issue de la Révolution tranquille.

Période documentaire à l'Office national du film

Engagé à l'Office national du film du Canada (ONF), Arcand y réalise d'abord des courts métrages historiques consacrés à la Nouvelle-France, dont Champlain (1964), qui lui permettent de mettre à profit sa formation d'historien.

Au tournant des années 1970, il se tourne vers le documentaire social et politique. On est au coton (1970) porte sur les conditions de travail des ouvriers de l'industrie textile québécoise. Jugé trop polémique, le film est interdit par le commissaire à la cinématographie de l'ONF ; il circule de manière officieuse avant d'être diffusé officiellement plusieurs années plus tard. Le cinéaste poursuit avec Québec : Duplessis et après... (1972), qui examine les continuités du discours politique québécois.

Après le référendum du 20 mai 1980, il réalise Le confort et l'indifférence (1981), documentaire sur la campagne référendaire et ses suites, qui confronte le discours souverainiste et fédéraliste aux réflexions de Machiavel sur le pouvoir. Ce film est souvent présenté comme un bilan désenchanté d'une époque.

Premières fictions

Parallèlement à ses documentaires, Arcand aborde la fiction dès le début des années 1970. La maudite galette (1972), Réjeanne Padovani (1973) et Gina (1975) mettent en scène, sous la forme du film noir ou du drame social, l'argent, la corruption et les rapports de domination dans le Québec de l'époque. Gina puise d'ailleurs dans l'expérience du tournage d'On est au coton.

Il travaille aussi pour la télévision, notamment comme scénariste de la série Duplessis (1978), consacrée à l'ancien premier ministre Maurice Duplessis. En 1984, il réalise Le crime d'Ovide Plouffe, adaptation tirée de l'univers romanesque de Roger Lemelin.

Consécration internationale

Le déclin de l'empire américain (1986)

Comédie dramatique fondée sur les conversations d'un groupe d'universitaires montréalais au sujet de la sexualité et du désenchantement, Le déclin de l'empire américain connaît un important succès critique et public. Présenté à Cannes, il est nommé à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Jésus de Montréal (1989)

Le film suit un comédien chargé de moderniser une représentation de la Passion sur le mont Royal et dont la vie finit par épouser celle du Christ. Arcand y critique la marchandisation de la culture et l'héritage religieux du Québec. L'œuvre remporte le Prix du jury au Festival de Cannes et obtient une nomination à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Les invasions barbares (2003)

Suite du Déclin, le film réunit les mêmes personnages autour de Rémy, professeur d'histoire atteint d'un cancer. Il aborde la mort, l'amitié, le système de santé et le passage des générations. Il reçoit le prix du scénario au Festival de Cannes et l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, une première pour un long métrage canadien.

Œuvre ultérieure

Entre ces trois films, Arcand tourne en anglais Love and Human Remains (1993), puis Joyeux calvaire (1996) et Stardom (2000), satire du vedettariat médiatique.

L'âge des ténèbres (2007), qui suit un fonctionnaire réfugié dans ses fantasmes, est souvent rattaché aux films précédents pour former une trilogie de chroniques sur la société contemporaine. Il réalise ensuite Le règne de la beauté (2014), puis La chute de l'empire américain (sorti en 2018), fable sur l'argent et la morale construite autour d'un livreur découvrant le butin d'un vol.

Son long métrage Testament (sorti en 2023) se déroule dans une résidence pour personnes âgées et aborde, sur le mode satirique, les débats identitaires et la rectitude politique.

Thèmes et style

L'œuvre d'Arcand se caractérise par une observation critique de la société québécoise contemporaine. Plusieurs constantes la traversent :

  • l'histoire et la mémoire, héritées de sa formation d'historien ;
  • le désenchantement politique, notamment après l'échec référendaire de 1980 ;
  • la critique des institutions : Église, université, médias, système de santé, État ;
  • l'argent et la marchandisation de la culture et des rapports humains.

Sur le plan formel, ses films de fiction reposent largement sur le dialogue et la joute verbale, souvent entre intellectuels. Il mêle comédie de mœurs et drame d'idées, avec une ironie qui tempère la gravité des sujets. Son passage par le documentaire se reflète dans l'attention portée aux milieux sociaux et aux discours publics. Ses films ont contribué à faire connaître le cinéma québécois sur la scène internationale, en particulier au Festival de Cannes.

Distinctions

Au fil de sa carrière, Denys Arcand a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles :

AnnéeDistinctionŒuvre
1989Prix du jury, Festival de CannesJésus de Montréal
2003Prix du scénario, Festival de CannesLes invasions barbares
2004Oscar du meilleur film en langue étrangèreLes invasions barbares
2016Commandeur de l'Ordre de MontréalEnsemble de la carrière

Le déclin de l'empire américain et Jésus de Montréal ont également été nommés à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Il a en outre été distingué par les ordres nationaux du Canada et du Québec.

Sources

  1. Ville de Montréal, Ordre de Montréal — Denys Arcand
  2. Toronto International Film Festival, Canadian Film Encyclopedia — Denys Arcand
  3. Québec Cinéma, Guide des productions — Denys Arcand
  4. Films du Québec — Denys Arcand
  5. Office national du film du Canada — Une histoire du cinéma : Denys Arcand
  6. Cinémathèque québécoise — Octobre
  7. Érudit, Cinémas — L'histoire du Québec au travers de l'histoire du cinéma québécois
  8. Encyclopædia Britannica — Denys Arcand
  9. Wikipedia (anglais) — Denys Arcand
  10. Savoirs.Québec, registre éditorial — Denys Arcand

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Ville de Montréal, Ordre de Montréal (anglais) — Denys Arcand

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

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