Toponymie et géographie
Le nom de Magog reprend celui du lac Memphrémagog, dont la ville occupe la rive nord. Selon la Commission de toponymie du Québec, le lieu était désigné sous le nom d'Outlet avant 1855, une appellation qui évoquait la décharge du lac dans la rivière Magog.
La ville fait partie de la région administrative de l'Estrie (05) et de la MRC de Memphrémagog, dont elle est le chef-lieu. Elle est rattachée à la circonscription électorale provinciale d'Orford. Le Répertoire des municipalités du Québec lui attribue une superficie de 166,72 km² ; un portrait de santé publique publié en 2025 retient pour sa part une superficie d'environ 144 km², dont quelque 22 km² de lacs et de cours d'eau, l'écart tenant aux méthodes de calcul retenues.
Le territoire municipal regroupe un centre-ville ancien développé autour de la rivière, des quartiers ouvriers comme celui des Tisserands, ainsi que des secteurs plus ruraux ou de villégiature hérités de l'ancien canton de Magog et d'Omerville. La ville est desservie par l'autoroute 10 (autoroute des Cantons-de-l'Est) et par la route 112, qui la relient notamment à Sherbrooke et à la région de Montréal.
Histoire
Le peuplement euro-descendant du secteur débute au tournant du XIXe siècle, dans le contexte de l'ouverture des Cantons-de-l'Est à des colons venus en grande partie de la Nouvelle-Angleterre. Le hameau qui se forme à la décharge du lac porte d'abord le nom d'Outlet, abandonné au profit de Magog vers 1855.
Développement municipal et industriel
Selon la Commission de toponymie du Québec, Magog est constituée en municipalité de village en 1888, puis obtient le statut de ville en 1890. La force hydraulique de la rivière Magog favorise l'implantation d'industries, en particulier dans le secteur du textile, qui marque durablement l'économie et la trame urbaine de la ville à partir de la fin du XIXe siècle. Le quartier des Tisserands témoigne de cette période ouvrière.
Regroupement de 2002
Dans le cadre de la réorganisation municipale menée au Québec au début des années 2000, la ville actuelle est constituée le 9 octobre 2002 par le regroupement de l'ancienne ville de Magog, de la municipalité du canton de Magog et du village d'Omerville.
Reconversion des sites industriels
La fermeture des grandes usines textiles a laissé d'importants complexes industriels au cœur de la ville. En octobre 2026, la démolition de l'ancienne usine Difco, sur la rue Principale Est, a été entreprise dans le cadre d'un projet de reconversion du site ; l'immeuble ayant abrité l'usine CS Brooks doit pour sa part être conservé.
Démographie
La population de Magog connaît une croissance continue depuis le milieu des années 2010. Les gentilés officiels sont Magogois et Magogoise.
Population selon le Répertoire des municipalités
| Année | Habitants |
|---|---|
| 2026 | 30 644 |
| 2025 | 29 915 |
| 2024 | 28 790 |
| 2023 | 28 300 |
| 2017 | 26 614 |
Recensement de 2021
Le recensement de Statistique Canada de 2021 dénombre 28 312 habitants à Magog, soit une hausse de 6,2 % par rapport au recensement de 2016.
Disparités internes
Le portrait de la population de Magog publié en 2025 par la Direction de santé publique de l'Estrie relève des profils socioéconomiques contrastés selon les communautés locales. Il note notamment des écarts entre, d'une part, le centre-ville et le secteur Des Tisserands et, d'autre part, les secteurs Deux Lacs et Southière. Ce document retient une population de 28 413 habitants, selon une date de référence distincte de celle du recensement.
Administration municipale
Magog est régie par la Loi sur les cités et villes. Le conseil municipal se compose d'une mairesse et de huit conseillers et conseillères. L'hôtel de ville est situé au 7, rue Principale Est.
Conseil issu de l'élection de 2025
Nathalie Pelletier est réélue mairesse sans opposition lors de l'élection municipale de 2025. Le conseil comprend Simon Mailhot, Samuel Côté, Jennifer D'Arcy, Guillaume Bouchard, Marie-Claude Poulin, Bertrand Bilodeau, Nathalie Laporte et Josée Beaudoin. Le prochain scrutin général est fixé au 4 novembre 2029.
Historique des élections à la mairie
| Élection | Personne élue | Résultat |
|---|---|---|
| 2025 | Nathalie Pelletier | Élue sans opposition |
| 2021 | Nathalie Pelletier | 5 675 voix (63,0 %), devant Nathalie Bélanger (3 334) |
| 2017 | Vicki-May Hamm | 6 379 voix (63,0 %), devant Marc Delisle (2 981) et Johanne Bouchard (766) |
| 2013 | Vicki-May Hamm | 5 106 voix (45,5 %), devant Michel Bombardier (3 078) et Robert Mabit (2 689) |
| 2009 | Vicki-May Hamm | 5 649 voix (50,4 %), devant Marc Poulin (4 668) et Alain Vanden Eynden (890) |
| 2005 | Marc Poulin | Élu sans opposition |
Nathalie Pelletier a siégé comme conseillère avant d'accéder à la mairie, ayant été élue au conseil en 2009 et en 2013. Vicki-May Hamm, conseillère élue en 2005, a dirigé la ville de 2009 à 2021.
Administration
L'appareil administratif est dirigé par la directrice générale Sylviane Lavigne. La trésorerie est confiée à Manon Courchesne et le greffe à Marie-Pierre Gauthier. La sécurité publique relève notamment de la Régie de police de Memphrémagog.
Représentation politique provinciale
Magog fait partie de la circonscription provinciale d'Orford.
Élection générale du 5 octobre 2026
Charles Milliard, du Parti libéral du Québec, est élu avec 13 080 voix (37,8 %), devant Jocelyn Caron du Parti québécois (8 664 voix, 25,04 %), Benoit Robitaille du Parti conservateur du Québec (4 785 voix, 13,83 %) et Allison Turner de la Coalition avenir Québec (4 113 voix, 11,89 %). On compte 34 602 votes valides pour 47 940 électeurs inscrits, soit une participation de 72,95 %.
Élection générale du 3 octobre 2022
Gilles Bélanger, de la Coalition avenir Québec, est réélu avec 14 084 voix (42,95 %). L'ancienne mairesse de Magog Vicki-May Hamm obtient 4 917 voix (14,99 %). La participation s'établit à 71,19 %.
Élection générale du 1er octobre 2018
Gilles Bélanger (CAQ) est élu avec 12 117 voix (40,05 %), pour une participation de 70,72 %.
Élection générale du 7 avril 2014
Pierre Reid, du Parti libéral du Québec, est élu avec 13 055 voix (44,09 %), pour une participation de 72,82 %.
Économie
Historiquement fondée sur la transformation industrielle, en particulier le textile, l'économie de Magog s'est diversifiée vers le commerce, les services, la construction résidentielle et le récréotourisme, appuyé par la proximité du lac Memphrémagog et du massif du mont Orford.
Richesse foncière uniformisée
| Année | RFU |
|---|---|
| 2026 | 8 438 345 988 $ |
| 2025 | 7 696 859 694 $ |
| 2024 | 8 412 237 245 $ |
| 2023 | 6 033 186 490 $ |
| 2017 | 3 765 312 658 $ |
La richesse foncière uniformisée a plus que doublé entre 2017 et 2026, reflet de la hausse des valeurs immobilières et de la croissance du parc résidentiel.
Tissu d'entreprises
En octobre 2026, le Registre des entreprises du Québec recense 3 140 entreprises actives immatriculées à Magog et 2 867 entreprises radiées ou inactives, pour un total de 6 007. Les sociétés par actions dominent largement (2 504), suivies des syndicats de copropriété (273) et des entreprises individuelles (209). La forte présence de sociétés de gestion et de syndicats de copropriété illustre le poids de l'immobilier résidentiel et de villégiature.
Parmi les entreprises locales figure la distillerie Cherry River, touchée en 2026 par la perte d'une partie de ses marchés américains dans le contexte des tensions tarifaires entre le Canada et les États-Unis.
Infrastructures et vie communautaire
Comme plusieurs villes d'origine industrielle, Magog doit composer avec le vieillissement de ses réseaux d'aqueduc et d'égout. En octobre 2026, des travaux sur le réseau d'aqueduc ont entraîné une interruption de l'alimentation en eau potable pour quelque 1 800 résidences.
La ville abrite des établissements scolaires de niveau secondaire, dont l'École secondaire de la Ruche. La vie culturelle s'organise autour du centre-ville, de la rue Principale et des berges du lac Memphrémagog. En 2026, une première Foire du livre et du vinyle y a été organisée.
La reconversion de l'ancien complexe Difco, dans le secteur des Tisserands, constitue l'un des principaux chantiers de requalification urbaine de la ville au milieu des années 2020, l'immeuble de l'ancienne usine CS Brooks étant appelé à être préservé.