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Le vivant

Acutalis tartarea

Acutalis tartarea est un membracide (Membracidae), une famille de petits hémiptères parfois appelés « cicadelles bossues » en français et treehoppers en anglais. Comme chez les autres membracides, le pronotum — la plaque située derrière la tête — se prolonge vers l’arrière au-dessus du thorax et contribue à sa silhouette anguleuse. L’espèce est petite, de quelques millimètres de longueur, et son apparence discrète la rend facile à confondre avec un fragment de tige, un bourgeon ou une petite épine végétale.

Observations au Québec

58 occurrences GBIF.

Portrait et mode de vie

Acutalis tartarea est un membracide (Membracidae), une famille de petits hémiptères parfois appelés « cicadelles bossues » en français et treehoppers en anglais. Comme chez les autres membracides, le pronotum — la plaque située derrière la tête — se prolonge vers l’arrière au-dessus du thorax et contribue à sa silhouette anguleuse. L’espèce est petite, de quelques millimètres de longueur, et son apparence discrète la rend facile à confondre avec un fragment de tige, un bourgeon ou une petite épine végétale.

Elle possède un rostre formé de stylets, qu’elle utilise pour prélever des liquides dans les tissus des plantes. Les adultes et les nymphes passent volontiers de longues périodes immobiles sur les tiges; lorsqu’ils sont dérangés, ils peuvent se déplacer rapidement, sauter ou se laisser tomber dans la végétation.

Les membracides communiquent surtout par des vibrations transmises dans les tiges et les feuilles de leur plante hôte. Ces signaux, imperceptibles pour l’oreille humaine, servent notamment à la reconnaissance des partenaires et aux interactions entre individus. Les jeunes stades de plusieurs espèces de la famille peuvent se regrouper sur une même plante.

Répartition

Le genre Acutalis est présent dans les Amériques, avec une diversité plus élevée dans les régions chaudes du continent. Acutalis tartarea atteint le nord-est de l’Amérique du Nord et est signalée dans l’est des États-Unis ainsi que dans le sud du Canada.

Au Québec, 58 occurrences ont été versées dans les données publiques disponibles. Elles proviennent surtout de la Capitale-Nationale (22 mentions) et de l’Outaouais (13), mais aussi de l’Estrie et de Montréal (7 chacune), des Laurentides et de la Montérégie (4 chacune), ainsi que de Laval (1). Ces mentions situent l’espèce principalement dans le sud de la province, notamment dans les régions habitées et les paysages où l’effort d’observation entomologique est le plus important.

Cette répartition ne permet pas à elle seule de définir précisément les limites de son aire québécoise. L’absence de mentions dans une région peut refléter un manque de recherche ou la difficulté d’identifier l’espèce sur le terrain. Les milieux ouverts, les lisières, les friches et les bordures végétalisées sont susceptibles de fournir des plantes hôtes convenables.

Croissance et cycle de vie

Comme les autres hémiptères, Acutalis tartarea a une métamorphose incomplète. Son développement ne comporte donc ni larve semblable à une chenille ni chrysalide. Après l’éclosion, les jeunes, appelés nymphes, ressemblent déjà aux adultes, mais ils sont plus petits, dépourvus d’ailes fonctionnelles et sexuellement immatures.

Les nymphes franchissent habituellement cinq stades de croissance, séparés par des mues. Elles se nourrissent sur les plantes hôtes et développent progressivement leurs ébauches alaires et leur forme adulte. Chez les membracides des régions tempérées, les œufs constituent souvent le stade qui passe l’hiver, mais les modalités précises d’hivernage de A. tartarea au Québec restent à documenter.

Les adultes sont surtout observables pendant la saison de croissance, de l’été au début de l’automne selon les conditions locales. Le nombre de générations annuelles au Québec n’est pas bien établi. Les sexes sont probablement semblables à première vue; leur distinction fiable exige généralement l’examen de caractères morphologiques fins, parfois des structures génitales.

Relations avec l'humain

La fiche source ne lui attribue ni statut sous la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec ni rang de conservation provincial. Acutalis tartarea ne fait pas l’objet d’une gestion particulière connue au Québec et demeure largement méconnue du public, comme beaucoup de petits insectes associés à la végétation herbacée.

Elle n’est pas connue comme ravageur important des cultures, des arbres fruitiers ou des plantes ornementales au Québec. Les dommages attribuables à certains autres membracides, notamment ceux qui pondent dans les jeunes rameaux, ne doivent pas être automatiquement associés à cette espèce.

Les observations naturalistes, les photographies et les collectes entomologiques constituent les principales sources d’information sur sa présence dans la province. Les données citoyennes sont particulièrement utiles pour repérer les populations et préciser la période d’activité de ces insectes discrets. À l’échelle des milieux ouverts, la perte de végétation diversifiée, l’entretien intensif des bordures et l’emploi d’insecticides non sélectifs peuvent toutefois réduire la qualité de l’habitat pour de nombreux hémiptères phytophages.

Relations avec les autres espèces

Acutalis tartarea fait partie des petits herbivores qui transfèrent l’énergie des plantes vers d’autres composantes des réseaux alimentaires. Les nymphes et les adultes peuvent être consommés par des araignées, des punaises prédatrices, des chrysopes, des coccinelles et d’autres insectes généralistes. Ils peuvent aussi être capturés par des oiseaux insectivores qui fouillent la végétation basse.

Les membracides sont également exposés à divers parasitoïdes, dont de petites guêpes qui s’attaquent aux œufs ou aux jeunes stades. Les interactions précises entre A. tartarea et ses parasitoïdes au Québec sont peu documentées, mais ce type de relation est courant chez les hémiptères.

En prélevant la sève ou d’autres liquides végétaux, les membracides peuvent produire du miellat, une excrétion sucrée qui est parfois exploitée par les fourmis et d’autres insectes. Des associations protectrices entre fourmis et membracides existent chez plusieurs espèces de la famille; elles ne devraient toutefois pas être présumées systématiques chez A. tartarea sans observation directe.

Régime alimentaire

Acutalis tartarea est un insecte phytophage. À l’aide de son rostre, elle prélève des liquides dans les tissus de sa plante hôte, surtout sur les tiges et les parties végétatives. Comme chez les autres membracides, les nymphes et les adultes exploitent probablement les mêmes types de plantes, bien que leurs besoins puissent varier selon le stade de développement.

Les renseignements publiés sur les plantes hôtes précises de l’espèce au Québec demeurent limités. Il est donc préférable de ne pas lui attribuer une association exclusive avec les verges d’or, les asters ou toute autre plante sans données d’observation ou de collecte confirmées. Les occurrences québécoises suggèrent néanmoins une espèce liée à la végétation des milieux ouverts ou semi-ouverts.

L’alimentation en sève fournit beaucoup d’eau et de sucres, mais relativement peu de certains nutriments essentiels. Chez plusieurs hémiptères, ce déséquilibre est compensé par l’ingestion de grandes quantités de liquide et, dans certains groupes, par l’aide de microorganismes symbiotiques. La biologie nutritionnelle propre à A. tartarea reste peu connue.

Anecdotes

  • Les membracides comptent parmi les insectes dont la silhouette est la plus étonnante. Chez certaines espèces, le pronotum forme des épines, des casques, des crêtes ou des structures qui brouillent le contour de l’insecte dans la végétation. Acutalis tartarea est beaucoup plus discrète que plusieurs de ses parentes tropicales.
  • Le pronotum spectaculaire des membracides a fait l’objet d’un débat scientifique très médiatisé au début des années 2010. L’idée qu’il puisse représenter une paire d’ailes transformée a été remise en question par des travaux ultérieurs; il est généralement interprété comme une expansion du pronotum.
  • Les « chants » des membracides ne sont pas habituellement audibles à l’oreille humaine. Enregistrées à l’aide de capteurs de vibration fixés à une tige, leurs communications peuvent toutefois être converties en sons audibles.
  • La Capitale-Nationale compte 22 des 58 occurrences québécoises compilées dans la fiche source. Cette concentration reflète peut-être en partie l’activité des observateurs et l’effort de prospection, plutôt qu’une abondance exceptionnelle de l’espèce dans cette région.
  • Les petites espèces de membracides illustrent bien la valeur des photographies naturalistes et des inventaires ciblés : sans ces données, leur distribution québécoise demeurerait beaucoup moins connue.

Sources

  1. Liste de la faune vertébrée du Québec (LFVQ)
  2. GBIF — occurrences au Québec

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Mots-clés : insectes, membracidae, québec, vivant

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