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Le vivant

Aedes communis

Le moustique Aedes communis est un culicidé associé aux forêts fraîches et aux mares temporaires alimentées par la fonte des neiges. L’adulte mesure généralement quelques millimètres de longueur; son corps brun porte des écailles pâles et ses pattes sont souvent annelées. L’identification fiable de l’espèce exige toutefois l’examen de caractères fins, car plusieurs moustiques printaniers du genre Aedes se ressemblent beaucoup.

Observations au Québec

125 occurrences GBIF.

Portrait et mode de vie

Le moustique Aedes communis est un culicidé associé aux forêts fraîches et aux mares temporaires alimentées par la fonte des neiges. L’adulte mesure généralement quelques millimètres de longueur; son corps brun porte des écailles pâles et ses pattes sont souvent annelées. L’identification fiable de l’espèce exige toutefois l’examen de caractères fins, car plusieurs moustiques printaniers du genre Aedes se ressemblent beaucoup.

Comme chez les autres Culicidés, les adultes des deux sexes consomment des sucres végétaux. Seules les femelles prennent habituellement un repas de sang, dont les nutriments contribuent à la production des œufs. Les mâles, reconnaissables à leurs antennes très plumeuses, participent à des essaims d’accouplement, souvent formés près de repères visuels.

L’espèce est surtout liée aux tourbières boisées, aux aulnaies, aux forêts humides et aux dépressions qui se remplissent au printemps. Les adultes émergent principalement de la fin du printemps au début de l’été. Ils sont particulièrement actifs lorsque l’air est humide et peu venteux, à l’aube et au crépuscule, mais ils peuvent piquer durant le jour sous un couvert forestier dense. Les œufs résistent à l’hiver dans les sites qui seront inondés au printemps suivant.

Répartition

Aedes communis est une espèce holarctique, présente dans une grande partie des régions boréales et tempérées fraîches de l’Amérique du Nord et de l’Eurasie. En Amérique du Nord, elle est signalée notamment en Alaska, dans de nombreuses régions du Canada et dans le nord-est ainsi que dans certaines zones montagneuses des États-Unis.

Au Québec, son écologie est compatible avec de vastes portions du territoire forestier, où abondent les mares de fonte, les milieux boisés humides et les secteurs frais. La fiche source fournie ne contient toutefois aucune occurrence GBIF géoréférencée au Québec ni aucune région d’observation. Cette absence ne permet pas de préciser sa répartition québécoise ni son abondance régionale à partir de cette source.

La présence de mares temporaires ombragées constitue un facteur déterminant pour l’espèce. Le drainage, la conversion des milieux humides forestiers et l’assèchement hâtif des dépressions printanières peuvent réduire localement les sites de reproduction. À l’inverse, les paysages forestiers qui conservent une mosaïque de petites mares saisonnières lui sont favorables.

Croissance et cycle de vie

Le cycle d’Aedes communis est généralement univoltin : une seule génération se développe chaque année. Cette stratégie convient aux régions où les mares de fonte sont disponibles seulement durant une courte période au printemps.

Après l’accouplement et, chez la femelle, un repas de sang, les œufs sont déposés sur un substrat humide à proximité de l’eau plutôt que directement dans une mare permanente. Ils passent l’automne et l’hiver en dormance, protégés dans la litière ou le sol des dépressions forestières. L’inondation printanière et les conditions physicochimiques de l’eau déclenchent ensuite l’éclosion.

Les larves traversent quatre stades dans l’eau froide des mares temporaires. Elles se nourrissent de particules organiques et de microorganismes, puis se transforment en nymphes. La nymphe ne s’alimente pas, mais demeure mobile et remonte à la surface pour respirer. L’émergence des adultes est souvent concentrée sur quelques semaines, à mesure que les mares se réchauffent et que le développement s’achève.

Les adultes vivent habituellement quelques semaines. Les femelles peuvent effectuer plus d’un cycle de ponte si elles trouvent des hôtes et des sites de ponte adéquats, mais la cohorte annuelle ne se renouvelle pas continuellement pendant tout l’été.

Relations avec l'humain

Aedes communis fait partie des moustiques susceptibles de contribuer à la nuisance des « mouches noires et moustiques » du printemps et du début de l’été en milieu forestier. Les piqûres peuvent nuire aux activités de plein air, au travail forestier, au camping et à la villégiature, surtout dans les secteurs humides et abrités du vent.

La fiche source ne lui attribue aucun statut au titre de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec, ni aucun statut de population ou de conservation particulier. Elle ne fournit pas non plus de renseignements permettant d’évaluer son abondance au Québec.

La meilleure protection contre les piqûres repose sur les vêtements couvrants, les moustiquaires, le choix d’itinéraires ventilés et l’emploi prudent de chasse-moustiques homologués. Comme d’autres moustiques forestiers, l’espèce peut faire l’objet d’une surveillance entomologique lorsque des enjeux de nuisance ou de santé publique le justifient. Son rôle précis dans la transmission d’agents infectieux au Québec ne doit toutefois pas être présumé sans données locales.

Malgré son caractère importun, ce moustique constitue aussi une part importante de la biodiversité des mares printanières et une source de nourriture pour de nombreux animaux insectivores.

Relations avec les autres espèces

Les larves d’Aedes communis font partie du réseau alimentaire des mares temporaires. Elles peuvent être consommées par des larves de libellules et de dytiques, d’autres invertébrés prédateurs ainsi que par certains amphibiens qui utilisent les étangs printaniers. Comme ces mares s’assèchent souvent en été ou ne permettent pas l’établissement de poissons, les insectes prédateurs et les amphibiens y jouent un rôle important.

Les adultes sont capturés par des araignées, des libellules, des oiseaux insectivores et des chauves-souris. Leur émergence printanière ajoute une biomasse considérable à la faune aérienne des forêts, à une période qui coïncide avec l’arrivée ou la reproduction de plusieurs oiseaux migrateurs.

Les femelles recherchent le sang de vertébrés, principalement de mammifères, mais les moustiques forestiers peuvent aussi se nourrir sur d’autres hôtes selon les occasions. Les grands mammifères et les humains peuvent donc subir des piqûres nombreuses lorsque les adultes sont abondants.

Dans les mares de fonte, Aedes communis coexiste avec d’autres moustiques adaptés aux eaux temporaires. Ces espèces exploitent des ressources semblables et leurs larves peuvent se trouver ensemble, bien que leur abondance dépende du calendrier d’inondation, de la température et de la durée de persistance de la mare.

Régime alimentaire

Les larves d’Aedes communis se nourrissent dans l’eau des mares temporaires. Grâce à leurs brosses buccales, elles filtrent ou récoltent des bactéries, des algues microscopiques, des spores, des protozoaires et de fines particules de matière organique. Une grande part de cette matière provient de la décomposition des feuilles et d’autres débris végétaux accumulés dans les dépressions forestières.

Chez les adultes, les sucres constituent la ressource énergétique de base pour les deux sexes. Le nectar, le miellat et d’autres sécrétions sucrées des végétaux soutiennent le vol, l’activité quotidienne et, chez les mâles, la recherche de partenaires.

Les femelles prennent habituellement du sang pour compléter le développement de leurs œufs. Elles repèrent leurs hôtes notamment grâce au dioxyde de carbone expiré, aux odeurs corporelles, à la chaleur et aux mouvements. Lors de la piqûre, elles injectent de la salive qui facilite l’alimentation; la réaction de la peau à cette salive est à l’origine de la démangeaison. Un repas de sang peut permettre une ponte, et une femelle peut en prendre plusieurs au cours de sa vie.

Anecdotes

  • Les œufs ne sont pas déposés dans une mare permanente : ils attendent sur un sol humide que la fonte des neiges inonde le site de ponte.
  • L’espèce est généralement univoltine. La forte abondance de moustiques au printemps correspond donc surtout à une émergence synchronisée, et non à une succession continue de nombreuses générations.
  • Les mâles ne piquent pas. Leurs antennes plumeuses sont particulièrement sensibles aux vibrations produites par le battement d’ailes des femelles.
  • Les mares temporaires peuvent produire de très nombreux moustiques sans abriter de poissons, car elles s’assèchent souvent avant que ces derniers puissent s’y établir durablement.
  • Le nom latin communis signifie « commun ». Il évoque le caractère souvent abondant de l’espèce dans les habitats favorables de son aire de répartition.
  • Plusieurs moustiques printaniers se ressemblent à l’œil nu; la présence d’un moustique importun dans une forêt québécoise ne suffit pas, à elle seule, à confirmer qu’il s’agit d’Aedes communis.

Sources

  1. Liste de la faune vertébrée du Québec (LFVQ)
  2. GBIF — occurrences au Québec

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Mots-clés : insectes, culicidae, québec, vivant

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