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Le vivant

Anguille égorgée bécue

L’Anguille égorgée bécue (Synaphobranchus kaupii) est un poisson marin des grandes profondeurs, au corps très allongé, cylindrique à l’avant et comprimé vers l’extrémité caudale. Elle peut atteindre environ un mètre de longueur, bien que les tailles observées varient selon les régions et les profondeurs. Sa coloration, généralement brunâtre à brun foncé, convient au milieu faiblement éclairé ou obscur qu’elle fréquente.

Portrait et mode de vie

L’Anguille égorgée bécue (Synaphobranchus kaupii) est un poisson marin des grandes profondeurs, au corps très allongé, cylindrique à l’avant et comprimé vers l’extrémité caudale. Elle peut atteindre environ un mètre de longueur, bien que les tailles observées varient selon les régions et les profondeurs. Sa coloration, généralement brunâtre à brun foncé, convient au milieu faiblement éclairé ou obscur qu’elle fréquente.

Son nom évoque une caractéristique de la famille des Synaphobranchidés : les ouvertures branchiales se rejoignent sous la gorge pour former une fente ventrale commune. Le museau est allongé et les mâchoires portent de petites dents pointues, inclinées vers l’arrière, qui permettent de retenir des proies mobiles ou des morceaux de chair.

Cette anguille est surtout associée aux pentes continentales et aux fonds profonds, généralement à plusieurs centaines de mètres de profondeur. Elle peut évoluer près du fond ou juste au-dessus de celui-ci. Dans cet environnement froid et sombre, elle dépend surtout de l’odorat, de la ligne latérale et d’autres sens mécaniques pour repérer ses proies ou les sources de nourriture.

Répartition

L’Anguille égorgée bécue possède une vaste répartition dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique. Dans l’Atlantique Nord-Ouest, elle est connue des eaux profondes situées au large de l’est du Canada et des États-Unis, ainsi que plus au sud. Elle est également présente dans l’Atlantique Nord-Est et dans d’autres régions tempérées ou tropicales où les profondeurs convenables sont accessibles.

Au Québec, la Liste de la faune vertébrée la considère comme une espèce indigène, régulière et confirmée, mais non reproductrice. La fiche source ne précise toutefois aucune région québécoise d’observation. Sa présence est donc à interpréter dans le contexte des eaux marines profondes du Saint-Laurent et de l’Atlantique adjacent, plutôt que comme celle d’un poisson largement réparti dans les eaux côtières québécoises.

Aucune occurrence québécoise n’est actuellement versée dans GBIF. Cette absence ne démontre pas nécessairement une absence dans les eaux du Québec : les poissons de profondeur sont difficiles à détecter et sont surtout documentés par des relevés océanographiques, des engins de pêche de fond ou des captures accessoires. La profondeur, la température des masses d’eau et la nature du fond limitent vraisemblablement sa répartition locale.

Croissance et cycle de vie

Le cycle de vie de l’Anguille égorgée bécue demeure imparfaitement connu, comme celui de nombreuses anguilles vivant en eau profonde. Elle appartient toutefois à l’ordre des Anguilliformes et passe vraisemblablement par un stade larvaire pélagique appelé leptocéphale. Cette larve transparente, aplatie latéralement et en forme de ruban ou de feuille, dérive dans la colonne d’eau avant sa transformation.

À la métamorphose, le jeune poisson acquiert progressivement la forme anguilliforme et la pigmentation de l’adulte, puis gagne des habitats plus profonds. La reproduction est présumée se dérouler en pleine eau, avec des œufs et des larves pélagiques, mais les sites et la saison de ponte de l’espèce sont peu documentés.

La fiche québécoise indique un statut de population non reproductrice. Il n’existe donc pas de preuve que l’espèce complète son cycle vital dans les eaux du Québec. Sa croissance, son âge à maturité et sa longévité restent mal établis; ces paramètres doivent être interprétés avec prudence plutôt que déduits automatiquement de ceux d’autres poissons des grands fonds.

Relations avec l'humain

L’Anguille égorgée bécue ne fait pas l’objet d’une pêche commerciale ciblée au Québec. Son habitat profond, son apparence peu recherchée et son absence des débarquements courants expliquent qu’elle soit peu connue du public. Elle peut toutefois être capturée accidentellement par des engins de pêche de fond ou lors de relevés scientifiques en milieu marin profond.

Au Québec, l’espèce relève de la compétence de Pêches et Océans Canada. Elle est classée S4, soit apparemment en sécurité à l’échelle provinciale, et elle n’est pas suivie en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Ces désignations doivent être considérées à la lumière du peu de données locales accessibles pour une espèce rarement observée.

Les pressions potentielles concernent surtout les écosystèmes marins profonds : perturbation des fonds par certains engins de pêche, accumulation de contaminants et de plastiques, changements des masses d’eau et effets plus généraux des changements climatiques. La protection des habitats profonds et la documentation des captures accessoires contribuent à mieux suivre cette faune discrète.

Relations avec les autres espèces

Dans les milieux profonds, l’Anguille égorgée bécue fait partie d’un réseau alimentaire où les ressources sont souvent dispersées et imprévisibles. Elle peut cohabiter avec des poissons de fond ou de proximité du fond, notamment des grenadiers, des lycodes, des morues de profondeur, le flétan du Groenland et diverses espèces de requins ou de raies, selon la région et la profondeur.

Elle partage également ces habitats avec de nombreux invertébrés : amphipodes, crevettes, polychètes, ophiures, holothuries et céphalopodes. Plusieurs de ces animaux exploitent les mêmes proies ou la matière organique qui atteint le fond depuis les couches supérieures de l’océan. Les carcasses et autres apports alimentaires ponctuels peuvent attirer temporairement plusieurs espèces nécrophages au même endroit.

L’anguille peut être la proie de poissons plus grands et de requins vivant en profondeur. Ses larves pélagiques, beaucoup plus vulnérables, sont probablement consommées par divers poissons et organismes planctonivores. Son rôle écologique semble associer la prédation sur de petits animaux et l’utilisation opportuniste de matière animale disponible.

Régime alimentaire

L’Anguille égorgée bécue est un carnivore opportuniste. Son alimentation comprend vraisemblablement des crustacés, des céphalopodes, des polychètes, de petits poissons et d’autres animaux rencontrés près du fond ou dans la couche d’eau immédiatement au-dessus. Elle peut aussi consommer des charognes et des fragments de matière animale lorsque ces ressources deviennent disponibles.

Dans l’obscurité des grandes profondeurs, l’odorat joue un rôle important dans la recherche de nourriture. L’anguille se déplace lentement près du fond ou dans les eaux voisines, puis utilise ses dents fines pour saisir et retenir ses proies. Son régime peut varier selon la taille de l’individu, les proies présentes localement et les apports saisonniers de matière organique vers les profondeurs.

Dans les eaux profondes associées au Québec, les ressources potentielles comprennent notamment des amphipodes, des crevettes, des vers marins, de petits poissons benthiques ou mésopélagiques et des restes d’animaux. Aucun régime alimentaire propre aux individus signalés au Québec n’est toutefois documenté dans la fiche source.

Anecdotes

  • Le qualificatif « égorgée » fait référence à la fente branchiale unique située sous la gorge, un trait caractéristique des anguilles de la famille des Synaphobranchidés. Le nom anglais alternatif Gulf Cutthroat Eel renvoie à la même particularité.
  • Le nom scientifique kaupii rend hommage au naturaliste allemand Johann Jakob Kaup, dont le nom est aussi conservé dans le nom anglais Kaup’s Arrowtooth Eel.
  • Les leptocéphales des anguilles sont très différents des adultes. Leur corps transparent et aplati a longtemps compliqué l’identification des larves et leur association avec les espèces adultes.
  • L’espèce est indigène, régulière et confirmée au Québec selon la fiche source, mais elle y est considérée non reproductrice. Sa discrétion et les difficultés d’échantillonnage en profondeur expliquent en partie l’absence actuelle d’occurrences québécoises dans GBIF.
  • Le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent ne renferment pas de véritables plaines abyssales : l’emploi de « grands fonds » est plus juste pour décrire les habitats potentiellement fréquentés par l’espèce dans le contexte québécois.

Sources

  1. Liste de la faune vertébrée du Québec (LFVQ)
  2. GBIF — occurrences au Québec

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Mots-clés : poissons, synaphobranchidae, québec, vivant

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