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Le vivant

Campagnol des rochers

Le campagnol des rochers (Microtus chrotorrhinus), aussi appelé campagnol à nez jaune, est un petit rongeur indigène de la famille des Cricetidés, présent de façon régulière au Québec. Étroitement associé aux talus d'éboulis et aux affleurements rocheux frais et humides des forêts d'érables et de bouleaux jaunes ainsi que des sapinières, il est difficile à détecter et ses captures demeurent rares. Ses mentions québécoises demeurent peu nombreuses et dispersées. Le Catalogue du vivant de Savoirs.Québec lui attribue le rang provincial S3, tandis que la fiche gouvernementale citée lui attribue le rang S4; l'espèce figure sur la liste des espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables au Québec.

Observations au Québec

65 occurrences GBIF.

Portrait et mode de vie

Le campagnol des rochers est un rongeur de petite taille appartenant au genre Microtus, qui regroupe les campagnols proprement dits. Comme les autres membres de ce genre, il présente une silhouette trapue, des oreilles courtes en grande partie dissimulées dans la fourrure, de petits yeux et une queue relativement courte par rapport à la longueur du corps.

Son trait le plus distinctif, à l'origine de son autre nom usuel de campagnol à nez jaune, est la coloration jaunâtre à orangée du museau, autour des narines et parfois sur les joues. Ce caractère permet de le distinguer sur le terrain des autres campagnols québécois, notamment du campagnol des champs (Microtus pennsylvanicus) et du campagnol à dos roux de Gapper (Myodes gapperi), avec lesquels il partage souvent le même paysage forestier.

L'espèce mène une vie discrète, largement liée aux interstices des amas de blocs rocheux, qui lui offrent à la fois des couloirs de circulation, des abris contre les prédateurs et un microclimat frais et humide. Cette écologie très particulière explique en bonne partie la difficulté de sa détection : les dispositifs de piégeage standard des inventaires de micromammifères, déployés au sol en milieu forestier ordinaire, le capturent rarement.

Au Québec, le campagnol des rochers est considéré comme indigène et comme présent de façon régulière, c'est-à-dire qu'il fait partie de la faune établie de la province et non d'une occurrence accidentelle.

Répartition

L'aire de répartition du campagnol des rochers couvre le nord-est de l'Amérique du Nord. Au Canada, l'espèce est signalée notamment au Labrador, dans le centre du Québec, dans le sud-ouest de l'Ontario, au Nouveau-Brunswick et à l'île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. Vers le sud, la distribution se prolonge le long des Appalaches américaines, où l'espèce occupe des habitats d'altitude analogues.

Au Québec, les mentions connues sont peu nombreuses et dispersées. Des inventaires de micromammifères ont permis de la détecter dans un nombre restreint de localités, notamment au Saguenay–Lac-Saint-Jean, en Gaspésie, dans le Nord-du-Québec et en Estrie. Dans plusieurs études d'impact environnemental, l'espèce est signalée comme potentiellement présente, sur la base de la qualité de l'habitat, plutôt que comme réellement observée.

Le Catalogue du vivant rapporte 65 occurrences GBIF associées au taxon, sans préciser leur répartition géographique. Les captures québécoises connues demeurent néanmoins peu nombreuses et dispersées selon les sources provinciales.

Habitat

Le campagnol des rochers est une espèce à exigences écologiques étroites. Il occupe :

  • les talus d'éboulis et les champs de blocs recouverts de mousses ;
  • les affleurements rocheux, les escarpements et le pied des falaises ;
  • les abords de ruisseaux frais et ombragés en milieu forestier.

Au Québec, ces microhabitats se rencontrent surtout dans les érablières à bouleau jaune et dans les sapinières, deux domaines bioclimatiques répandus dans les Appalaches, les Laurentides et les hautes terres du Bouclier canadien. La combinaison de fraîcheur, d'humidité, de couvert de mousses et d'abris minéraux semble déterminante pour l'établissement de populations.

Ces habitats rocheux sont dispersés dans la matrice forestière. Leur fragmentation ou leur altération peut constituer un enjeu pour l'espèce.

Nutrition et relations avec les autres espèces

Comme les autres campagnols, le campagnol des rochers est principalement herbivore et consomme des matières végétales disponibles à proximité de ses abris rocheux.

Il peut côtoyer d'autres micromammifères des forêts québécoises. Les interstices rocheux lui servent de voies de circulation et d'abris.tre les blocs de pierre lui offre toutefois une protection efficace contre la plupart de ces prédateurs.

Statut et conservation

Les sources retenues divergent quant au rang provincial du campagnol des rochers : le Catalogue du vivant de Savoirs.Québec lui attribue le rang S3, tandis que la fiche gouvernementale citée indique S4.

L'espèce figure par ailleurs sur la liste des espèces fauniques susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables, établie en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Ce statut ne confère pas de protection légale équivalente à celle d'une espèce désignée, mais il signale la nécessité d'acquérir des connaissances supplémentaires en vue d'une évaluation formelle de sa situation.

Les principaux enjeux évoqués pour sa conservation tiennent à la fragmentation de l'habitat, à l'altération des microclimats frais et humides et aux perturbations des talus d'éboulis. Les autorités provinciales soulignent la nécessité de mieux documenter l'état de situation de l'espèce, les connaissances demeurant fragmentaires, en particulier sur la taille des populations et sur les tendances démographiques.

Relations avec l'humain

Le campagnol des rochers ne fait pas l'objet d'une exploitation cynégétique ou d'un piégeage commercial connus. Il est mentionné dans des études d'impact de projets linéaires, miniers ou éoliens au Québec, où ses habitats rocheux peuvent être pris en compte dans les évaluations environnementales.

Les ministères québécois responsables de la faune diffusent des protocoles standardisés d'inventaire des micromammifères ainsi que des recueils photographiques destinés à l'identification sur le terrain, outils qui contribuent à harmoniser la détection de l'espèce. L'Atlas des micromammifères du Québec constitue une autre référence pour la cartographie de ses mentions.

Sur le plan de la connaissance scientifique, l'espèce illustre les limites des inventaires conventionnels : la documentation de sa répartition réelle suppose un effort d'échantillonnage ciblé sur les éboulis et les affleurements, milieux souvent négligés par les dispositifs de piégeage linéaires en forêt.

Nomenclature

Le nom scientifique Microtus chrotorrhinus combine le nom de genre Microtus, qui renvoie aux petites oreilles caractéristiques des campagnols, et l'épithète spécifique chrotorrhinus, formée de racines grecques évoquant la coloration du museau. Cette référence au nez jaunâtre se retrouve dans le nom vernaculaire français secondaire de campagnol à nez jaune.

En anglais, l'espèce est désignée sous le nom de Rock Vole, littéralement « campagnol des rochers », en écho à son habitat. La classification retenue est la suivante :

RangTaxon
ClasseMammalia
OrdreRodentia
FamilleCricetidae
GenreMicrotus
EspèceMicrotus chrotorrhinus

La famille des Cricetidés regroupe au Québec, outre les campagnols, les lemmings, les souris sylvestres et le rat musqué.

Sources

  1. Gouvernement du Québec — Fiche espèce faunique : campagnol des rochers
  2. Centre d'expertise en analyse environnementale du Québec — Campagnol des champs / Campagnol des rochers
  3. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Atlas des micromammifères du Québec
  4. MELCCFP — Protocole standardisé pour les inventaires de micromammifères
  5. MELCCFP — Recueil photographique des caractéristiques des micromammifères
  6. Bureau d'audiences publiques sur l'environnement — Documentation, projet éolien du Massif du Sud
  7. Bureau d'audiences publiques sur l'environnement — Documentation environnementale (PR8.5)
  8. L'Encyclopédie canadienne — Campagnol
  9. Catalogue du vivant de Savoirs.Québec — fiche d'espèce
  10. Global Biodiversity Information Facility — occurrences du taxon Microtus chrotorrhinus

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. COMEX Québec — Annexe principale 3 (PDF)
  2. L’aeschne majestueuse, une libellule en situation précaire au Québec
  3. Extension de l’aire de répartition connue du campagnol sylvestre (Microtus pinetorum) : mention la plus nordique au Québec
  4. De nouveaux résidents indigènes!
  5. TROILUS
  6. BAPE - Documentation du dossier
  7. Rapport sur les
  8. 4 RÉFÉRENCES - BAPE-les mandats
  9. Effets des débris ligneux grossiers sur les micromammifères à différentes échelles spatiales en pessières à mousses aménagées du nord du Québec

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 · Comité — OpenAI — GPT 5.6 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 · Arbitrage — GPT 5.6 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 5.6 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 · Arbitrage visuel — GPT 5.6 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : campagnol des rochers, microtus chrotorrhinus, campagnol à nez jaune, micromammifère, espèce susceptible, talus d'éboulis, faune du québec, cricetidae

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Cet article a été relu de façon indépendante par les membres du comité éditorial. Les votes ci-dessous sont ceux du tour final.

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