Portrait et mode de vie
La couleuvre verte est un serpent de petite taille et de silhouette élancée. Sa longueur totale varie d'environ 30 à 66 cm selon les sources. Le dos et les flancs présentent une coloration uniforme vert lime ou vert feuille, tandis que le ventre, le menton et la lèvre supérieure sont blancs ou jaunâtres. Ses écailles dorsales sont lisses, caractère qui la distingue de sa proche parente du sud des États-Unis, la couleuvre verte carénée (Opheodrys aestivus), et qui est à l'origine de son nom anglais, Smooth Greensnake.
Comme toutes les couleuvres du Québec, elle est dépourvue de crochets à venin et ne présente aucun danger pour l'humain. Espèce discrète, elle se confond aisément avec la végétation herbacée, où sa coloration lui assure un camouflage efficace. Elle est active le jour, pendant la belle saison, et passe l'hiver en hibernation sous terre, hors d'atteinte du gel.
L'espèce est indigène et régulière au Québec, où elle vit toute l'année. Elle occupe des milieux découverts, ensoleillés et relativement humides.
Répartition
L'aire de répartition de la couleuvre verte couvre une large part du nord-est de l'Amérique du Nord, du sud du Canada jusqu'au nord-est et au centre des États-Unis.
Au Québec, l'espèce se concentre surtout dans les bassins hydrographiques des régions de l'Outaouais et de Montréal, ainsi que de part et d'autre du Saint-Laurent en amont de l'île d'Orléans. L'Atlas des amphibiens et reptiles du Québec la décrit comme une espèce commune localement, mais dont la répartition est morcelée en plusieurs populations isolées.
Habitat
Ses milieux de prédilection sont :
- les champs, friches et pâturages ;
- les lisières de bois et les milieux forestiers ouverts ;
- les pelouses et terrains herbeux ;
- les bordures de tourbières et de milieux humides.
Ces habitats ouverts sont fortement exposés aux transformations du territoire, notamment l'urbanisation, l'intensification agricole et le reboisement ou la fermeture naturelle des friches.
La fiche du Catalogue du vivant de Savoirs.Québec indique 240 occurrences GBIF pour l'espèce. Ce nombre n'est pas daté et ne constitue pas un décompte actuel vérifié auprès de GBIF.
Croissance et cycle de vie
La couleuvre verte est ovipare. Au Québec, la ponte a lieu de juin à septembre dans des substrats humides et chauds, par exemple des amas de débris végétaux ou du bois en décomposition. Les œufs sont déposés à un stade de développement relativement avancé, de sorte que l'incubation dans le milieu est plutôt courte comparativement à celle d'autres serpents ovipares.
Les nouveau-nés sont de teinte plus terne, grisâtre ou olivâtre, et n'acquièrent la coloration verte caractéristique des adultes qu'au cours de leur croissance.
À l'approche de l'hiver, les individus gagnent des sites d'hibernation situés sous la ligne de gel, tels que des fissures, des terriers abandonnés ou des fourmilières. Ces sites peuvent être partagés avec d'autres individus de la même espèce ou avec d'autres espèces de couleuvres. L'activité reprend au printemps, lorsque le sol se réchauffe, et la période d'accouplement suit la sortie d'hibernation.
Statut et conservation
Au Québec, la couleuvre verte figure sur la liste des espèces fauniques susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables, établie en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. Cette inscription signale une espèce dont la situation préoccupe et qui fait l'objet d'un suivi, sans lui conférer le statut légal d'espèce menacée ou vulnérable.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Statut LEMV | Susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable |
| Rang de précarité provincial (rang S) | S3S4 |
| Origine | Indigène |
| Régularité | Régulière |
Le rang S3S4 indique une espèce dont la situation se situe entre « vulnérable » et « apparemment non en péril » à l'échelle du Québec.
Le ministère responsable de la faune a réalisé des inventaires de la couleuvre à collier et de la couleuvre verte entre 2013 et 2018 afin de mieux documenter la répartition de ces deux espèces. Les principales menaces reconnues sont la perte et la fragmentation des milieux ouverts, la mortalité routière, les travaux mécanisés (fauche, labour) et l'usage de pesticides, qui réduit l'abondance de ses proies.
Relations avec l'humain
Inoffensive, la couleuvre verte ne mord que rarement lorsqu'elle est manipulée et ne possède aucun venin. Le gouvernement du Québec rappelle qu'aucune espèce de couleuvre présente dans la province n'est venimeuse pour l'humain.
L'espèce fréquente des milieux proches des activités humaines, comme les champs, les friches, les pelouses et les abords de terrains agricoles. Elle y est parfois victime de la fauche mécanique ou de la circulation routière. Par son régime insectivore, elle contribue à la régulation de certains insectes des milieux herbacés.
La couleuvre verte fait l'objet d'activités d'éducation et de sensibilisation, notamment au Zoo Ecomuseum, à Sainte-Anne-de-Bellevue, qui présente l'espèce au public. Les observations fortuites peuvent être signalées à l'Atlas des amphibiens et reptiles du Québec, dont les données alimentent les connaissances sur sa répartition.
Relations avec les autres espèces et régime alimentaire
Régime alimentaire
La couleuvre verte est principalement insectivore, un trait peu fréquent chez les serpents du Québec. Elle se nourrit notamment :
- de chenilles et de larves d'insectes ;
- de criquets, de sauterelles et de grillons ;
- d'araignées ;
- à l'occasion, d'autres petits invertébrés.
Elle chasse activement dans la végétation basse, où elle repère ses proies à vue.
Cohabitation
Elle partage ses habitats ouverts avec d'autres couleuvres indigènes, telles que la couleuvre rayée, et peut hiverner dans les mêmes sites que celles-ci.
Anecdotes
- Après la mort, la couleuvre verte perd rapidement sa couleur verte et prend une teinte bleuâtre, en raison de la dégradation du pigment jaune de sa peau.
- Son épithète spécifique, vernalis, renvoie au printemps en latin.
- L'espèce a aussi été classée dans le genre Liochlorophis. La version historique de la réglementation québécoise citée emploie la graphie « Lichlorophis vernalis ». Le nom Opheodrys vernalis est retenu dans la fiche gouvernementale et le Catalogue du vivant.
