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Le vivant

Couleuvre mince du Nord

La couleuvre mince du Nord (Thamnophis saurita septentrionalis) est un serpent non venimeux et semi-aquatique de la famille des Colubridés. Au Québec, elle est l'une des couleuvres les plus rares : sa présence connue semble limitée à l'extrême sud de l'Outaouais, le long de la rivière des Outaouais entre Bristol et Fort-Coulonge. Longue de 45 à 80 cm, elle porte trois rayures claires sur un fond sombre et ressemble beaucoup à la couleuvre rayée. Elle a le rang S2 et figure parmi les espèces susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables au Québec.

Observations au Québec

26 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Couleuvre mince du Nord
Visuel documentaire des traces typiques
  • Une trace sinueuse en S, sans aucune empreinte de pattes, se voit dans la vase ou le sable fin en bordure de marais, d'étangs ou de ruisseaux calmes.
  • La mue est longue et très étroite, et sa queue mince occupe environ le tiers de la longueur totale.
  • Sur la mue, les écailles dorsales sont carénées et la plaque anale est entière, comme chez les autres couleuvres rayées.
  • Les fèces sont semi-liquides, coiffées d'un dépôt blanchâtre d'acide urique, et contiennent parfois de petits os de grenouilles ou de poissons.
  • On ne trouve pas de restes de repas sur place, car les proies (grenouilles, salamandres, petits poissons) sont avalées entières.
  • Il n'y a pas de nid, puisque l'espèce donne naissance à des petits vivants vers la fin de l'été.
  • L'animal dérangé s'enfuit vers l'eau et nage en surface, ce qui trahit sa présence parmi les herbes des rives ensoleillées.
  • Au Québec, ces indices se rencontrent surtout dans quelques milieux humides du sud-ouest, où l'espèce est rare.

Portrait et mode de vie

La couleuvre mince du Nord est un serpent élancé du genre Thamnophis, le même genre que la couleuvre rayée. Selon le gouvernement du Québec, elle mesure de 45 à 80 cm à l'âge adulte. Son dos est sombre et porte trois rayures longitudinales claires : une au milieu du dos et une de chaque côté. Son ventre est clair et sans taches.

Son corps est plus mince que celui de la couleuvre rayée. Sa queue est aussi proportionnellement plus longue.

L'espèce est semi-aquatique. Elle vit en bordure des milieux humides, des étangs, des cours d'eau et des tourbières. Elle préfère les eaux peu profondes bordées d'une végétation épaisse. Active le jour, elle se chauffe au soleil sur les rives. Au moindre dérangement, elle se réfugie dans la végétation ou dans l'eau.

Comme les autres reptiles du Québec, elle hiberne pour échapper au gel. Elle passe l'hiver dans des crevasses, des fourmilières ou des terriers.

Répartition

Au Canada, les documents fédéraux distinguent deux populations de couleuvres minces :

  • la population des Grands Lacs, surtout présente dans le sud de l'Ontario, qui comprend une petite portion du Québec ;
  • la population de l'Atlantique, isolée en Nouvelle-Écosse, notamment dans la région du parc national de Kejimkujik.

Au Québec, l'espèce est très rare. Sa présence semble limitée à l'extrême sud de l'Outaouais. Elle y a été signalée de façon discontinue le long de la rivière des Outaouais, entre Bristol et Fort-Coulonge, dans la MRC de Pontiac. Cette zone se situe à la limite nord-est de l'aire de répartition de la population des Grands Lacs.

Les observations québécoises connues sont peu nombreuses. De plus, l'espèce se confond facilement avec la couleuvre rayée, ce qui rend difficile de préciser son aire de répartition dans la province.

ÉlémentDonnée
Région administrativeOutaouais
Secteur connuRivière des Outaouais, de Bristol à Fort-Coulonge
Population canadienneGrands Lacs

Croissance et cycle de vie

Comme les autres couleuvres du genre Thamnophis, la couleuvre mince du Nord est vivipare. La femelle ne pond pas d'œufs : elle donne naissance à des petits déjà formés, en général vers la fin de l'été. Les jeunes sont autonomes dès la naissance et ressemblent aux adultes en miniature.

L'accouplement a lieu surtout au printemps, peu après la sortie de l'hibernation. Au Québec, la saison active est courte, ce qui limite le temps disponible pour se nourrir, grandir et se reproduire.

L'hibernation dure plusieurs mois. Elle se déroule dans des abris souterrains à l'abri du gel : crevasses rocheuses, fourmilières ou terriers abandonnés. Le choix de ces sites est déterminant pour la survie hivernale.

La croissance se fait par mues successives. Le serpent se débarrasse régulièrement de son ancienne peau pendant sa vie active.

Relations avec l'humain

La couleuvre mince du Nord est inoffensive pour l'humain. Elle n'est pas venimeuse et fuit plutôt que de se défendre.

Statut au Québec

  • Rang S2 : espèce en péril à l'échelle de la province.
  • Espèce susceptible d'être désignée menacée ou vulnérable, en vertu du cadre établi par la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Le gouvernement du Québec la désigne sous le nom de « couleuvre mince » (Thamnophis sauritus). Des listes provinciales recensent les principales menaces qui pèsent sur elle.

Statut au Canada

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la couleuvre mince du Nord. Un rapport de situation a été publié en 2002. Au fédéral, les deux populations font l'objet de documents distincts :

  • un plan de gestion publié en 2015 pour la population des Grands Lacs, qui comprend la portion québécoise ;
  • un programme de rétablissement publié en 2012 pour la population de l'Atlantique.

Menaces et suivi

Les principales menaces sont celles qui touchent les reptiles des milieux humides du sud du Québec : perte et fragmentation des rives et des marais, mortalité sur les routes, et dérangement des sites d'hibernation. Le ministère responsable de la faune a publié des protocoles standardisés pour l'inventaire des couleuvres. Il a aussi établi des procédures pour les manipuler.

Relations avec les autres espèces

La couleuvre mince du Nord partage son habitat avec d'autres reptiles et amphibiens du sud-ouest du Québec. Sur le terrain, la principale difficulté est de la distinguer de la couleuvre rayée (Thamnophis sirtalis). Les deux espèces sont presque identiques par leur patron de rayures.

Plusieurs indices aident à les distinguer :

  • la couleuvre mince a un corps plus grêle et une queue plus longue ;
  • ses rayures latérales sont situées plus haut sur les flancs ;
  • son ventre est clair et uniforme ;
  • une petite marque claire se trouve souvent devant l'œil.

Elle peut aussi fréquenter les mêmes milieux riverains que la couleuvre d'eau du Nord. Celle-ci s'en distingue par sa taille plus forte et par son patron en bandes plutôt qu'en rayures.

La couleuvre mince du Nord compte parmi les prédateurs des amphibiens des milieux humides.

Régime alimentaire

La couleuvre mince du Nord est carnivore et se nourrit surtout d'animaux liés aux milieux aquatiques. Ses proies principales sont des amphibiens : grenouilles, têtards et salamandres. Elle consomme aussi à l'occasion de petits poissons et divers petits animaux capturés au bord de l'eau.

Elle chasse activement le jour. Elle explore les rives peu profondes et la végétation émergente, où les amphibiens sont abondants. Elle avale ses proies vivantes, sans les tuer par constriction ni par venin.

Son régime la rend très dépendante de la santé des milieux humides. Le déclin des populations d'amphibiens, le drainage des marais ou la dégradation des rives réduisent directement ses ressources alimentaires. Pour cette raison, sa conservation au Québec est étroitement liée à la protection des habitats riverains le long de la rivière des Outaouais.

Anecdotes

  • Dans les documents québécois, l'espèce est souvent appelée simplement « couleuvre mince ». Les documents fédéraux précisent qu'au Canada, il s'agit de la sous-espèce couleuvre mince du Nord (T. s. septentrionalis).
  • La population de l'Atlantique vit en Nouvelle-Écosse, à des centaines de kilomètres de la population des Grands Lacs. Les deux populations font l’objet de documents fédéraux distincts : un plan de gestion pour celle des Grands Lacs et un programme de rétablissement pour celle de l’Atlantique.
  • En raison de sa ressemblance avec la couleuvre rayée, la couleuvre mince du Nord passe probablement inaperçue dans certains secteurs. Les inventaires standardisés visent à mieux documenter sa présence au Québec.

Sources

  1. Gouvernement du Québec — Fiche espèce : Couleuvre mince du Nord
  2. Gouvernement du Québec — Liste des espèces fauniques menacées ou vulnérables
  3. Environnement et Changement climatique Canada — Couleuvre mince dans les Grands Lacs : plan de gestion 2015
  4. COSEPAC — Évaluation et Rapport de situation sur la couleuvre mince
  5. Environnement et Changement climatique Canada — Programme de rétablissement de la population de l'Atlantique des couleuvres minces : contexte
  6. Données Québec — Listes des menaces des espèces en situation précaire
  7. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Protocole standardisé pour les inventaires de couleuvres
  8. Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs — Procédure normalisée de fonctionnement : couleuvres
  9. Amphibia-Nature — Catalogue des amphibiens et des reptiles du Québec
  10. Parcs Canada — Reptiles et amphibiens, parc national de Kejimkujik
  11. L'Encyclopédie canadienne — Serpent
  12. Catalogue du vivant de Savoirs.Québec — fiche 30036

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. MFFP / Gouvernement du Québec — Recueil des protocoles standardisés d’inventaires de la couleuvre d’eau du Nord au Québec
  2. Environnement et Changement climatique Canada — Couleuvres minces dans l’Atlantique (Thamnophis sauritus) : introduction
  3. Parcs Canada — Base de données des espèces en péril (BOS) : Couleuvre mince (population de l’Atlantique)
  4. Couleuvre rayée
  5. Couleuvre mince — Wikipédia
  6. Liste des reptiles au Québec — Wikipédia
  7. Couleuvre d'eau du Nord | Gouvernement du Québec

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6.1 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6.1 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 6.1 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage visuel — GPT 6.1 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : couleuvre mince du nord, thamnophis saurita, serpent, reptile, outaouais, espèce en situation précaire, milieux humides, rivière des outaouais

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