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Le vivant

Crécerelle d'Amérique

La crécerelle d'Amérique (Falco sparverius) est le plus petit faucon d'Amérique du Nord. Elle appartient à la famille des Falconidés. Indigène et régulière au Québec, elle fréquente surtout les milieux ouverts du sud de la province : terres agricoles, friches, bords de routes et clairières. Elle chasse insectes et petits vertébrés, souvent depuis un perchoir ou en vol stationnaire. Elle porte au Québec le rang de priorité S3S4 et n'est pas suivie en vertu de la liste des espèces menacées ou vulnérables.

Observations au Québec

160 806 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Crécerelle d'Amérique
Visuel documentaire des traces typiques
  • Empreintes rarement visibles au sol : petite patte de rapace à quatre doigts (trois vers l'avant, un vers l'arrière), d'environ 3 à 4 cm, avec marques de griffes acérées.
  • Pelotes de réjection petites (environ 2 à 3 cm), grisâtres, contenant des restes d'insectes (élytres, pattes de sauterelles) et parfois des poils et os de micromammifères.
  • Fientes blanchâtres et liquides (« jets » de calcaire) sous les perchoirs habituels comme les fils électriques, les poteaux et les arbres isolés en milieu ouvert.
  • Nid dans une cavité : vieux trou de pic, creux d'arbre, fente de bâtiment ou nichoir, sans apport de matériaux de construction.
  • Restes de proies déposés ou cachés sur des poteaux, des clôtures ou des branches : sauterelles, campagnols, souris ou petits oiseaux partiellement dévorés.
  • Plumes arrachées et petits cadavres décapités près d'un perchoir, signe qu'un petit oiseau ou un rongeur y a été dépecé.
  • Présence répétée de l'oiseau perché bien en vue au bord des routes et des champs, hochant la queue, ou faisant du vol stationnaire (« Saint-Esprit ») au-dessus des friches.
  • Cris aigus et répétés « kili-kili-kili » près d'une cavité de nidification au printemps et en été, indiquant un site occupé.

Portrait et mode de vie

La crécerelle d'Amérique est un oiseau de proie diurne de la taille d'un merle ou d'une tourterelle. Sa longueur est d'environ 22 à 31 cm et son envergure d'environ 50 à 60 cm. Comme chez la plupart des rapaces, la femelle est un peu plus grande et plus lourde que le mâle.

Plumage

Le dimorphisme sexuel est marqué :

  • Mâle : ailes gris bleuté, dos et queue roux, bande noire près de l'extrémité de la queue.
  • Femelle : ailes, dos et queue roux, rayés de barres sombres.

Les deux sexes présentent deux traits noirs verticaux sur chaque côté de la face. Ils portent aussi, sur la nuque, deux taches sombres qui évoquent des yeux. On interprète souvent ces taches comme de faux yeux destinés à dissuader les prédateurs.

Comportement

La crécerelle chasse à vue dans les milieux ouverts. Elle guette ses proies depuis un perchoir élevé : poteau, fil électrique, arbre mort ou clôture. Elle pratique aussi le vol stationnaire face au vent avant de fondre sur sa proie. Perchée, elle hoche fréquemment la queue. Son cri le plus courant est une série rapide et aiguë de notes, souvent transcrite « kli-kli-kli ».

Répartition

L'espèce possède l'une des aires de répartition les plus vastes parmi les faucons des Amériques. Elle s'étend du nord du continent jusqu'au sud de l'Amérique du Sud. Plusieurs sous-espèces sont reconnues.

Au Québec

La crécerelle d'Amérique est une espèce indigène et régulière. Elle niche principalement dans le sud de la province. On la trouve surtout dans :

  • les basses-terres du Saint-Laurent ;
  • les régions agricoles comme la Montérégie, le Centre-du-Québec et l'Estrie ;
  • les secteurs ouverts de régions plus nordiques, comme l'Abitibi-Témiscamingue et le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Elle fréquente les champs, les pâturages, les friches et les emprises de routes. Elle occupe aussi les coupes forestières, les brûlis et les clairières de la forêt boréale.

Les populations québécoises sont en grande partie migratrices. Elles quittent la province à l'automne et y reviennent au printemps, généralement dès avril. Quelques individus hivernent dans le sud du Québec, surtout près des milieux agricoles et périurbains.

Le Système mondial d'information sur la biodiversité (GBIF) recense 160 806 occurrences de l'espèce sous la clé taxonomique 9685907.

Croissance et cycle de vie

La crécerelle d'Amérique niche dans des cavités, ce qui la distingue de la plupart des autres faucons. Elle ne creuse pas elle-même ces cavités. Elle utilise d'anciennes loges de pics, notamment celles du pic flamboyant, ou des creux naturels dans les arbres morts. Elle s'installe aussi dans des anfractuosités de bâtiments ou dans des nichoirs installés à son intention.

Reproduction

Au Québec, la nidification se déroule au printemps et au début de l'été. La femelle pond habituellement de quatre à cinq œufs. Elle assure l'essentiel de l'incubation, qui dure environ un mois. Pendant ce temps, le mâle lui apporte de la nourriture. Les oisillons quittent la cavité environ quatre semaines après l'éclosion. Ils dépendent encore de leurs parents pendant quelque temps, le temps d'apprendre à chasser.

L'espèce peut se reproduire dès sa première année. Comme chez beaucoup de petits rapaces, la mortalité des jeunes est élevée. La longévité moyenne en nature est courte, même si certains individus bagués ont vécu plusieurs années.

Régime alimentaire

La crécerelle d'Amérique est un prédateur opportuniste. Son régime varie selon la saison et l'abondance des proies.

  • Insectes : à la belle saison, les gros insectes constituent une part importante de son alimentation. Il s'agit surtout des criquets et sauterelles, mais aussi de coléoptères et de libellules.
  • Petits mammifères : les campagnols et les souris sont des proies fréquentes, en particulier au printemps et lorsque les insectes se font rares.
  • Petits oiseaux : elle capture à l'occasion des passereaux, surtout en hiver ou en période d'élevage des jeunes.
  • Autres proies : elle peut aussi consommer des amphibiens, des reptiles de petite taille ou des araignées.

Elle capture généralement ses proies au sol après un piqué depuis un perchoir ou un vol stationnaire. Elle les saisit avec ses serres et les tue d'une morsure grâce à la dent tranchante de son bec, caractéristique des faucons. Il lui arrive de cacher des surplus de nourriture pour les consommer plus tard.

Relations avec les autres espèces

La crécerelle d'Amérique dépend indirectement des pics. Ceux-ci creusent les cavités qu'elle réutilise pour nicher. Elle peut entrer en compétition pour ces sites avec d'autres espèces cavicoles, comme l'étourneau sansonnet, une espèce introduite.

Petit rapace, elle est elle-même la proie de prédateurs plus grands. L'épervier de Cooper, l'autour des palombes, la buse à queue rousse et certains hiboux peuvent la capturer. Ses œufs et ses oisillons peuvent être dévorés par des mammifères grimpeurs, comme le raton laveur.

Son régime riche en insectes et en petits rongeurs en fait un régulateur des populations de ces animaux dans les milieux agricoles et les friches. Les passereaux la houspillent souvent lorsqu'elle s'approche de leurs nids.

Relations avec l'humain

La crécerelle d'Amérique s'accommode bien des paysages façonnés par l'humain. Les terres agricoles, les bords d'autoroutes et les terrains vagues lui offrent des territoires de chasse. Les poteaux et les fils lui servent de perchoirs.

Statut et protection

Au Québec, le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec lui attribue le rang de priorité S3S4. Ce rang la situe entre « vulnérable » et « apparemment non en péril » à l'échelle provinciale. L'espèce n'est pas suivie en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

Les oiseaux de proie ne relèvent pas de la loi fédérale sur les oiseaux migrateurs. Au Québec, ils sont protégés par la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Il est donc interdit de chasser, de capturer ou de garder en captivité une crécerelle sans autorisation.

Menaces et conservation

Des baisses d'effectifs ont été observées dans plusieurs régions du nord-est de l'Amérique du Nord. Les facteurs avancés sont les suivants :

  • la perte de friches et de prairies ;
  • l'intensification agricole ;
  • la raréfaction des arbres morts propices à la nidification ;
  • l'usage de pesticides qui réduit ses proies ;
  • les collisions avec les véhicules.

La pose de nichoirs adaptés dans les milieux ouverts constitue l'une des principales mesures de soutien à l'espèce. Plusieurs organismes et propriétaires terriens y participent.

Anecdotes

  • Le nom de genre Falco signifie « faucon » en latin. L'épithète sparverius renvoie à l'épervier : l'espèce a longtemps été appelée sparrow hawk en anglais.
  • Son vol stationnaire face au vent rappelle celui de la crécerelle d'Europe, une espèce apparentée qui a donné son nom au groupe.
  • Les taches sombres de sa nuque, souvent appelées « faux yeux », donneraient à un prédateur arrivant par derrière l'impression d'être observé.
  • Contrairement à de nombreux rapaces, mâles et femelles se distinguent facilement à distance grâce à la couleur de leurs ailes.

Sources

  1. Savoirs.Québec — Fiche d'espèce : Crécerelle d'Amérique (catalogue animaux)
  2. Savoirs.Québec — Catalogue du vivant
  3. GBIF — Falco sparverius (clé taxonomique 9685907)
  4. Atlas des oiseaux nicheurs du Québec
  5. Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ)
  6. Gouvernement du Québec — Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune
  7. Cornell Lab of Ornithology — All About Birds : American Kestrel
  8. Oiseaux Canada

Modèles ayant contribué : Rédaction — Claude Opus 5 5 · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : crécerelle d'amérique, falco sparverius, faucon, oiseau de proie, falconidés, milieux agricoles, nichoir, rapace diurne

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