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Le vivant

Faucon émerillon

Le Faucon émerillon (Falco columbarius) est un petit rapace diurne de la famille des Falconidés, présent dans presque tout le Québec en période de nidification, du sud de la province jusqu'à la limite des arbres. Chasseur rapide, il capture surtout de petits oiseaux en vol. Ses populations ont fléchi sous l'effet des pesticides organochlorés au milieu du XXe siècle, puis se sont rétablies depuis les années 1970. L'espèce s'est depuis établie dans plusieurs milieux urbains et périurbains du sud du Québec.

Observations au Québec

143 370 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Faucon émerillon
Visuel documentaire des traces typiques
  • Ne construit pas de nid : il réutilise un vieux nid de corneille ou de pie, souvent haut dans un conifère, y compris dans les parcs et quartiers résidentiels.
  • Près du nid, des cris aigus et répétés « ki-ki-ki-ki » et des attaques contre les corneilles ou les humains trahissent un couple nicheur.
  • Plumées de petits oiseaux (moineaux, jaseurs, bruants) sur une souche, un piquet ou une branche horizontale servant de perchoir de dépeçage.
  • Les plumes sont arrachées, et non coupées net comme par un mammifère, et la carcasse est souvent emportée.
  • Pelotes de réjection petites (environ 2 à 3 cm), compactes, faites de plumes, d'os fins et parfois de restes d'insectes comme des ailes de libellules.
  • Fientes blanchâtres projetées en traînées sous les perchoirs habituels et autour de l'arbre du nid.
  • Vol direct, rapide et bas avec battements puissants, souvent en poursuite d'une volée de passereaux ou de bécasseaux.

Portrait et mode de vie

Le Faucon émerillon est l'un des plus petits faucons de l'Amérique du Nord. Il appartient au genre Falco, dans la famille des Falconidés, et se rattache à l'ordre des Falconiformes selon la classification retenue par le catalogue québécois des espèces.

Description

Le plumage diffère selon le sexe et l'âge :

  • le mâle adulte a le dos gris ou bleu ardoisé ;
  • la femelle et le jeune ont le dos brunâtre ;
  • chez tous, la queue est barrée de bandes contrastées et la poitrine est fortement striée.

Comme chez la plupart des rapaces, la femelle est plus grande que le mâle. La silhouette est compacte, avec des ailes pointues et une queue relativement courte, adaptées à une chasse rapide et directe. Contrairement à la Crécerelle d'Amérique, il ne présente pas de moustaches faciales marquées et pratique peu le vol stationnaire.

Comportement

Oiseau énergique, le Faucon émerillon chasse souvent depuis un perchoir dégagé, d'où il s'élance pour poursuivre ses proies au ras du sol ou de la végétation. Il se montre territorial et bruyant à proximité de son nid, qu'il défend vigoureusement contre les intrus, y compris des oiseaux plus grands que lui.

Au Québec, l'espèce fréquente les forêts, souvent à proximité d'espaces ouverts ou de plans d'eau : lisières, tourbières, rives de lacs et de rivières, brûlis et clairières. Elle s'est aussi installée dans des quartiers résidentiels, des parcs et des cimetières plantés de conifères.

Répartition

En Amérique du Nord

Le Faucon émerillon niche dans une vaste zone circumpolaire qui comprend, en Amérique du Nord, la forêt boréale, les prairies et la côte du Pacifique. Il hiverne principalement plus au sud, jusqu'en Amérique centrale et dans le nord de l'Amérique du Sud, mais une partie des individus demeure dans les régions tempérées.

Au Québec

Au Québec, l'espèce niche du sud de la province jusqu'à la limite des arbres. Elle est considérée comme indigène et régulière. Son rang de conservation, S5B, désigne une population nicheuse jugée en sécurité à l'échelle provinciale.

Les travaux de l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec signalent une expansion de sa présence dans les secteurs habités depuis le premier atlas, en particulier dans les Basses-terres du Saint-Laurent, où l'oiseau niche désormais en milieu urbain et périurbain.

Migration et hivernage

L'espèce est migratrice : de nombreux individus quittent le Québec à l'automne, tandis que certains passent l'hiver dans le sud de la province, souvent dans les villes, où les rassemblements de petits passereaux, notamment de moineaux et de jaseurs, leur fournissent des proies.

Données d'observation

La fiche Savoirs.Québec rapporte 143 370 occurrences GBIF rattachées à l'espèce à l'échelle mondiale, sous la clé taxonomique 9813242. Ce nombre n'est pas daté.

Croissance et cycle de vie

Nidification

Le Faucon émerillon ne construit généralement pas son propre nid. Il réutilise le plus souvent des nids abandonnés par d'autres oiseaux, en particulier ceux de corvidés comme la Corneille d'Amérique, installés dans des conifères.

Reproduction

La femelle pond habituellement quatre ou cinq œufs, couvés principalement par elle pendant environ un mois. Durant l'incubation et les premiers jours qui suivent l'éclosion, le mâle assure l'essentiel de l'approvisionnement en nourriture, qu'il transmet souvent à la femelle à proximité du nid.

Les jeunes quittent le nid environ un mois après l'éclosion, mais restent dépendants des adultes pendant plusieurs semaines, le temps d'acquérir leur habileté de chasse. Comme chez beaucoup de rapaces, la mortalité est élevée durant la première année.

Cycle annuel

PériodeActivité principale
PrintempsRetour des migrateurs, établissement des territoires
Fin du printemps et étéPonte, incubation, élevage des jeunes
Fin de l'été et automneDispersion des jeunes, migration vers le sud
HiverHivernage au sud ou, pour certains individus, dans le sud du Québec

Régime alimentaire

Le Faucon émerillon est un prédateur spécialisé dans la capture de petits oiseaux, qu'il attrape en vol au terme de poursuites rapides et directes. Il cible surtout des passereaux et des oiseaux de rivage de petite taille, qu'il surprend souvent en volant bas et en profitant du couvert de la végétation ou du relief.

Son régime comprend aussi, de façon complémentaire :

  • des petits rongeurs ;
  • des insectes, notamment de grands insectes volants comme les libellules, que les jeunes et certains adultes capturent en vol.

En milieu urbain, la disponibilité de proies abondantes, comme le Moineau domestique, est l'un des facteurs qui favorisent l'installation de l'espèce. En hiver, les individus qui demeurent dans le sud du Québec s'alimentent largement des bandes de passereaux qui fréquentent les villes.

Comme d'autres oiseaux de proie, le Faucon émerillon peut accumuler dans ses tissus les contaminants présents chez ses proies. Cette accumulation contribue à sa vulnérabilité aux pesticides organochlorés.

Relations avec les autres espèces

Le Faucon émerillon occupe une place de prédateur intermédiaire dans les écosystèmes forestiers et ouverts du Québec. En chassant de petits oiseaux, il exerce une pression sur les populations de passereaux, d'oiseaux de rivage et, localement, de rongeurs.

Dépendance envers les corvidés

Sa reproduction dépend en grande partie d'autres espèces : il occupe des nids construits par des corvidés, en particulier la Corneille d'Amérique. L'abondance de ces bâtisseurs de nids influence donc la disponibilité de sites de nidification.

Interactions avec d'autres rapaces

Le Faucon émerillon peut lui-même être la proie de rapaces plus grands, comme le Faucon pèlerin, l'Autour des palombes ou le Grand-duc d'Amérique. En période de nidification, il harcèle fréquemment les grands oiseaux qui s'approchent de son territoire, y compris des corneilles, des goélands et d'autres rapaces.

Espèces semblables

Au Québec, il peut être confondu avec deux autres faucons :

  • la Crécerelle d'Amérique, plus petite, au plumage roux et aux marques faciales verticales prononcées ;
  • le Faucon pèlerin, nettement plus grand, à la moustache foncée bien marquée.

Relations avec l'humain

Effets des pesticides

Les populations de Faucon émerillon ont diminué dans les années 1950 et 1960 sous l'effet des pesticides organochlorés, dont le DDT, qui s'accumulent dans la chaîne alimentaire et nuisent à la reproduction des rapaces. Après les restrictions imposées à ces produits, les effectifs ont augmenté à partir des années 1970.

Adaptation aux milieux habités

L'espèce s'est progressivement établie dans les villes et les banlieues du sud du Québec, où elle trouve à la fois des nids de corvidés dans les conifères ornementaux et des proies abondantes. Les atlas québécois documentent cette expansion dans les secteurs habités, notamment dans les Basses-terres du Saint-Laurent.

Menaces actuelles

Les sources de référence décrivent une population canadienne en hausse et peu de menaces actuelles à l'échelle de l'espèce. La perte d'habitat peut toutefois avoir des effets locaux. Comme d'autres oiseaux, le Faucon émerillon peut aussi être victime de collisions avec des fenêtres ou des véhicules en milieu urbain.

Réhabilitation

Au Québec, l'Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP) accueille des rapaces blessés, dont le Faucon émerillon, et diffuse de l'information sur les oiseaux de proie de la province. Comme tous les oiseaux de proie, l'espèce est protégée par la réglementation québécoise sur la faune.

Statut et conservation

Le Faucon émerillon est considéré comme une espèce en bonne santé à plusieurs échelles.

InstanceStatutAnnée
UICN (mondial)Préoccupation mineure2018
COSEPAC (Canada)Non en péril1985
Rang S (Québec)S5B, population nicheuse en sécuriténon daté
Champ LEMV de la fiche Savoirs.QuébecNon suivienon daté

La fiche québécoise de l'UQROP classe également l'espèce « en sécurité ».

Les sources décrivent un rétablissement des populations depuis les années 1970, après le déclin lié aux pesticides organochlorés, ainsi qu'une expansion de l'espèce dans les milieux habités. La surveillance de ses effectifs repose notamment sur les atlas des oiseaux nicheurs et les relevés d'oiseaux en migration.

Anecdotes

  • En anglais, l'espèce porte le nom de Merlin ; elle a longtemps été désignée en Amérique du Nord sous le nom de « Pigeon Hawk », une allusion à sa silhouette en vol, parfois comparée à celle d'un pigeon.
  • Son nom scientifique, columbarius, dérive du latin columba, qui désigne le pigeon, et renvoie à la même idée.
  • Le terme français « émerillon » est ancien et se rattache au vocabulaire de la fauconnerie, où ce petit faucon était employé pour la chasse aux petits oiseaux.

Sources

  1. Savoirs.Québec, Catalogue du vivant, fiche Faucon émerillon
  2. GBIF, Falco columbarius
  3. Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, Faucon émerillon
  4. Atlas des oiseaux nicheurs du Québec
  5. UQROP, Faucon émerillon
  6. UQROP, Fiches oiseaux de proie du Québec
  7. Environnement et Changement climatique Canada, Faucon émerillon
  8. L'Encyclopédie canadienne, Faucon
  9. Encyclopædia Universalis, Faucon émerillon
  10. Atlas des oiseaux nicheurs de la Colombie-Britannique, Merlin
  11. Oiseaux.net, Faucon émerillon
  12. Wikipédia, Faucon émerillon

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Microsoft Word - 27 espèces detaillees2010.doc

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6.1 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6.1 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 6.1 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage visuel — GPT 6.1 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : faucon émerillon, falco columbarius, oiseau de proie, rapace, falconidés, forêt boréale, oiseaux urbains, ddt

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