Portrait et mode de vie
La foulque macroule est un rallidé trapu d'environ 36 à 39 cm de longueur. Son plumage est entièrement noir ardoisé, un peu plus foncé sur la tête et le cou. Le bec, court et conique, est blanc, tout comme la plaque frontale charnue qui s'étend sur le front ; l'œil est rouge. Les sexes sont semblables.
Comme les autres foulques, elle possède des doigts longs bordés de lobes membraneux, et non palmés, qui lui permettent à la fois de nager efficacement et de marcher sur la végétation flottante ou sur la rive. Elle nage en hochant la tête, plonge brièvement pour se nourrir et doit courir à la surface de l'eau en battant des ailes pour prendre son envol.
En période de reproduction, elle est très territoriale : les couples défendent vigoureusement leur portion de plan d'eau par des postures d'intimidation, des poursuites et des combats où les adversaires se frappent avec les pattes. Hors de la saison de nidification, l'espèce devient grégaire et forme des rassemblements parfois considérables sur les grands plans d'eau libres de glace.
Distinction avec la foulque d'Amérique
En Amérique du Nord, la principale source de confusion est la foulque d'Amérique (Fulica americana). Celle-ci montre des sous-caudales blanches visibles sur les côtés de la queue, un anneau sombre près de la pointe du bec et une petite callosité rouge foncé au sommet de la plaque frontale. Chez la foulque macroule, le bec et la plaque frontale sont entièrement blancs et les sous-caudales sont sombres. La gallinule poule-d'eau, autre rallidé, s'en distingue par son bec rouge à pointe jaune et sa ligne blanche sur les flancs.
Répartition
L'aire de répartition de la foulque macroule est très vaste. L'espèce niche dans la majeure partie de l'Europe et de l'Asie tempérées, en Afrique du Nord ainsi qu'en Australie, en Nouvelle-Guinée et en Nouvelle-Zélande. Les populations du nord et de l'est de l'aire migrent vers le sud et l'ouest en hiver, alors que celles des régions tempérées sont en bonne partie sédentaires.
Au Québec
La fiche du Catalogue du vivant de Savoirs.Québec classe la foulque macroule comme une espèce accidentelle ou non régulière au Québec.se d'une foulque à bec entièrement blanc mérite d'être documentée par des photographies, afin d'écarter une foulque d'Amérique à plaque frontale peu marquée.
Habitat
L'espèce fréquente les eaux douces stagnantes ou à faible courant : lacs, étangs, marais, réservoirs, bassins et cours d'eau lents bordés de roselières ou d'autres plantes émergentes. En hiver, elle se rassemble aussi sur les grands lacs, les estuaires et les lagunes côtières.
Croissance et cycle de vie
La foulque macroule est généralement monogame durant une saison de reproduction. Dans son aire de nidification, le nid est une plateforme volumineuse de tiges et de feuilles de plantes aquatiques, construite par les deux partenaires dans la végétation émergente ou ancrée près de celle-ci, parfois presque flottante.
La ponte compte habituellement de 6 à 10 œufs chamois tachetés de sombre. L'incubation, assurée par les deux parents, dure environ trois semaines. Les poussins sont nidifuges : couverts d'un duvet noir, ils portent sur la tête et le cou des plumes orangées et une peau rougeâtre très voyantes, qui stimulent le nourrissage par les adultes. Ils quittent le nid peu après l'éclosion, mais restent dépendants de leurs parents pendant plusieurs semaines. Une seconde couvée est possible dans certaines régions.
Les jeunes de l'année ont un plumage gris-brun avec la gorge et le devant du cou blanchâtres ; ils acquièrent progressivement la livrée noire et le bec blanc des adultes.
Régime alimentaire
La foulque macroule est omnivore, avec une nette dominante végétale. Elle consomme :
- des feuilles, tiges, pousses et racines de plantes aquatiques submergées ou flottantes ;
- des algues ;
- des graines et, à l'occasion, de l'herbe broutée sur les berges ;
- des invertébrés aquatiques (mollusques, insectes et leurs larves, crustacés), surtout en période de reproduction ;
- plus rarement, des œufs ou de petits vertébrés.
Elle se nourrit en picorant à la surface, en basculant la tête sous l'eau ou en plongeant sur de courtes distances, généralement à faible profondeur. Il lui arrive de brouter sur la terre ferme à proximité de l'eau. Les individus remontent souvent leur nourriture à la surface pour la consommer, ce qui expose leurs prises au vol par d'autres oiseaux d'eau.
Relations avec les autres espèces
Dans son aire principale, la foulque macroule partage les plans d'eau avec de nombreux canards, grèbes et autres rallidés. Son comportement territorial l'amène à chasser activement les intrus, y compris d'autres espèces, de son territoire de nidification.
En hiver, ses rassemblements côtoient ceux des canards plongeurs et de surface. Certains canards, comme le canard chipeau, profitent des plantes aquatiques que les foulques ramènent à la surface et leur dérobent parfois de la nourriture.
Ses œufs et ses poussins sont la proie de divers prédateurs, notamment des corvidés, des goélands, des busards, des brochets et des mammifères carnivores. Les adultes sont capturés par de grands rapaces.
Relations avec l'humain
À l'échelle mondiale, la foulque macroule est considérée comme une espèce de préoccupation mineure en raison de sa vaste répartition et de ses effectifs importants. Elle est chassée dans plusieurs pays d'Europe et s'accommode bien des plans d'eau aménagés, des parcs urbains et des bassins artificiels, ce qui la rend familière aux citadins.
La fiche du Catalogue du vivant de Savoirs.Québec indique le rang SNA pour l'espèce au Québec et le libellé « Non suivie » dans le champ LEMV. Les statuts et données démographiques établis pour l'Europe ne s'appliquent pas au contexte québécois.
Anecdotes
- Le nom de genre Fulica est le nom latin de la foulque ; l'épithète atra signifie « noire » en latin, en référence à son plumage.
- Le terme français « macroule » ne s'emploie aujourd'hui que pour désigner cette espèce ; il sert à la distinguer des autres foulques du genre Fulica.
- Contrairement aux canards, la foulque n'a pas de pieds palmés : chacun de ses doigts porte des lobes indépendants qui s'écartent lors de la poussée dans l'eau.
- Les poussins arborent une tête orange vif et rougeâtre qui tranche avec le plumage sombre des adultes ; cette coloration sert de signal pour obtenir de la nourriture.
- Au décollage, la foulque doit courir à la surface de l'eau sur plusieurs mètres en battant des ailes, laissant une série d'éclaboussures caractéristiques.
