Définition et statut légal
Au Québec, un parc national est un territoire établi par le gouvernement en vertu de la Loi sur les parcs (RLRQ, chapitre P-9). Sa vocation première est la conservation et la protection permanente d'échantillons représentatifs des régions naturelles du Québec ou de sites naturels à caractère exceptionnel, notamment en raison de leur diversité biologique. L'accès du public à des fins d'éducation et de récréation extensive est permis, dans la mesure où il demeure compatible avec cet objectif de conservation.
Les parcs nationaux québécois sont des aires protégées de compétence provinciale, distinctes des parcs nationaux du Canada administrés par Parcs Canada sur le territoire québécois. L'exploitation commerciale des ressources (exploitation forestière, minière ou énergétique) et la chasse y sont interdites.
La responsabilité gouvernementale du réseau relève du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Les orientations de gestion sont précisées dans la Politique sur les parcs nationaux du Québec, qui encadre notamment la planification, le zonage et la mise en valeur des territoires.
Composition du réseau
Le réseau des parcs nationaux du Québec compte 28 territoires. Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent y est rattaché ; il fait l'objet d'une gestion conjointe avec le gouvernement du Canada et relève de lois distinctes.
La carte officielle du réseau distingue les parcs selon leur exploitant :
- la Sépaq, qui exploite la majorité des parcs situés dans le Québec méridional ;
- Parcs Nunavik, qui exploite les parcs situés au nord du 55e parallèle, au Nunavik ;
- la Nation crie de Mistissini, qui exploite un parc situé en territoire cri, dans la région d'Eeyou Istchee Baie-James.
Parcs exploités par la Sépaq
Parmi les parcs exploités par la Sépaq figurent notamment les parcs nationaux d'Aiguebelle, d'Anticosti, du Bic, du Fjord-du-Saguenay, de Frontenac, de la Gaspésie, des Grands-Jardins, des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, de l'Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, des Îles-de-Boucherville, de la Jacques-Cartier, du Lac-Témiscouata, de Miguasha, du Mont-Mégantic, du Mont-Orford, du Mont-Saint-Bruno, du Mont-Tremblant, des Monts-Valin, d'Oka, d'Opémican, de Plaisance, de la Pointe-Taillon et de la Yamaska.
Parcs du Nunavik
Au Nunavik, le réseau comprend les parcs nationaux des Pingualuit, de Kuururjuaq, de Tursujuq et d'Ulittaniujalik, exploités par Parcs Nunavik en collaboration avec les communautés inuites.
Répartition géographique
Le réseau couvre une grande diversité de régions naturelles, des basses terres du Saint-Laurent jusqu'à la toundra arctique. Les parcs du sud du Québec se répartissent dans la plupart des régions administratives, notamment :
- dans les Laurentides et l'Outaouais, avec les parcs du Mont-Tremblant, d'Oka et de Plaisance ;
- dans la Capitale-Nationale, avec les parcs de la Jacques-Cartier, des Grands-Jardins et des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie ;
- en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, avec les parcs de la Gaspésie, de Miguasha et de l'Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé ;
- au Saguenay–Lac-Saint-Jean, avec les parcs du Fjord-du-Saguenay, des Monts-Valin et de la Pointe-Taillon ;
- en Abitibi-Témiscamingue, avec les parcs d'Aiguebelle et d'Opémican ;
- sur la Côte-Nord, avec le parc d'Anticosti.
Plusieurs parcs se trouvent à proximité des grands centres urbains, comme ceux des Îles-de-Boucherville et du Mont-Saint-Bruno dans la région métropolitaine de Montréal. À l'opposé, les parcs du Nunavik occupent de vastes territoires nordiques peu accessibles par voie terrestre.
Deux parcs du réseau protègent des sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO : Miguasha, reconnu pour ses fossiles du Dévonien, et l'île d'Anticosti.
Cartographie et données géographiques
Plusieurs types de documents cartographiques décrivent le réseau, chacun avec une portée différente.
Carte du réseau
Le gouvernement du Québec publie une carte d'ensemble du réseau des parcs nationaux. Elle situe les parcs à l'échelle du Québec, les distingue selon leur exploitant et indique l'ordre général de leur création en vertu de la Loi sur les parcs. Il s'agit d'une carte de localisation générale : elle ne remplace pas les cartes détaillées des limites ou des installations de chaque parc.
Cartes des parcs
La Sépaq diffuse des cartes propres à chaque parc qu'elle exploite, par exemple pour les parcs de Plaisance, d'Opémican ou du Mont-Tremblant, où figure le tracé du Sentier national. Ces cartes opérationnelles présentent les sentiers, les routes, les accès, les hébergements, les campings et les services. Elles précisent que l'information peut changer et qu'en cas de divergence, l'information sur le terrain prévaut.
Données géospatiales
Pour les limites et l'analyse géographique, Données Québec répertorie des jeux de données associés aux parcs nationaux, dont une couche des territoires récréatifs compilée à partir de plans et de descriptions techniques officiels. Les limites légales d'un parc demeurent celles qui sont fixées par le règlement établissant le parc.
Référentiels fédéraux
Ressources naturelles Canada publie une carte-index des terres du Canada au Québec, qui comprend notamment les parcs nationaux de compétence fédérale. Ce document précise qu'il ne doit pas servir à définir des limites.
Zonage et gestion
Chaque parc national fait l'objet d'un plan de zonage qui module les usages permis selon la sensibilité des milieux. La Politique sur les parcs nationaux du Québec prévoit plusieurs catégories de zones :
| Type de zone | Vocation générale |
|---|---|
| Préservation extrême | Protection intégrale de milieux très fragiles ; accès fortement restreint |
| Préservation | Protection d'éléments naturels représentatifs ou exceptionnels ; activités de faible impact |
| Ambiance | Découverte du milieu naturel et activités de plein air extensives |
| Services | Regroupement des équipements d'accueil, d'hébergement et d'administration |
La gestion courante est confiée aux exploitants. Dans le Québec méridional, la Sépaq assure l'accueil, l'entretien des infrastructures, la tarification et les programmes d'éducation. Elle publie également un bulletin de conservation qui rend compte de l'état des milieux naturels et du suivi d'indicateurs écologiques dans les parcs qu'elle exploite.
Au Nunavik et en territoire cri, la gestion s'inscrit dans le cadre des ententes conclues avec les nations autochtones, et les exploitants régionaux assurent la mise en valeur des parcs en tenant compte des usages traditionnels.
Historique
Les premiers grands parcs québécois remontent à la fin du XIXe siècle, avec la création, en 1895, du parc de la Montagne Tremblante, devenu le parc national du Mont-Tremblant, et du parc des Laurentides. Ces territoires répondaient alors surtout à des objectifs de protection de la faune et de mise en valeur récréative.
L'adoption de la Loi sur les parcs, en 1977, a établi un cadre légal propre aux parcs québécois, qui distinguait à l'origine des parcs de conservation et des parcs de récréation. Une modification législative adoptée en 2001 a réuni ces territoires sous l'appellation unique de « parc national », harmonisée avec les standards internationaux des aires protégées.
La Sépaq, société d'État créée en 1985, s'est vu confier l'exploitation de la majorité des parcs du Québec méridional à la fin des années 1990. Le réseau s'est ensuite étendu vers le Nord, avec la création de parcs au Nunavik à partir des années 2000, puis dans le sud avec l'ouverture du parc national d'Opémican, en Abitibi-Témiscamingue.