Histoire
Le Cégep de Saint-Hyacinthe naît en juin 1968, dans la foulée de l'adoption de la Loi sur les collèges d'enseignement général et professionnel (1967), qui crée le réseau des cégeps à la suite des travaux de la commission Parent. Comme ailleurs au Québec, l'établissement regroupe des formations de niveau collégial jusque-là dispensées par plusieurs institutions de Saint-Hyacinthe, réunissant sous une même administration publique l'enseignement général et l'enseignement technique.
Au cours des années 1970, le collège participe au Collège régional Bourgchemin, une structure régionale qui réunit plusieurs établissements collégiaux sous une administration commune. Durant cette période, le cégep emménage en 1975 dans ses locaux actuels de l'avenue Boullé.
En 1980, l'établissement retrouve son autonomie et redevient un cégep distinct, statut qu'il conserve depuis. Son histoire s'inscrit ainsi dans les réorganisations qui ont marqué les premières décennies du réseau collégial public québécois, oscillant entre regroupements régionaux et établissements autonomes ancrés dans leur ville.
| Année | Événement |
|---|---|
| 1968 (juin) | Fondation par regroupement de formations collégiales maskoutaines |
| 1975 | Emménagement dans les locaux de l'avenue Boullé |
| 1980 | Retour à l'autonomie après la participation au Collège régional Bourgchemin |
| 2024 | Enquête administrative du ministère de l'Enseignement supérieur |
Situation et campus
Le cégep est installé au 3000, avenue Boullé, à Saint-Hyacinthe, ville-centre de la municipalité régionale de comté des Maskoutains, dans la région administrative de la Montérégie. Saint-Hyacinthe est reconnue comme un pôle agroalimentaire et accueille plusieurs établissements d'enseignement et de recherche, dont l'établissement collégial constitue l'une des composantes publiques.
Le campus regroupe les activités d'enseignement régulier, de formation continue et une partie des activités de recherche appliquée. Sa clientèle provient principalement de la ville et des municipalités environnantes de la MRC des Maskoutains, ainsi que d'autres secteurs de la Montérégie et des régions voisines pour les programmes techniques plus spécialisés.
L'établissement fait partie du réseau des collèges publics recensés par l'Inforoute de la formation professionnelle et technique, où il figure sous le code d'organisme 907003. Il est également membre de la Fédération des cégeps, qui regroupe les collèges publics du Québec. Sa langue d'enseignement est le français.
Formation régulière
Selon les données publiées par l'établissement, le Cégep de Saint-Hyacinthe offre en formation régulière six programmes préuniversitaires et quinze programmes techniques, et compte près de 5 300 étudiantes et étudiants à l'enseignement régulier. Ces chiffres correspondent aux données institutionnelles les plus récentes diffusées par le cégep et varient d'une année à l'autre.
Conformément au cadre du réseau collégial québécois :
- les programmes préuniversitaires, d'une durée normale de deux ans, mènent au diplôme d'études collégiales (DEC) et préparent à l'admission à l'université ;
- les programmes techniques, d'une durée normale de trois ans, mènent également au DEC et préparent directement au marché du travail, tout en permettant la poursuite d'études universitaires ;
- l'ensemble des programmes comprend une composante de formation générale commune (français, philosophie, anglais, éducation physique) définie par le ministère de l'Enseignement supérieur.
Le cégep offre aussi des cheminements de transition destinés aux personnes qui doivent compléter des préalables avant d'être admises dans un programme menant au DEC. Les admissions aux programmes réguliers s'effectuent, comme pour la plupart des cégeps de l'ouest et du centre du Québec, par l'intermédiaire du Service régional d'admission du Montréal métropolitain.
Formation continue et services aux entreprises
En plus de l'enseignement régulier, le cégep exploite un secteur de formation continue qui s'adresse aux adultes, aux personnes en réorientation de carrière et aux travailleurs en emploi. L'établissement fait état d'environ 10 000 inscriptions annuelles dans ce secteur, selon ses données institutionnelles.
La formation continue comprend notamment des programmes menant à une attestation d'études collégiales (AEC), titre de compétence collégial axé sur une fonction de travail précise, ainsi que des activités de perfectionnement de plus courte durée.
Le volet des services aux entreprises vise la formation de la main-d'œuvre des organisations de la région. Il propose des formations sur mesure, de l'accompagnement et des activités de perfectionnement adaptées aux besoins d'employeurs. Cette offre s'inscrit dans la mission de développement régional que la loi confie aux cégeps, qui peuvent contribuer à l'élaboration et à la réalisation de projets d'innovation technologique, de transfert de technologie et de formation sur mesure dans leur milieu.
Recherche appliquée et transfert technologique
Le Cégep de Saint-Hyacinthe mène des activités de recherche appliquée, d'aide technique et de transfert technologique. Ces activités visent principalement à soutenir les entreprises et les organisations dans l'adoption de nouvelles technologies, l'amélioration de procédés et le développement de produits.
L'établissement est associé à deux centres collégiaux de transfert de technologie (CCTT). Au Québec, les CCTT sont des organismes reconnus par le ministère de l'Enseignement supérieur et rattachés à un cégep ; ils réalisent des projets de recherche appliquée, offrent de l'aide technique et de l'information aux entreprises, en particulier aux petites et moyennes entreprises, et contribuent à la formation dans leur domaine de spécialisation.
Par ces centres et par ses propres activités, le cégep participe à l'écosystème d'innovation de la région maskoutaine, où l'agroalimentaire occupe une place importante. Ces activités offrent aussi au personnel enseignant et aux étudiants des occasions de contribuer à des projets menés avec des partenaires industriels.
Gouvernance
Comme tous les collèges publics, le Cégep de Saint-Hyacinthe est une personne morale régie par la Loi sur les collèges d'enseignement général et professionnel. Son conseil d'administration exerce les pouvoirs prévus par cette loi : il adopte les orientations, les politiques et les règlements de l'établissement, approuve le budget et nomme la direction générale.
La composition du conseil d'administration est fixée par la loi et réunit notamment des membres issus du milieu socioéconomique et des entreprises de la région, des représentants des parents, des étudiants, du personnel enseignant, du personnel professionnel et du personnel de soutien, ainsi que des titulaires de diplômes du cégep. La direction générale et la direction des études y siègent d'office.
Le cégep dispose également d'une commission des études, instance consultative chargée de conseiller le conseil d'administration sur les questions pédagogiques, notamment les programmes d'études et l'évaluation des apprentissages. L'établissement publie sur son site institutionnel les renseignements relatifs à ses instances.
Enquête administrative de 2024
En 2024, le ministère de l'Enseignement supérieur a mené une enquête administrative portant sur l'administration et le fonctionnement du Cégep de Saint-Hyacinthe. Les travaux ont porté notamment sur la gouvernance de l'établissement et sur son climat organisationnel.
Le ministère a rendu public le rapport d'enquête et a publié des recommandations adressées au cégep. Ces documents sont accessibles parmi les publications et les réponses aux demandes d'accès à l'information diffusées par le ministère pour l'année 2024.
La Loi sur les collèges d'enseignement général et professionnel permet au ministre responsable de l'Enseignement supérieur de faire enquêter sur l'administration ou le fonctionnement d'un collège public, puis de formuler des recommandations ou de prendre les mesures que la loi prévoit. Le recours à ce type d'enquête demeure relativement rare dans le réseau collégial et vise à rétablir le fonctionnement normal des instances d'un établissement.