Origine et dénomination
La circonscription d'Abitibi-Ouest voit le jour en 1944, lorsque la circonscription d'Abitibi, créée en 1922, est subdivisée. Elle englobe notamment les villes d'Amos et de La Sarre, deux pôles de services du nord-ouest québécois.
Le toponyme Abitibi provient des mots algonquins âpihtô (« la moitié ») et nipi (« eau ») et signifie « eau mitoyenne, là où l'eau se rencontre à mi-chemin ». Il renvoie à la position du lac Abitibi sur la ligne de partage des eaux entre les bassins hydrographiques du Saint-Laurent et de la baie James. Le mot désigne également un groupe d'Algonquins établi du côté ontarien du lac Abitibi, à mi-chemin entre les postes de traite de la baie d'Hudson et de l'Outaouais.
Dès le XVIIe siècle, le territoire abitibien est un lieu privilégié de la traite des fourrures et le théâtre de rivalités commerciales entre Français et Anglais. La construction du chemin de fer transcontinental, entre 1909 et 1912, ouvre la région au peuplement et marque le début de la colonisation de l'Abitibi, étroitement liée à l'exploitation minière et forestière. Cette trame historique explique la structure actuelle du territoire électoral : un semis de petites municipalités agroforestières autour de deux centres urbains, Amos et La Sarre.
Limites et territoire
Selon la description officielle d'Élections Québec (carte de 2017), la circonscription d'Abitibi-Ouest comprend les municipalités suivantes : Amos (V), Authier (M), Authier-Nord (M), Barraute (M), Berry (M), Champneuf (M), Chazel (M), Clermont (CT), Clerval (M), Duparquet (V), Dupuy (M), Gallichan (M), La Corne (M), La Morandière (M), La Motte (M), Landrienne (CT), La Reine (M), La Sarre (V), Launay (CT), Macamic (V), Normétal (M), Palmarolle (M), Poularies (M), Preissac (M), Rapide-Danseur (M), Rochebaucourt (M), Roquemaure (M), Saint-Dominique-du-Rosaire (M), Saint-Félix-de-Dalquier (M), Sainte-Germaine-Boulé (M), Sainte-Gertrude-Manneville (M), Sainte-Hélène-de-Mancebourg (P), Saint-Lambert (P), Saint-Marc-de-Figuery (P), Saint-Mathieu-d'Harricana (M), Taschereau (M), Trécesson (CT) et Val-Saint-Gilles (M).
Elle comprend aussi la réserve indienne de Pikogan, ainsi que les territoires non organisés de Lac-Chicobi, Lac-Despinassy, Lac-Duparquet et Rivière-Ojima.
Les municipalités de La Morandière et de Rochebaucourt, mentionnées séparément dans la description officielle, ont depuis été regroupées sous le nom de La Morandière-Rochebaucourt. Le territoire de la circonscription se répartit entre les MRC d'Abitibi (Amos, Barraute, Berry, Landrienne, Preissac, Trécesson, entre autres) et d'Abitibi-Ouest (La Sarre, Macamic, Duparquet, Palmarolle, Normétal, entre autres), toutes deux dans la région administrative de l'Abitibi-Témiscamingue.
Abitibi-Ouest couvre 11 516,77 km² et sa densité de population s'établit à 3,93 habitants par kilomètre carré.
Démographie
D'après les données du recensement de 2021 compilées par Élections Québec, la circonscription compte 45 290 habitants et 35 359 électeurs inscrits.
| Indicateur (recensement de 2021) | Valeur |
|---|---|
| Population totale | 45 290 |
| Électeurs inscrits | 35 359 |
| Superficie | 11 516,77 km² |
| Densité | 3,93 hab./km² |
| 0 à 9 ans | 10,9 % |
| 10 à 19 ans | 11,4 % |
| 20 à 29 ans | 9,9 % |
| 70 à 79 ans | 9,9 % |
| 80 ans et plus | 4,4 % |
| Hommes | 51,0 % |
| Femmes | 49,0 % |
| Anglais parlé à la maison | 1,1 % |
| Aucun certificat, diplôme ou grade | 28,9 % |
Selon les indicateurs publiés, 1,1 % de la population parle anglais à la maison. Les personnes de moins de 20 ans représentent 22,3 % de la population, tandis que celles de 70 ans et plus en représentent 14,3 %. La proportion de personnes sans certificat, diplôme ni grade s'établit à 28,9 %.a forêt.
Source : Élections Québec, à partir du Recensement du Canada de 2021 (Statistique Canada).
Évolution des limites
La circonscription a été redéfinie à plusieurs reprises par la Commission de la représentation électorale du Québec :
- 1972 : formation d'une nouvelle circonscription d'Abitibi-Ouest à partir d'une partie de l'ancienne Abitibi-Est et d'une partie de l'ancienne Abitibi-Ouest.
- 1980 : nouvelle délimitation réunissant une partie d'Abitibi-Est (433 électeurs), une partie d'Abitibi-Ouest (28 273 électeurs) et une partie de Rouyn-Noranda (1 068 électeurs).
- 1985 : nouvelle délimitation formée d'une partie d'Abitibi-Ouest (31 218 électeurs) et d'une partie de Rouyn-Noranda–Témiscamingue (aucun électeur).
- 1988 et 1992 : limites identiques aux précédentes.
- 2001 : circonscription formée d'une partie de l'ancienne Abitibi-Ouest (33 274 électeurs).
- 2011 : circonscription formée d'une partie d'Abitibi-Ouest (32 585 électeurs) et d'une partie d'Abitibi-Est (1 506 électeurs).
- 2017 : délimitation identique à celle de 2011 ; c'est la carte en vigueur pour la fiche officielle de la circonscription.
La circonscription se distingue par sa faible densité de population et par l'étendue de son territoire.
Représentation à l'Assemblée nationale
La circonscription est représentée par Suzanne Blais, de la Coalition avenir Québec, élue lors de l'élection générale de 2018 et réélue en 2022. À l'élection générale de 2022, elle a recueilli 10 399 voix, devant Samuel Doré (Parti québécois), Alexis Lapierre (Québec solidaire), François Vigneault (Parti conservateur du Québec) et Guy Bourgeois (Parti libéral du Québec).
Abitibi-Ouest a longtemps constitué un bastion du Parti québécois, qui y a remporté tous les scrutins documentés ici de 1976 à 2012 inclusivement. La Coalition avenir Québec a remporté la circonscription en 2018. Les libéraux y avaient auparavant obtenu des victoires nettes, notamment en 1970 et en 1973.
Résultats électoraux
Élection générale de 2022
Suzanne Blais, de la Coalition avenir Québec, a été réélue avec 10 399 voix. Elle devançait Samuel Doré (Parti québécois), Alexis Lapierre (Québec solidaire), François Vigneault (Parti conservateur du Québec) et Guy Bourgeois (Parti libéral du Québec). Les résultats détaillés des autres candidatures ne figurent pas dans les données disponibles ici.
Élection générale de 2012
| Parti | Voix | % |
|---|---|---|
| Parti québécois | 12 066 | 64,45 |
| Parti libéral du Québec | 4 399 | 23,50 |
| Québec solidaire | 1 260 | 6,73 |
| Autres (Option nationale) | 997 | 5,33 |
| Votes valides | 18 722 |
Élection générale de 2008
| Parti | Voix | % |
|---|---|---|
| Parti québécois | 10 597 | 57,32 |
| Parti libéral du Québec | 5 317 | 28,76 |
| Action démocratique du Québec | 2 198 | 11,89 |
| Autres | 375 | 2,03 |
| Votes valides | 18 487 |
Élection générale de 2007
| Parti | Voix | % |
|---|---|---|
| Parti québécois | 10 983 | 48,38 |
| Action démocratique du Québec | 5 529 | 24,35 |
| Parti libéral du Québec | 5 376 | 23,68 |
| Québec solidaire | 814 | 3,59 |
| Votes valides | 22 702 |
Scrutins antérieurs
| Année | Parti vainqueur | Voix du vainqueur | % | Votes valides |
|---|---|---|---|---|
| 2003 | Parti québécois | 9 677 | 45,44 | 21 298 |
| 1998 | Parti québécois | 14 733 | 59,48 | 24 770 |
| 1994 | Parti québécois | 17 391 | 74,37 | 23 384 |
| 1989 | Parti québécois | 15 588 | 67,40 | 23 129 |
| 1985 | Parti québécois | 10 859 | 54,85 | 19 799 |
| 1981 | Parti québécois | 16 033 | 65,14 | 24 614 |
| 1976 | Parti québécois | 8 533 | 53,13 | 16 062 |
| 1973 | Parti libéral du Québec | 9 963 | 74,43 | 13 386 |
| 1970 | Parti libéral du Québec | 4 683 | 64,81 | 7 226 |
D'autres scrutins généraux ont eu lieu dans la circonscription depuis sa création, avec 9 728 votes valides en 1966, 11 816 en 1962, 11 976 en 1960, 12 253 en 1956, 12 172 en 1952, 11 137 en 1948 et 8 112 en 1944.
Contexte régional
Abitibi-Ouest est l'une des circonscriptions de l'Abitibi-Témiscamingue, aux côtés d'Abitibi-Est et de Rouyn-Noranda–Témiscamingue. Son économie s'appuie sur l'exploitation minière, la forêt et la transformation du bois, l'agriculture des plaines argileuses et les services publics concentrés à Amos et à La Sarre.
Le territoire comprend la communauté anichinabée de Pikogan, établie près d'Amos, ainsi que quatre territoires non organisés qui couvrent de vastes espaces peu habités. La combinaison d'un territoire étendu, d'une population dispersée et d'un nombre d'électeurs inférieur à la moyenne provinciale alimente régulièrement les débats publics sur la représentation des régions ressources dans la carte électorale du Québec, révisée périodiquement par la Commission de la représentation électorale.