Situation géographique
Le lac Walker se trouve dans la région administrative de la Côte-Nord, à l'intérieur des terres, à une vingtaine de kilomètres de la ville de Port-Cartier. Il relève du territoire non organisé de Lac-Walker, qui porte son nom, dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Sept-Rivières. La Commission de toponymie du Québec situe le lac aux coordonnées 50,31768° N et 67,16066° O.
Le plan d'eau est compris dans la réserve faunique de Port-Cartier–Sept-Îles, vaste territoire qui s'étend dans l'arrière-pays des villes de Port-Cartier et de Sept-Îles. Cette réserve faunique constitue le cadre principal d'accès au lac et de gestion des activités qui s'y déroulent.
Le lac occupe une vallée étroite orientée selon l'axe général du relief du plateau laurentien dans ce secteur. Sa surface se situe à une altitude d'environ 100 m, ce qui le place relativement près du niveau du fleuve Saint-Laurent malgré sa position à l'intérieur des terres. Le paysage environnant est dominé par la forêt boréale et par des versants rocheux qui s'élèvent nettement au-dessus du plan d'eau, donnant au lac l'allure d'un fjord intérieur.
Géomorphologie et bathymétrie
Le lac Walker est un lac de vallée glaciaire. Comme de nombreux plans d'eau du Bouclier canadien, il doit sa forme à l'action érosive des glaciers, qui ont surcreusé une vallée préexistante lors des glaciations du Quaternaire. Il en résulte un bassin allongé, long d'environ 33 km et relativement étroit, bordé de parois escarpées.
Profondeur
En 2011, une campagne hydrographique a permis de cartographier le fond du lac et d'y mesurer une profondeur maximale de 280 m. L'Institut national de la recherche scientifique (INRS) a alors présenté le lac Walker comme le lac naturel le plus profond du Québec. Cette mesure a été largement relayée dans les médias québécois, notamment par La Presse en août 2011.
Compte tenu d'une altitude de surface d'environ 100 m, la partie la plus profonde du bassin se situe sous le niveau de la mer, une caractéristique propre aux vallées fortement surcreusées par les glaces, à l'image des fjords côtiers.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Longueur | environ 33 km |
| Altitude de la surface | environ 100 m |
| Profondeur maximale (mesure de 2011) | 280 m |
| Origine | vallée glaciaire |
Toponymie
Le nom officiel du lac rappelle l'amiral britannique Hovenden Walker, commandant de l'expédition navale lancée en 1711 contre Québec, capitale de la Nouvelle-France. Cette expédition s'est soldée par un échec après le naufrage de plusieurs navires de la flotte dans le golfe du Saint-Laurent, au large de la Côte-Nord, avant même d'atteindre Québec. La Commission de toponymie du Québec rattache explicitement le nom du lac à ce personnage et à cet épisode.
Le lac a été désigné sous plusieurs autres noms au fil du temps :
- lac Moteghats ;
- Tshishe Muteshekau, appellation d'origine innue ;
- lac Thirty Mile, allusion probable à sa grande longueur ;
- lac Cache-Deux.
Le nom du lac a également été repris pour désigner le territoire non organisé de Lac-Walker, entité administrative de la MRC de Sept-Rivières. Selon l'usage toponymique québécois, le nom de l'entité administrative s'écrit avec un trait d'union (Lac-Walker), alors que celui du plan d'eau s'écrit sans trait d'union et avec un générique en minuscule (lac Walker).
Occupation du territoire et usages
Le lac Walker et ses rives sont associés aux activités de plein air et de villégiature. Sa situation dans la réserve faunique de Port-Cartier–Sept-Îles en fait un lieu fréquenté pour la pêche, le canot, le kayak et le séjour en nature, dans un paysage de vallée encaissée qui attire les amateurs d'activités nautiques et de randonnée.
La réserve faunique encadre l'accès au territoire ainsi que la pratique des activités de prélèvement faunique et de villégiature. Le lac se trouve dans l'arrière-pays de Port-Cartier, ville portuaire et industrielle de la Côte-Nord, ce qui le rend relativement accessible depuis la route 138 qui longe le littoral.
Le territoire environnant s'inscrit par ailleurs dans l'espace fréquenté historiquement par les Innus, comme en témoigne l'appellation Tshishe Muteshekau. Le magazine Géo Plein Air a consacré un reportage au lac en le qualifiant de « fjord intérieur de la Côte-Nord », une expression qui résume la perception du site dans les milieux du plein air.
Conservation et projet de parc national
Le lac Walker et son bassin font l'objet d'un projet de parc national, désigné sous le nom de parc national du Lac-Walker. Ce projet est soutenu notamment par Environnement Côte-Nord, conseil régional de l'environnement, ainsi que par la Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec (SNAP Québec), qui mettent en avant le caractère exceptionnel de la vallée glaciaire et la valeur écologique du territoire.
Selon SNAP Québec, le projet a été suspendu par le gouvernement du Québec en 2020. En 2022, La Presse faisait état de la volonté régionale de voir naître ce nouveau parc national sur la Côte-Nord.
La création d'un parc national au Québec relève de la Loi sur les parcs et du réseau des parcs nationaux administré par la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq). Le statut de parc national, s'il était accordé, se distinguerait de celui de réserve faunique, qui encadre actuellement le territoire et autorise notamment la chasse et la pêche selon les règles en vigueur.