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Géologie

Faille de Destor-Porcupine

La faille de Destor-Porcupine, aussi appelée faille de Porcupine-Destor ou zone de déformation de Destor-Porcupine, est une grande structure tectonique archéenne de la Sous-province de l'Abitibi, dans la Province du Supérieur. Orientée globalement est-ouest, elle se prolonge depuis l'Ontario jusqu'en Abitibi-Témiscamingue, où elle traverse notamment les secteurs de Duparquet et de Destor. Elle forme un couloir de déformation et de cisaillement ramifié qui sépare des ensembles volcaniques distincts. Elle constitue l'un des principaux métallotectes aurifères de l'Abitibi.

Dénomination et définition

Le nom de la structure associe deux régions où elle a été reconnue : le district de Porcupine, autour de Timmins, dans le nord-est de l'Ontario, et le canton de Destor, au nord de Rouyn-Noranda, au Québec. L'ordre des deux termes varie selon les publications : on rencontre « faille de Porcupine-Destor », « faille de Destor-Porcupine », « zone de déformation de Porcupine-Destor » et, dans certains travaux qui prolongent la structure vers l'est, « Porcupine-Destor-Manneville ».

Le mot « faille » est employé par commodité. Dans la littérature géologique québécoise, la structure est plutôt décrite comme une zone de déformation ou un couloir de cisaillement : dans plusieurs secteurs, elle ne correspond pas à un plan de rupture unique, mais à une bande de roches déformées, large et ramifiée, composée de plusieurs failles et zones de cisaillement parallèles ou anastomosées.

Géologie Québec, dans ses travaux de cartographie de la région de Barraute, distingue par ailleurs le chevauchement de Manneville de failles plus tardives associées à l'épisode de déformation Destor-Porcupine, même si ces structures peuvent se superposer dans l'espace. Cette distinction explique une partie des variations de nomenclature d'une publication à l'autre.

Localisation et tracé

La faille de Destor-Porcupine traverse la partie sud de la Sous-province de l'Abitibi. Les sources géologiques québécoises lui attribuent une longueur d'environ 200 km entre l'Ontario et le Québec, la longueur retenue dépendant des segments et des prolongements que chaque auteur y rattache.

En Ontario

La structure prend naissance dans la région de Timmins, berceau du camp aurifère de Porcupine, puis se poursuit vers l'est en direction de la frontière interprovinciale.

Au Québec

Au Québec, la structure entre en Abitibi-Témiscamingue au sud du lac Abitibi et traverse notamment :

  • le secteur de Duparquet, dans la MRC d'Abitibi-Ouest ;
  • le canton de Destor, au nord de Rouyn-Noranda ;
  • des secteurs plus orientaux, en direction d'Aiguebelle et de la région de Barraute, où la question de son raccordement avec d'autres structures régionales, comme le chevauchement de Manneville, fait l'objet d'interprétations diverses.

Dans les secteurs de Duparquet et de Destor, la structure s'oriente généralement est-ouest à est-sud-est–ouest-nord-ouest. Elle est grossièrement parallèle à l'autre grande structure aurifère du sud de l'Abitibi, la faille de Cadillac (ou de Larder Lake-Cadillac), située plus au sud, près de Rouyn-Noranda, de Malartic et de Val-d'Or.

Contexte géologique

La faille de Destor-Porcupine recoupe la ceinture de roches vertes de l'Abitibi, l'une des plus vastes ceintures volcano-sédimentaires archéennes du monde, qui fait partie de la Province du Supérieur, noyau ancien du Bouclier canadien. Les roches qu'elle déforme datent du Néoarchéen.

Dans le secteur de Duparquet et de Destor, la zone de déformation sépare des ensembles volcaniques archéens distincts :

Position par rapport à la failleEnsembles rencontrés
Au sudGroupe de Blake River
Au nordGroupe de Kinojévis ou Groupe de Stoughton-Roquemaure, selon le secteur et les unités considérées

Le Groupe de Blake River, qui renferme notamment les gisements de sulfures massifs volcanogènes du camp de Rouyn-Noranda, se trouve ainsi au sud de la structure. Au nord, les roches volcaniques mafiques et ultramafiques des groupes de Kinojévis et de Stoughton-Roquemaure dominent.

Comme ailleurs dans le sud de l'Abitibi, le long de grandes failles régionales, des roches sédimentaires détritiques (conglomérats et grès) et des intrusions alcalines, notamment des syénites, sont associées à la structure dans certains secteurs, en particulier près de Duparquet. Les roches de la région ont subi un métamorphisme régional généralement de faible intensité, principalement au faciès des schistes verts, dont les conditions et la chronologie ont été étudiées dans le sud de la ceinture de l'Abitibi.

Structure et déformation

La faille de Destor-Porcupine est une zone de cisaillement ductile à ductile-fragile. Les roches qui s'y trouvent présentent typiquement une schistosité intense, des fabriques mylonitiques ou des zones de schistes à carbonates et à séricite, selon la nature du protolithe et l'intensité de la déformation.

Géométrie

La largeur du couloir de déformation varie d'un secteur à l'autre. Par endroits, la déformation se concentre dans une bande relativement étroite ; ailleurs, elle se répartit entre plusieurs branches et failles subsidiaires. Ces ramifications, souvent d'importance secondaire à l'échelle régionale, revêtent une importance particulière pour l'exploration minérale, car elles peuvent canaliser les fluides minéralisateurs.

Histoire de la déformation

La structure a connu une histoire polyphasée, au cours de la tectonique néoarchéenne qui a façonné la Sous-province de l'Abitibi. Des travaux de modélisation des paléocontraintes réalisés le long de la faille au Québec ont cherché à reconstituer l'orientation des contraintes responsables des mouvements successifs. Les interprétations publiées font état de régimes de déformation compressifs et décrochants, dont la chronologie relative et l'importance respective restent discutées.

La distinction établie par Géologie Québec entre le chevauchement de Manneville et des failles tardives associées à l'épisode Destor-Porcupine illustre le caractère composite de la structure : un même couloir peut avoir été réactivé à plusieurs reprises, sous des régimes tectoniques différents.

Minéralisation aurifère

La faille de Destor-Porcupine est l'un des principaux métallotectes aurifères de l'Abitibi. En Ontario, le camp de Timmins, l'un des plus importants districts aurifères du Canada, se situe le long de la structure. Au Québec, plusieurs gisements et anciennes mines se trouvent le long de la faille ou de ses ramifications, dont :

  • la mine Beattie, dans le secteur de Duparquet ;
  • la mine Duquesne, dans le secteur de Destor ;
  • la mine Yvan Vézina.

Ces gisements appartiennent pour l'essentiel à la catégorie des gisements d'or orogénique, ou gisements d'or associés à des zones de cisaillement, typiques des ceintures de roches vertes archéennes. Le modèle généralement admis attribue la mise en place de l'or à la circulation de fluides hydrothermaux le long des grandes zones de déformation et de leurs structures secondaires. Dans le secteur de Duparquet, la présence d'intrusions syénitiques associées à certaines minéralisations a aussi orienté les modèles d'exploration.

L'association spatiale entre la faille et l'or ne signifie pas que la structure soit minéralisée de façon continue : les gisements se concentrent dans des sites structuraux favorables, tels que les inflexions, les intersections avec des failles secondaires ou les contacts avec des roches compétentes ou réactives.

La structure demeure une cible de prospection active. De nombreux rapports de travaux statutaires déposés auprès du ministère responsable des ressources naturelles (cartographie, levés géophysiques, lithogéochimie, campagnes de forage) portent sur des propriétés situées dans les cantons de Destor, de Duparquet et d'Aiguebelle, ainsi que sur la propriété Duquesne Ouest.

Connaissance et cartographie

La reconnaissance de la faille de Destor-Porcupine est étroitement liée à l'histoire minière de l'Abitibi. Les premières cartographies géologiques régionales réalisées par le service géologique du Québec dans les secteurs du lac Dufresnoy et de la rivière Dalembert, au nord de Rouyn-Noranda, ont documenté les roches déformées du secteur de Destor. La découverte de l'or à Timmins, au début du XXe siècle, puis la mise en valeur des gisements de Duparquet et de Destor ont progressivement fait apparaître la continuité de la structure de part et d'autre de la frontière interprovinciale.

Au Québec, la connaissance de la faille repose sur plusieurs types de travaux :

  • les cartes et rapports géologiques publiés par le ministère responsable des ressources naturelles et diffusés par l'intermédiaire de Géologie Québec et du système SIGÉOM ;
  • les bulletins géologiques récents, comme ceux des régions d'Amos et de Barraute Ouest, qui précisent les relations entre la structure et les autres failles régionales ;
  • les rapports de travaux statutaires (documents « GM ») produits par les sociétés d'exploration ;
  • les travaux universitaires et de la Commission géologique du Canada portant sur le métamorphisme, la tectonique et la métallogénie du sud de l'Abitibi.

Ces travaux successifs ont transformé l'image d'une faille linéaire unique en celle d'un couloir de déformation complexe, réactivé à plusieurs reprises et ramifié, dont la nomenclature et les limites varient selon les auteurs.

Sources

  1. Géologie Québec, modélisation des paléocontraintes le long de la faille Porcupine-Destor, CR 2004-04
  2. Géologie Québec, Bulletin géologique BG 2018-05, région de Barraute Ouest
  3. Géologie Québec, Bulletin géologique BG 2020-06, région d'Amos
  4. Géologie Québec, rapport géologique sur le projet Duparquet et la propriété Hunter, GM 73983
  5. Géologie Québec, rapport de cartographie et de forage, propriété Duquesne Ouest, GM 51554
  6. Géologie Québec, Geological Mapping, Destor Property, GM 46915
  7. Géologie Québec, Evaluation Report, Destor Township, GM 41376
  8. Géologie Québec, rapport lithogéochimique sur la propriété Destor, GM 69308
  9. Géologie Québec, rapport sur la propriété Aiguebelle, GM 56829
  10. Géologie Québec, Preliminary Report on Dalembert River–Dufresnoy Lake Area, RP 275(A)
  11. Conditions and timing of metamorphism in the southern Abitibi greenstone belt, Quebec, Revue canadienne des sciences de la Terre
  12. Savoirs.Québec, Sous-province de l'Abitibi
  13. Commission géologique du Canada, travaux sur la métallogénie de l'or de la ceinture de l'Abitibi

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Géologie Québec, levés géophysiques et campagne de sondages 1996, GM 54167
  2. Géologie Québec, Bulletin géologique BG 2018-05, West of Barraute
  3. Présentation PowerPoint
  4. Formation de Lanaudière – en - Géologie Québec
  5. GM 28943
  6. Formation de Caste - Géologie Québec

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : faille de destor-porcupine, zone de déformation, cisaillement, abitibi, province du supérieur, or orogénique, duparquet, destor, archéen

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