Désignation et statut
L'appellation « faille de Marsolet » désigne une faille régionale qui longerait la bordure de la plate-forme du Saint-Laurent et du graben du Saguenay, dans Charlevoix. Les cartes géologiques publiées par le gouvernement du Québec, notamment la Carte géologique du Québec (éditions 2012 et 2022), ainsi que les données du Système d'information géominière (SIGÉOM), représentent les principales failles de la province et constituent la référence pour leur nomenclature. Les inventaires de failles et de linéaments de la Commission géologique du Canada portant sur les régions de Québec, de Charlevoix et du Saguenay–Lac-Saint-Jean jouent un rôle comparable.
Aucune localisation précise, aucun âge et aucun mouvement ne sont associés à cette appellation dans ces références. Le nom ne peut donc pas être rattaché à une structure cartographiée en particulier. Il peut relever d'une désignation locale, ancienne ou informelle.
Les failles de ce secteur qui sont reconnues et nommées comprennent notamment :
- la faille de Montmorency, près de Québec ;
- les failles longitudinales du système du Saint-Laurent, qui suivent l'axe de l'estuaire ;
- les failles bordières du graben du Saguenay.
Contexte géologique régional
La région de Charlevoix se trouve à la rencontre de deux grands ensembles géologiques.
Province de Grenville
Au nord, le socle appartient à la province de Grenville. Ce socle est formé de roches métamorphiques et intrusives de l'ère protérozoïque, déformées lors de l'orogenèse grenvillienne, il y a environ un milliard d'années.
Plate-forme du Saint-Laurent
Au sud, des roches sédimentaires paléozoïques peu déformées de la plate-forme du Saint-Laurent reposent en discordance sur ce socle. Ces roches comprennent des grès, des calcaires et des shales. Le contact entre les deux ensembles est souvent marqué par des failles normales.
Plus au sud-est s'étendent les Appalaches, que la ligne de Logan sépare de la plate-forme. Cette disposition donne au couloir du Saint-Laurent une architecture en gradins. Des blocs du socle s'y abaissent progressivement vers l'estuaire le long de failles plus ou moins parallèles au fleuve. Dans Charlevoix, ce découpage se combine aux effets de l'impact météoritique qui a façonné la structure de Charlevoix. Il en résulte un relief où alternent hautes terres grenvilliennes et basses terres sédimentaires en bordure de l'estuaire.
Système de rift du Saint-Laurent et graben du Saguenay
Les failles qui bordent la plate-forme du Saint-Laurent dans Charlevoix appartiennent à un système de rift lié à l'ouverture de l'océan Iapetus. Cette ouverture s'est produite à la fin du Néoprotérozoïque et au début du Paléozoïque. Des failles normales se sont alors formées le long de la marge du continent laurentien, et l'une des branches de ce système a donné naissance au graben du Saguenay.
Le graben du Saguenay est un fossé d'effondrement orienté approximativement d'ouest-nord-ouest à est-sud-est. Il est limité par des failles bordières, et la vallée du Saguenay ainsi que la région du lac Saint-Jean en épousent en partie la forme. Il rejoint le couloir du Saint-Laurent à la hauteur de Tadoussac. On l'interprète généralement comme un bras de rift avorté rattaché au système du Saint-Laurent.
Ces failles anciennes ont été réactivées à plusieurs reprises au cours des temps géologiques. Elles constituent aujourd'hui des zones de faiblesse de la croûte. Une faille régionale bordant à la fois la plate-forme et le graben du Saguenay s'inscrirait dans cette famille de structures normales héritées du rift.
Sismicité de Charlevoix
La région de Charlevoix forme, avec la rive sud de l'estuaire vers Kamouraska, la zone sismique de Charlevoix–Kamouraska. Il s'agit de l'une des régions les plus actives sur le plan sismique dans l'est du Canada. Plusieurs séismes historiques importants s'y sont produits :
| Année | Événement |
|---|---|
| 1663 | Séisme ressenti dans toute la vallée du Saint-Laurent |
| 1925 | Séisme de Charlevoix–Kamouraska, de magnitude estimée à environ 6,2 |
Les chercheurs attribuent cette activité à la réactivation des failles du rift du Saint-Laurent. Ces failles subissent les contraintes actuelles de la croûte nord-américaine dans un secteur affaibli par l'impact de Charlevoix. Ressources naturelles Canada surveille la sismicité régionale, et les inventaires de failles et de linéaments de la Commission géologique du Canada servent à l'évaluation de l'aléa sismique. Aucun lien précis entre l'appellation « faille de Marsolet » et des séismes particuliers n'est établi.
Origine du nom
Le nom Marsolet renvoie à Nicolas Marsolet, interprète et commerçant actif au début de la Nouvelle-France, dans la première moitié du XVIIe siècle. La Commission de toponymie du Québec répertorie une seigneurie Marsolet sur le territoire de Bécancour, dans la région administrative du Centre-du-Québec, sur la rive sud du Saint-Laurent.
Cette seigneurie est située à une distance considérable de Charlevoix, dans les basses terres du Saint-Laurent, en amont de Québec. Son existence ne permet pas, à elle seule, d'établir l'origine de l'appellation géologique ni de situer la faille. Dans la nomenclature géologique québécoise, les failles portent généralement le nom d'un élément géographique voisin, comme une rivière, un lac, une localité ou une ancienne seigneurie. On peut citer la faille de Montmorency ou la faille du Saint-Maurice. Le rattachement du nom Marsolet à une entité toponymique proche d'une faille cartographiée reste à documenter.