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Géologie

Mine Canadian Malartic

La mine Canadian Malartic est une mine d'or à ciel ouvert située dans la ville de Malartic, en Abitibi-Témiscamingue, à environ 25 km à l'ouest de Val-d'Or. Elle exploite un gisement aurifère disséminé à faible teneur, encaissé dans les métasédiments du Groupe de Pontiac et dans des intrusions porphyriques, près de la grande zone de faille de Cadillac, dans la partie sud de la ceinture de roches vertes de l'Abitibi. Exploité de façon souterraine de 1935 à 1965, puis remis en production en fosse à partir de 2011, le gisement compte parmi les principales sources d'or au Canada.

Situation

La mine Canadian Malartic occupe la bordure sud de la ville de Malartic, dans la municipalité régionale de comté de La Vallée-de-l'Or, en Abitibi-Témiscamingue. Elle se trouve à environ 25 km à l'ouest de Val-d'Or et à proximité de la route 117, principal axe routier reliant l'Abitibi au sud du Québec.

Le site fait partie du district minier de Val-d'Or–Malartic, l'un des plus anciens et des plus productifs secteurs aurifères de la province. Plusieurs anciennes mines souterraines jalonnent les environs immédiats, notamment les mines East Malartic, Malartic Gold Fields, Barnat et Sladen, dont certaines minéralisations se trouvent aujourd'hui intégrées au périmètre de l'exploitation moderne.

La fosse à ciel ouvert, creusée à quelques centaines de mètres des quartiers résidentiels, a profondément modifié le paysage et l'organisation urbaine de Malartic. Le projet d'exploitation a entraîné le déplacement d'un quartier du sud de la ville, puis, lors de l'agrandissement, la déviation d'un tronçon de la route 117.

Cadre géologique

Le gisement appartient à la Province géologique du Supérieur, le plus vaste ensemble de roches archéennes du Bouclier canadien. Il se situe dans la partie sud-est de la ceinture de roches vertes de l'Abitibi, près de sa limite avec la sous-province de Pontiac.

Unités stratigraphiques

  • Groupe de Pontiac : séquence de métasédiments (grauwackes, siltstones et mudstones métamorphisés) qui forme l'essentiel des roches encaissantes au sud de la mine.
  • Groupe de Piché : bande étroite de métavolcanites mafiques à ultramafiques, souvent fortement schistosées et altérées, qui jalonne la zone de faille.
  • Groupe de Malartic : assemblage volcanique situé au nord, composé surtout de roches volcaniques ultramafiques et mafiques.
  • Intrusions porphyriques : petits corps et dykes de porphyre feldspathique, décrits comme syénitiques à monzodioritiques, qui recoupent les grauwackes.

Contexte structural

Le gisement est localisé près du contact entre les métasédiments du Pontiac et les métavolcanites du Groupe de Piché, à faible distance au sud de la zone de faille de Cadillac–Larder Lake. Cette grande structure crustale, longue de plusieurs centaines de kilomètres, contrôle la répartition de nombreux gisements aurifères de l'Abitibi, de Kirkland Lake en Ontario jusqu'à Val-d'Or. Les failles et zones de cisaillement secondaires qui s'y rattachent ont servi de conduits aux fluides minéralisateurs.

Minéralisation

La minéralisation aurifère de Canadian Malartic est de type disséminé : l'or, généralement très fin, est associé à de la pyrite répartie dans de grands volumes de roches altérées, plutôt que concentré dans des filons de quartz bien définis. Cette caractéristique explique la faible teneur moyenne du gisement, compensée par un tonnage très élevé.

Les roches hôtes principales sont les grauwackes du Groupe de Pontiac et le porphyre intrusif. L'or se concentre le long du contact entre ces deux lithologies et dans des zones de fracturation, de cisaillement et de bréchification. Les roches minéralisées présentent des altérations hydrothermales marquées, notamment potassiques, carbonatées et siliceuses, accompagnées de pyrite disséminée.

Les travaux historiques ont reconnu plusieurs lentilles minéralisées, dont les zones Gouldie, Gilbert, P et F. L'exploitation souterraine du XXe siècle ciblait surtout les portions à plus forte teneur de ces lentilles, laissant en place d'importants volumes de roche faiblement minéralisée.

Le gisement a été qualifié de péri-granitique dans un mémoire de l'Université du Québec à Montréal, qui a eu recours à la modélisation tridimensionnelle pour étudier la géométrie du contact entre le porphyre et les grauwackes, la distribution de l'or et les altérations associées. Le lien génétique exact entre les intrusions, les structures et la minéralisation demeure un sujet de recherche dans le district.

Histoire de l'exploitation

Période moderne (depuis les années 2000)

Au cours des années 2000, la société Osisko a réévalué le potentiel des vastes volumes de roche à faible teneur laissés par les anciennes exploitations. Le projet d'une grande fosse à ciel ouvert a été soumis à une évaluation environnementale, puis mis en œuvre ; la production commerciale a débuté en 2011. En 2014, la mine a été acquise conjointement par Agnico Eagle et Yamana Gold, qui l'ont exploitée en partenariat. En 2023, Agnico Eagle est devenue l'unique propriétaire de l'exploitation.

Un projet d'agrandissement de la fosse, comprenant la déviation de la route 117, a fait l'objet d'une audience du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) avant d'être autorisé. Le développement d'une exploitation souterraine, connue sous le nom d'Odyssey, a par la suite été entrepris afin de prolonger la vie du complexe minier en profondeur.

Période historique (1923-1965)

La présence d'or dans le secteur a été reconnue en 1923. La mine Canadian Malartic, exploitée par voie souterraine, a été en production de 1935 à 1965. Le Service des mines de Québec en décrivait déjà les travaux dans son rapport annuel de 1934. L'essor des mines de Malartic au cours des années 1930 a donné naissance à la ville elle-même, organisée autour de l'activité minière.

Enjeux environnementaux et sociaux

L'implantation d'une fosse de grande dimension en bordure d'un milieu urbain constitue la particularité la plus discutée de la mine Canadian Malartic. Le projet initial a nécessité la relocalisation d'un quartier situé au sud de la ville, les résidences ayant été déplacées ou reconstruites dans d'autres secteurs de Malartic.

Les questions soulevées au fil des évaluations environnementales portent notamment sur :

  • les poussières, le bruit et les vibrations associés aux sautages ;
  • la gestion des stériles et des résidus miniers ;
  • la qualité de l'eau et de l'air dans le voisinage ;
  • la cohabitation entre l'exploitation et la population riveraine.

Le projet d'agrandissement et de déviation de la route 117 a été examiné par le BAPE, puis encadré par le ministère de l'Environnement du Québec, en vertu de la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement prévue par la Loi sur la qualité de l'environnement. Ces documents fournissent surtout un cadre administratif et réglementaire, la caractérisation géologique détaillée relevant principalement des publications de Géologie Québec et des travaux universitaires.

Intérêt géologique

La mine Canadian Malartic occupe une place particulière dans la connaissance des gisements aurifères archéens du Québec. Elle illustre la possibilité d'exploiter, à l'aide de méthodes à grand volume, des minéralisations disséminées à faible teneur longtemps jugées marginales par l'industrie souterraine.

Sur le plan scientifique, le gisement documente le rôle combiné de trois facteurs fréquemment observés dans le district de Val-d'Or–Malartic :

  • la proximité d'une grande zone de faille crustale, la faille de Cadillac–Larder Lake ;
  • la présence d'intrusions porphyriques dans des roches sédimentaires ;
  • un contraste de compétence entre porphyres et grauwackes, favorable à la fracturation et à la circulation des fluides.

Les rapports de Géologie Québec, depuis les descriptions du Service des mines des années 1930 jusqu'aux synthèses plus récentes, ainsi que les levés géologiques réalisés dans le secteur, constituent une documentation de référence pour l'étude des gisements d'or orogénique et des minéralisations associées aux intrusions dans la sous-province de l'Abitibi.

Sources

  1. Géologie Québec, Géologie de la mine Canadian Malartic — District de Val-d'Or (MB 87-26)
  2. Géologie Québec, Lexique stratigraphique — Groupe de Malartic
  3. Service des mines de Québec, La mine d'or Canadian Malartic, rapport annuel 1934, partie B
  4. Université du Québec à Montréal, Le gisement aurifère péri-granitique de Canadian Malartic (Québec)
  5. Géologie Québec, Géologie de la mine Malartic Gold Fields (MB 88-24)
  6. Géologie Québec, Levé géologique été 1995, projet Malartic 3M (GM 53949)
  7. Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, document DA56
  8. Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, Agrandissement de la mine aurifère Canadian Malartic et déviation de la route 117 — documentation
  9. Ministère de l'Environnement du Québec, Projet d'agrandissement de la mine aurifère Canadian Malartic
  10. Système d'information géominière du Québec (SIGÉOM), ministère des Ressources naturelles et des Forêts

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. DANS LE CADRE DE LA

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : or, malartic, abitibi, faille de cadillac, groupe de pontiac, gisement disséminé, mine à ciel ouvert, province du supérieur

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