Situation
La mine Doyon se trouve dans la région administrative de l'Abitibi-Témiscamingue, dans le secteur de la municipalité de Preissac (MRC d'Abitibi) et du canton de Bousquet, à environ 40 km à l'est de Rouyn-Noranda. Elle fait partie du district minier de Bousquet, un alignement de gisements aurifères et polymétalliques qui comprend notamment les gisements Bousquet et LaRonde, situés plus à l'est.
Ce secteur s'inscrit dans la partie sud de la Sous-province de l'Abitibi, à proximité de la zone de faille de Cadillac, l'une des grandes structures régionales de la ceinture de roches vertes de l'Abitibi, le long de laquelle se concentre une part importante des gisements d'or du Québec et de l'Ontario. La mine voisine de Mouska exploite des structures minéralisées du même environnement géologique.
Le district appartient au corridor minier qui s'étend de Rouyn-Noranda à Val-d'Or et qui constitue, depuis les années 1920, l'un des principaux centres de production aurifère au Canada.
Cadre géologique
Le gisement est situé dans la province géologique du Supérieur, dans la ceinture de roches vertes de l'Abitibi, formée au Néoarchéen, il y a environ 2,7 milliards d'années.
Groupe de Blake River
Les roches encaissantes appartiennent au Groupe de Blake River, un ensemble de roches volcaniques de composition mafique à felsique, qui comprend des laves, des roches volcanoclastiques et des intrusions associées. Ce groupe est aussi l'hôte des gisements de sulfures massifs volcanogènes de la région de Rouyn-Noranda.
Pluton de Mooshla
Une partie de la minéralisation est encaissée dans le pluton de Mooshla, une intrusion synvolcanique, c'est-à-dire mise en place pendant l'activité volcanique. Sa composition varie du gabbro à la tonalite. La relation spatiale entre ce pluton et les zones aurifères a conduit plusieurs chercheurs à examiner le rôle de l'activité magmatique dans la genèse de l'or du district.
Déformation
Comme l'ensemble de la ceinture de l'Abitibi, les roches du secteur ont été déformées et métamorphosées au cours des événements tectoniques de la fin de l'Archéen. Les zones minéralisées sont affectées par cette déformation régionale, qui a modifié la géométrie des veines et des roches altérées.
Minéralisation
Le gisement Doyon comprend plusieurs zones minéralisées, dont la zone Principale et la zone Ouest, qui présentent des styles de minéralisation différents.
Les principaux types décrits sont :
- des veines de quartz-sulfures aurifères, dont l'épaisseur varie de l'échelle millimétrique à l'échelle décimétrique ;
- des veines à pyrite ;
- des minéralisations disséminées dans des roches volcaniques fortement altérées.
L'or est notamment associé à la pyrite et à la chalcopyrite. La mise en place des veines est liée à la circulation de fluides hydrothermaux dans les roches volcaniques et dans l'intrusion de Mooshla.
L'origine de ces veines fait l'objet de discussions. Certains travaux mettent l'accent sur un lien précoce avec l'activité magmatique et hydrothermale synvolcanique, tandis que d'autres soulignent l'influence de la déformation régionale sur la remobilisation et la concentration de l'or. Le gisement constitue ainsi un cas d'étude pour la compréhension des gisements aurifères archéens associés aux intrusions.
Exploitation
La zone Principale a d'abord été exploitée à ciel ouvert de 1980 à 1988. L'extraction s'est ensuite poursuivie en souterrain, afin d'atteindre les parties plus profondes du gisement.
En 1994, selon le rapport des géologues résidents du ministère des Ressources naturelles du Québec, la mine a produit 1 201 008 tonnes de minerai, à une teneur moyenne de 6,4 g/t d'or.
| Période | Mode d'exploitation |
|---|---|
| 1980 à 1988 | Fosse à ciel ouvert (zone Principale) |
| À partir de la fin des années 1980 | Exploitation souterraine |
La mine a été exploitée par plusieurs sociétés successives, dont Cambior, puis IAMGOLD à la suite de l'acquisition de Cambior en 2006. Les infrastructures du site, notamment le concentrateur, ont par la suite servi au développement de projets miniers voisins dans le district de Bousquet.
Environnement
Les haldes de stériles de la mine Doyon sont documentées pour la production de drainage minier acide, un phénomène causé par l'oxydation des sulfures, en particulier la pyrite, au contact de l'air et de l'eau. Cette réaction libère de l'acide sulfurique et des métaux dissous dans les eaux de ruissellement.
D'après un rapport du programme canadien de neutralisation des eaux de drainage dans l'environnement minier (MEND, ou NEDEM en français), le drainage acide de la halde sud a été constaté en 1985. Les eaux acides ont été traitées à la chaux, une méthode courante qui permet de neutraliser l'acidité et de faire précipiter les métaux.
De 1990 à 1994, la halde sud a fait l'objet d'une série d'études dans le cadre de ce programme fédéral-provincial. Ces travaux portaient sur les mécanismes d'oxydation, les transferts de chaleur et de gaz dans les stériles et l'évolution de la qualité de l'eau. Ils ont fait l'objet d'une évaluation par des pairs et font de la halde sud de Doyon un site de référence dans la recherche canadienne sur le drainage minier acide.
Recherche géologique
La mine Doyon a fait l'objet de nombreux travaux géologiques, publiés notamment par le ministère responsable des ressources naturelles du Québec dans sa série de documents de vulgarisation et de rapports régionaux, accessibles par l'intermédiaire de Géologie Québec et du système SIGÉOM.
Parmi les études universitaires, le mémoire de maîtrise de Guy Gosselin, réalisé à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), porte sur les veines de quartz aurifères précoces de la zone Ouest. Il examine la chronologie de ces veines par rapport à la déformation et leur relation avec l'intrusion de Mooshla.
Le district de Bousquet, qui comprend Doyon, Bousquet et LaRonde, est également décrit dans des synthèses internationales consacrées aux gisements aurifères riches en sulfures, en raison de l'association de l'or avec le cuivre et d'altérations hydrothermales intenses. Ces recherches ont contribué aux modèles d'exploration appliqués dans la Sous-province de l'Abitibi.