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Géologie

Mine de diamant Renard

La mine de diamant Renard est la première exploitation commerciale de diamants au Québec. Située près du lac Lagopède, dans le territoire d'Eeyou Istchee Baie-James (Nord-du-Québec), à environ 250 km au nord de Mistissini, elle a été développée par Les Diamants Stornoway (Canada) inc. dans les cheminées de kimberlite néoprotérozoïques du secteur des monts Otish. Ouverte en octobre 2016, la mine a produit des diamants de 2016 à 2023. Ses activités ont été suspendues le 27 octobre 2023, puis le site a été placé en surveillance et entretien.

Situation

La mine Renard se trouve dans le territoire d'Eeyou Istchee Baie-James, dans la région administrative du Nord-du-Québec, à proximité du lac Lagopède. Le site est éloigné de tout centre urbain : il se situe à environ 250 km au nord de la communauté crie de Mistissini et à quelque 350 km au nord de Chibougamau.

Le gisement appartient au secteur des monts Otish, un massif du centre du Québec connu pour son bassin sédimentaire protérozoïque et pour plusieurs indices de kimberlite. L'accès terrestre au site est assuré par un prolongement du réseau routier vers le nord à partir de la région de Chibougamau et de Mistissini, aménagé pour desservir le territoire des monts Otish.

Le territoire relève du régime établi par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, qui encadre notamment l'évaluation environnementale et sociale des projets de développement sur les terres de la Baie-James. Le site se trouve sur des terres traditionnellement utilisées par les Cris de Mistissini.

Cadre géologique

Le gisement Renard est situé dans la Province du Supérieur, la plus vaste province géologique du Bouclier canadien, constituée pour l'essentiel de roches archéennes. Les intrusions diamantifères sont encaissées dans les migmatites et les paragneiss archéens du Complexe de Laguiche.

La présence de diamants dans des kimberlites est étroitement liée à l'existence d'un vieux craton épais et stable. Sous les noyaux archéens, la lithosphère continentale atteint des profondeurs où la pression et la température permettent la stabilité du diamant, généralement au-delà de 150 km. Les magmas kimberlitiques, issus du manteau profond, remontent rapidement vers la surface et arrachent au passage des fragments du manteau lithosphérique (xénolites et xénocristaux) qui peuvent contenir des diamants. Le socle archéen de la Province du Supérieur offre ainsi un contexte favorable à la préservation de kimberlites diamantifères.

Les kimberlites de Renard recoupent un socle beaucoup plus ancien qu'elles : l'écart entre l'âge des roches encaissantes, archéennes, et celui des intrusions, néoprotérozoïques, dépasse deux milliards d'années. Les cheminées se sont mises en place bien après la stabilisation du craton, à une époque où le centre du Québec faisait partie d'un continent en cours de fragmentation.

Kimberlite de Renard

L'unité stratigraphique reconnue sous le nom de Kimberlite de Renard regroupe l'ensemble des intrusions du gisement :

  • dix cheminées kimberlitiques, désignées Renard 1 à Renard 10 ;
  • deux dykes, nommés Lynx et Hibou.

Les cheminées sont des corps verticaux de forme grossièrement conique, typiques des diatrèmes kimberlitiques, tandis que les dykes sont des intrusions tabulaires minces qui s'étendent latéralement dans l'encaissant.

Âge

Des datations uranium-plomb (U-Pb) sur pérovskite, un minéral qui cristallise dans le magma kimberlitique, ont fourni les âges suivants :

IntrusionÂge de cristallisation
Renard 1631,6 ± 3,5 Ma
Renard 2 et Renard 3640,5 ± 2,8 Ma

Ces résultats placent la Kimberlite de Renard au Néoprotérozoïque, vers la fin du Précambrien. Ce magmatisme est contemporain d'une période de distension et de rifting associée à la fragmentation du supercontinent Rodinia et à l'ouverture de l'océan Iapetus, au cours de laquelle plusieurs épisodes magmatiques alcalins ont touché l'est de l'Amérique du Nord.

Parmi les cheminées, Renard 2 et Renard 3 ont constitué les principales cibles de l'exploitation.

Découverte et mise en valeur

La découverte du gisement résulte de travaux d'exploration menés au début des années 2000 dans le secteur des monts Otish, une région qui a connu à cette époque un important engouement pour la recherche de diamants.

AnnéeÉvénement
2001Découverte par forage des cheminées Renard 1 et Renard 2
2002Découverte des cheminées Renard 3 à Renard 10
2003Découverte du dyke Lynx
2005Découverte du dyke Hibou

Les années suivantes ont été consacrées à l'échantillonnage en vrac, à l'évaluation des teneurs et de la valeur des diamants, puis aux études de faisabilité. Le projet a été repris et développé par Les Diamants Stornoway (Canada) inc., filiale de la société Stornoway Diamond Corporation.

Avant l'ouverture de Renard, le Québec ne comptait aucune mine de diamants en activité, bien que des kimberlites aient été reconnues dans plusieurs régions du territoire. La mise en valeur du gisement a fait de la province un nouveau producteur canadien de diamants, après les Territoires du Nord-Ouest et l'Ontario.

Évaluation environnementale

Le projet minier diamantifère Renard a été soumis à la procédure d'évaluation et d'examen des impacts applicable au territoire de la Baie-James en vertu du chapitre 22 de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois. Le Comité d'évaluation des répercussions sur l'environnement et le milieu social (COMEX) a procédé à l'examen du projet pour le compte du gouvernement du Québec.

Le projet a également fait l'objet d'une évaluation environnementale à l'échelle fédérale, dont le dossier est consigné auprès de l'Agence d'évaluation d'impact du Canada.

Le dossier public du Registre des évaluations environnementales du Québec rassemble l'étude d'impact, les autorisations délivrées et des documents de suivi environnemental. Les enjeux examinés comprenaient notamment la gestion des eaux et des résidus miniers, la protection des milieux aquatiques et de la faune, ainsi que les répercussions sur l'utilisation traditionnelle du territoire par les Cris de Mistissini.

Les relations entre le promoteur et les autorités cries ont été encadrées par une entente conclue avec la Nation crie de Mistissini et le Grand Conseil des Cris, portant notamment sur la formation, l'emploi et les retombées économiques du projet.

Exploitation

L'exploitation du gisement a combiné des travaux à ciel ouvert et des travaux souterrains. Les parties supérieures des cheminées ont d'abord été extraites en fosse, puis l'exploitation s'est poursuivie en profondeur par voie souterraine.

La mine a ouvert en octobre 2016, et la production commerciale de diamants a commencé en décembre 2016. Le minerai kimberlitique était traité sur place dans une usine de concentration, où les diamants étaient récupérés par des procédés de broyage, de séparation par milieu dense et de tri.

Selon le gouvernement du Québec, des diamants ont été extraits commercialement à Renard de 2017 à 2023. Le diamant figure ainsi parmi les pierres gemmes produites au Québec, dont il a constitué la seule production commerciale de cette nature.

La période d'exploitation a été marquée par des difficultés financières liées notamment à la faiblesse des prix du diamant brut sur les marchés internationaux. En 2019, la société mère s'est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, et l'exploitation s'est poursuivie à la suite d'une restructuration.

Suspension des activités

2023

Le 27 octobre 2023, Stornoway a annoncé la suspension temporaire de ses activités à la mine Renard et la mise du site en phase de surveillance et d'entretien. L'annonce s'est accompagnée de la mise à pied d'environ 425 travailleurs.

Le Rapport d'activité minière 2023 du ministère des Ressources naturelles et des Forêts confirme le maintien des infrastructures d'exploitation sur le site et situe l'activité de la mine entre 2016 et 2023.

2016 à 2023

Pendant ses quelque sept années d'activité, la mine Renard a été la seule mine de diamants en exploitation au Québec. Elle a constitué l'un des principaux projets miniers du territoire d'Eeyou Istchee Baie-James au cours de cette période.

Sources

  1. Géologie Québec, Kimberlite de Renard (lexique stratigraphique)
  2. Géologie Québec, Renard Kimberlite (fiche anglaise)
  3. Stornoway Diamonds, Mine Renard
  4. COMEX, Projet diamantifère Renard
  5. Registre des évaluations environnementales du Québec, Projet minier diamantifère Renard
  6. Gouvernement du Québec, Pierres gemmes
  7. Ministère des Ressources naturelles et des Forêts, Rapport d'activité minière 2023
  8. Ministère des Ressources naturelles et des Forêts, Tableau des mines et des projets miniers 2019 et 2020
  9. Stornoway, Stornoway suspend temporairement ses activités à la mine Renard (27 octobre 2023)
  10. CityNews, Stornoway Diamonds to lay off 425 workers as operations halt at Quebec mine
  11. Agence d'évaluation d'impact du Canada, Renard Diamond Mine Project
  12. Norda Stelo, Projet diamantifère Renard (Grands Prix du génie-conseil québécois 2018)
  13. La Presse, Première mine de diamants au Québec : Renard avance d'un pas

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Mine Renard — Wikipédia
  2. Mine diamantifère Renard
  3. Stornoway temporarily suspends its operations at Renard ...

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : mine renard, diamant, kimberlite, monts otish, province du supérieur, néoprotérozoïque, stornoway, eeyou istchee baie-james

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