Définition et portée
La rubrique « Autres partis et indépendants » n'est pas une organisation politique. Il s'agit d'une catégorie de compilation employée dans les tableaux de résultats des élections générales du Québec pour regrouper :
- les suffrages obtenus par les partis qui ne sont pas présentés séparément dans les séries statistiques ;
- les suffrages obtenus par les candidates et candidats indépendants, c'est-à-dire sans affiliation partisane ;
- les sièges remportés par l'une ou l'autre de ces candidatures.
La composition de la catégorie varie donc d'un scrutin à l'autre. Les formations qui disposent de leur propre série dans les compilations, comme le Parti libéral du Québec, l'Union nationale, le Parti québécois, le Crédit social, l'Action démocratique du Québec, Québec solidaire ou la Coalition avenir Québec, en sont exclues. Les résultats regroupés ici reflètent ainsi à la fois l'existence de petites formations éphémères et la persistance de candidatures indépendantes au fil de l'histoire électorale québécoise.
La série couvre les élections générales de 1867 à 2012. Elle ne fournit pas de nom de parti ni de candidat : les sièges qui y figurent ne peuvent être attribués à une formation précise qu'à l'aide des résultats détaillés par circonscription publiés par Élections Québec et des répertoires de l'Assemblée nationale.
Cadre légal des candidatures hors des grands partis
Au Québec, les partis politiques et les candidats indépendants relèvent de la Loi électorale (chapitre E-3.1) et de la Loi régissant le financement des partis politiques (chapitre F-2). Le Directeur général des élections, par l'intermédiaire d'Élections Québec, tient le registre des entités politiques autorisées. Ce registre recense :
- les partis politiques autorisés, qu'ils soient représentés ou non à l'Assemblée nationale ;
- les associations de circonscription de ces partis ;
- les candidates et candidats indépendants autorisés ;
- les députés indépendants autorisés.
L'autorisation a une portée financière : un parti, une association ou une personne candidate indépendante doit être autorisé pour solliciter ou recueillir des contributions et pour effectuer des dépenses. La loi exige la désignation d'un représentant officiel et encadre l'usage des contributions ; après le jour du scrutin, celles que recueille un candidat indépendant ne peuvent servir qu'à acquitter les dettes découlant de dépenses électorales conformes à la loi.
Le statut de candidat indépendant se distingue de celui de député indépendant. Une personne élue sous la bannière d'un parti peut, en cours de législature, quitter son caucus et siéger comme indépendante ; elle peut alors demander l'autorisation à titre de député indépendant.
Les élections municipales obéissent à un régime distinct, établi par la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (chapitre E-2.2), qui prévoit également l'autorisation des partis et des candidats indépendants, valable dans la municipalité concernée.
Résultats de 1981 à 2012
Durant la période marquée par l'alternance entre le Parti libéral du Québec et le Parti québécois, la catégorie n'obtient un siège qu'en 2012. Les élections de 1985, 1989 et 1994 se distinguent toutefois par un volume de voix élevé, supérieur à 160 000 suffrages à chaque scrutin.
| Élection | Sièges | Voix | Part des voix |
|---|---|---|---|
| 2012 | 1 | 121 277 | 3,81 % |
| 2008 | 0 | 14 167 | 0,44 % |
| 2007 | 0 | 9 693 | 0,24 % |
| 2003 | 0 | 41 199 | 1,09 % |
| 1998 | 0 | 71 738 | 1,76 % |
| 1994 | 0 | 171 928 | 4,39 % |
| 1989 | 0 | 177 446 | 5,46 % |
| 1985 | 0 | 169 580 | 4,99 % |
| 1981 | 0 | 24 037 | 0,67 % |
Le scrutin de 2007 constitue le plancher de toute la série, avec 0,24 % des voix. En 2012, la catégorie retrouve un niveau comparable à celui des années 1980 et 1990, avec 3,81 % des suffrages.
Résultats de 1935 à 1976
Cette période correspond à l'affrontement entre l'Union nationale et le Parti libéral du Québec, puis à l'émergence du Parti québécois. La catégorie obtient des sièges à presque toutes les élections jusqu'en 1966, puis un siège en 1976.
| Élection | Sièges | Voix | Part des voix |
|---|---|---|---|
| 1976 | 1 | 67 982 | 2,12 % |
| 1973 | 0 | 8 520 | 0,32 % |
| 1970 | 0 | 20 311 | 0,80 % |
| 1966 | 2 | 72 751 | 3,43 % |
| 1962 | 1 | 30 897 | 1,45 % |
| 1960 | 1 | 42 144 | 2,01 % |
| 1956 | 1 | 61 383 | 3,33 % |
| 1952 | 1 | 62 741 | 3,74 % |
| 1948 | 2 | 190 746 | 12,60 % |
| 1944 | 2 | 109 418 | 9,61 % |
| 1939 | 3 | 44 502 | 7,90 % |
| 1936 | 0 | 21 139 | 3,71 % |
| 1935 | 3 | 25 569 | 6,79 % |
L'élection de 1948 enregistre le plus grand nombre de voix de toute la série, soit 190 746 suffrages (12,60 %), sans que ce volume se traduise par plus de deux sièges. La documentation de l'Assemblée nationale indique que les derniers candidats indépendants élus lors d'élections générales l'ont été en 1966.
Résultats de 1867 à 1931
Dans les premières décennies de la Confédération, la catégorie occupe une place proportionnellement plus importante qu'au cours de la période contemporaine, tant en voix qu'en sièges.
| Élection | Sièges | Voix | Part des voix |
|---|---|---|---|
| 1931 | 0 | 7 740 | 1,58 % |
| 1927 | 2 | 20 169 | 6,34 % |
| 1923 | 1 | 26 634 | 9,16 % |
| 1919 | 2 | 38 897 | 30,35 % |
| 1916 | 0 | 9 039 | 4,34 % |
| 1912 | 2 | 10 057 | 3,45 % |
| 1908 | 3 | 16 026 | 6,55 % |
| 1904 | 0 | 40 466 | 17,83 % |
| 1900 | 0 | 5 168 | 5,00 % |
| 1897 | 0 | 6 538 | 2,90 % |
| 1892 | 0 | 6 892 | 3,94 % |
| 1890 | 7 | 15 888 | 10,06 % |
| 1886 | 4 | 20 994 | 14,23 % |
| 1881 | 1 | 10 387 | 10,65 % |
| 1878 | 1 | 8 312 | 3,02 % |
| 1875 | 2 | 17 700 | 10,18 % |
| 1871 | 0 | 5 368 | 8,90 % |
| 1867 | 0 | 8 389 | 11,08 % |
L'élection de 1890 marque le sommet de la série en nombre de sièges, avec sept élus. Celle de 1919 présente la part des voix la plus élevée, 30,35 %, pour 38 897 suffrages et deux sièges. Les élections de 1904 (17,83 %) et de 1886 (14,23 %) figurent également parmi les scrutins où la catégorie pèse le plus lourd dans les suffrages exprimés.
Indépendants à l'Assemblée nationale
À l'Assemblée nationale du Québec, les députés qui n'appartiennent à aucun groupe parlementaire siègent comme députés indépendants. Le président de l'Assemblée, qui n'est membre d'aucun groupe pendant l'exercice de sa fonction, fait exception à cette règle. La reconnaissance d'un groupe parlementaire obéit à des critères fixés par le Règlement et la Loi sur l'Assemblée nationale ; un parti représenté dont la députation ne satisfait pas à ces critères voit ses membres siéger comme indépendants.
La présence de députés indépendants en Chambre résulte aujourd'hui principalement de départs de caucus en cours de législature plutôt que d'élections de candidats sans affiliation. Ces élus sont comptabilisés séparément de la catégorie électorale « Autres partis et indépendants », qui ne mesure que les résultats obtenus le jour du scrutin.
Selon la composition de l'Assemblée relevée en octobre 2026, au cours de la 43e législature, neuf députés y siègent comme indépendants, aux côtés de 79 députés de la Coalition avenir Québec, 18 du Parti libéral du Québec, 11 de Québec solidaire, 7 du Parti québécois et 1 du Parti conservateur du Québec. À la même date, la catégorie électorale « Autres partis et indépendants » ne compte aucun siège.