Situation en 2026 : campagne électorale et financement
En septembre 2026, la Coalition avenir Québec est engagée dans la campagne des élections générales québécoises, la cinquième de son histoire. La cheffe Christine Fréchette parcourt les régions du Québec. Le 4 septembre 2026, elle était en Outaouais : selon TVA Gatineau, qui couvrait sa tournée à l'Encan de Masson-Angers puis à l'école de L'Envolée dans Chapleau, elle s'est engagée en campagne à investir 650 millions de dollars dans les infrastructures sportives et scolaires si son parti était reporté au pouvoir. Il s'agit d'une promesse électorale rapportée par un média régional, et non d'un engagement budgétaire adopté par le gouvernement.
Le financement politique déclaré à Élections Québec pour l'année 2026 — millésime le plus récent — s'établit à 249 423 $ provenant de 1 736 contributions. Ce bilan est partiel : il est arrêté au 6 septembre 2026 et l'exercice n'était pas terminé. Le montant est du même ordre que celui de 2025 (253 960 $), mais repose sur un nombre de versements nettement inférieur (1 736 contre 2 795), ce qui traduit une contribution moyenne plus élevée.
| Année | Contributions ($) | Nombre de contributions |
|---|---|---|
| 2026 (partiel) | 249 423 | 1 736 |
| 2025 | 253 960 | 2 795 |
| 2024 | 48 800 | 500 |
| 2023 | 832 209 | 9 324 |
| 2022 | 1 351 468 | 10 956 |
| 2021 | 778 860 | 9 546 |
| 2020 | 682 133 | 7 786 |
| 2019 | 771 239 | 8 448 |
Les chiffres publiés par Élections Québec dénombrent des versements et non des personnes distinctes : un même donateur peut y figurer plus d'une fois. Le sommet de la série coïncide avec l'année du scrutin général de 2022 (1 351 468 $ pour 10 956 contributions), les campagnes générant traditionnellement un afflux de dons; le creux se situe en 2024 (48 800 $ pour 500 contributions), en milieu de mandat.
Origines et fondation (2011-2012)
La Coalition avenir Québec naît à l'automne 2011, à l'issue d'une démarche lancée par François Legault, ancien ministre du Parti québécois et cofondateur d'Air Transat, avec l'homme d'affaires Charles Sirois. Le mouvement se présente d'abord comme une coalition visant à dépasser le clivage souverainiste-fédéraliste et à concentrer le débat public sur l'économie, la santé et l'éducation.
La mise en place du parti comporte trois moments distincts :
- Novembre 2011 — création formelle de la Coalition avenir Québec.
- Décembre 2011 — annonce d'une fusion avec l'Action démocratique du Québec (ADQ), formation fondée en 1994 et alors représentée à l'Assemblée nationale. La fusion est ensuite soumise aux membres et aux autorités électorales.
- Février 2012 — autorisation officielle de la CAQ comme parti politique provincial par Élections Québec, ce qui lui donne accès au régime québécois de financement politique et l'assujettit aux obligations de divulgation des contributions.
Cette naissance rapide, portée par une figure connue et par l'absorption d'un parti existant, a fait de la CAQ une force parlementaire dès sa première campagne. La littérature universitaire — notamment des travaux publiés sur Érudit — a comparé sa trajectoire à celle de formations nationalistes antérieures comme l'Union nationale (fondée en 1935), en raison de son ancrage régional et de son positionnement nationaliste non souverainiste.
Direction du parti
François Legault est le chef fondateur de la Coalition avenir Québec. Il dirige la formation dès sa création en 2011, siège dans l'opposition après les scrutins de 2012 et de 2014, puis conduit le parti au pouvoir en 2018, année où il devient premier ministre du Québec. Il est reconduit à la tête d'un gouvernement majoritaire après l'élection du 3 octobre 2022.
En septembre 2026, la CAQ est dirigée par Christine Fréchette, présentée comme cheffe du parti sur la fiche officielle tenue par Élections Québec et à ce titre dans la couverture de la campagne électorale. C'est elle qui mène la formation devant l'électorat lors des élections générales de l'automne 2026.
Le siège social du parti est situé à Montréal.
Positionnement et convictions
Dans ses propres documents, la CAQ se présente comme un parti « nationaliste moderne » visant le développement de la nation québécoise à l'intérieur du Canada, en défendant l'autonomie du Québec, la langue française, les valeurs et la culture québécoises. Sa plateforme électorale de 2022 articulait ces thèmes autour de l'économie, de la santé, de l'éducation et de l'identité.
Les analyses externes — encyclopédies de référence et travaux universitaires — décrivent généralement la formation comme nationaliste, autonomiste et de centre droit, avec une insistance sur la gestion économique, la réduction du fardeau fiscal et l'affirmation identitaire.
L'autodéfinition du parti se distingue de ces caractérisations externes : les deux registres ne se recoupent pas toujours et ne constituent pas une classification officielle.
Parcours électoral et présence à l'Assemblée nationale
La CAQ a participé à quatre élections générales québécoises entre sa fondation et 2026, la campagne de l'automne 2026 constituant sa cinquième.
| Scrutin | Chef | Sièges | Voix | Statut |
|---|---|---|---|---|
| 2012 | François Legault | 19 | 27,05 % | Deuxième groupe d'opposition |
| 2014 | François Legault | 22 | 23,05 % | Opposition |
| 2018 | François Legault | 74 | 37,42 % | Gouvernement majoritaire |
| 3 octobre 2022 | François Legault | 90 | 40,98 % | Gouvernement majoritaire reconduit |
L'élection de 2018 marque une rupture historique : pour la première fois depuis 1966, un parti autre que le Parti libéral du Québec ou le Parti québécois forme le gouvernement. Le scrutin de 2022 amplifie cette percée avec 90 des 125 sièges, la plus forte députation caquiste à ce jour.
Au 6 septembre 2026, la composition de l'Assemblée nationale place la CAQ à 79 sièges sur 125 :
| Formation | Sièges |
|---|---|
| Coalition avenir Québec (CAQ) | 79 |
| Parti libéral du Québec (PLQ) | 18 |
| Québec solidaire (QS) | 11 |
| Indépendants | 9 |
| Parti québécois (PQ) | 7 |
| Parti conservateur du Québec (PCQ) | 1 |
La représentation caquiste est ainsi passée de 90 élus au lendemain du scrutin de 2022 à 79 sièges en fin de 43e législature, l'écart s'expliquant par les départs, démissions et changements d'allégeance survenus durant le mandat. Neuf députés siégeaient alors comme indépendants.
Caucus et fonctions
À la fin de la 43e législature, le caucus caquiste compte 79 membres répartis dans l'ensemble des régions du Québec, ce qui en fait de loin la plus vaste députation de l'Assemblée nationale.
Parmi ses membres ayant exercé des responsabilités ministérielles ou parlementaires durant le mandat figurent Geneviève Guilbault (Louis-Hébert), Éric Girard (Groulx), Mathieu Lacombe (Papineau), Éric Caire (La Peltrie), Christopher Skeete (Sainte-Rose) et Caroline Proulx (Berthier).
D'autres élus illustrent l'ancrage régional du caucus, de la Gaspésie au Nord-du-Québec : André Bachand (Richmond), Samuel Poulin (Beauce-Sud), Luc Provençal (Beauce-Nord), Agnès Grondin (Argenteuil), Suzanne Blais (Abitibi-Ouest), Denis Lamothe (Ungava), Catherine Blouin (Bonaventure), Claude Reid (Beauharnois) et Stéphanie Lachance (Bellechasse). Cette énumération est illustrative; la composition officielle et à jour du caucus, avec les fonctions parlementaires et ministérielles, est publiée par l'Assemblée nationale du Québec.
Action gouvernementale et travaux législatifs
Au pouvoir depuis 2018, la CAQ a piloté deux législatures successives.
42e législature (2018-2022). Le premier mandat est marqué par des lois identitaires et institutionnelles fortes : la Loi sur la laïcité de l'État (2019), qui interdit le port de signes religieux à certains employés de l'État en position d'autorité et invoque la disposition de dérogation; la refonte du système d'immigration économique; la réforme du mode de scrutin, finalement abandonnée; et la modernisation de la Charte de la langue française (2022), qui renforce le statut du français dans les entreprises, l'affichage et l'enseignement collégial. Ce mandat est aussi dominé par la gestion de la pandémie de COVID-19, marquée par l'état d'urgence sanitaire prolongé, les points de presse quotidiens du premier ministre et une réorganisation majeure du réseau de la santé et des soins aux aînés.
43e législature (2022-2026). Le second mandat compte 145 projets de loi. Plusieurs textes adoptés en résument les priorités :
- Loi visant principalement à instaurer la responsabilité collective quant à l'amélioration de l'accès aux services médicaux (Christian Dubé), sanctionnée : pièce maîtresse de la réforme de la santé et de la renégociation du rôle des médecins.
- Loi sur les renseignements de santé et de services sociaux (Éric Caire), sanctionnée : encadrement du partage et de la circulation des données du réseau.
- Loi limitant l'indexation de plusieurs tarifs gouvernementaux (Éric Girard) et loi plafonnant l'indexation des tarifs domestiques d'Hydro-Québec (Pierre Fitzgibbon), toutes deux sanctionnées : réponse au coût de la vie.
- Loi visant à assurer la représentation effective des électeurs (Jean-François Roberge), sanctionnée, en matière de carte électorale.
- Loi sur la communication de renseignements aux fins de protection contre la violence d'un partenaire intime (Ian Lafrenière), sanctionnée.
- Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail (Jean Boulet), sanctionnée.
En fin de législature, deux chantiers à forte charge symbolique demeuraient en cours d'étude : la Loi constitutionnelle de 2025 sur le Québec, parrainée par Simon Jolin-Barrette, et un projet de loi de Jean-François Roberge visant à préserver la souveraineté parlementaire à l'égard de la Charte de la langue française. Un projet d'accélération des autorisations pour les « projets prioritaires et d'envergure nationale » (Éric Girard) et la mise en œuvre des mesures fiscales du budget du 18 mars 2026 complétaient le programme législatif.
Ces textes recoupent les axes récurrents du gouvernement caquiste : encadrement tarifaire, réorganisation du réseau de la santé, affirmation constitutionnelle et linguistique, accélération des grands projets.
Analyses et débats
Le bilan des deux mandats caquistes fait l'objet d'analyses contrastées. Des publications spécialisées, comme Options politiques (IRPP), ont examiné en 2026 les causes du déclin de popularité du parti, en liant l'érosion de l'appui à l'écart perçu entre les promesses et les réalisations.
Des ouvrages collectifs consacrés au Bilan du gouvernement de la CAQ (2022-2026) et des travaux universitaires publiés sur Érudit proposent des lectures critiques du positionnement nationaliste du parti et de ses politiques publiques. L'un de ces articles interroge la parenté entre la CAQ et l'Union nationale, tandis qu'un autre analyse les « impasses en perspective » du projet caquiste.
De son côté, le parti met en avant ses réalisations dans une section « Nos bons coups » de son site officiel. Ces contenus relèvent de la communication partisane et doivent être lus comme tels.