Origines : la revue
La revue Les Herbes rouges paraît pour la première fois à l'automne 1968, à Montréal, à l'initiative des frères Marcel et François Hébert. Elle se consacre principalement à la publication de textes de création, en particulier de poésie. Contrairement aux revues de critique ou d'idées, chaque livraison prend souvent la forme d'un recueil, ce qui rapproche la revue d'une collection de plaquettes.
La revue naît dans un contexte d'effervescence culturelle marqué par la Révolution tranquille, la contre-culture et l'émergence de nouvelles revues littéraires au Québec. Les études consacrées aux revues littéraires québécoises de la fin des années 1960 la situent dans ce paysage, aux côtés de publications issues des milieux universitaires et contre-culturels.
La revue a publié plusieurs centaines de numéros ; Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) en conserve et en diffuse une partie dans sa collection numérique, où figure notamment le numéro 194.
Naissance de la maison d'édition
La maison d'édition Les Herbes rouges se développe à partir de la revue et conserve son nom. Les références divergent quant à sa date de fondation :
- la Chronologie de Montréal de l'Université du Québec à Montréal situe en 1971 la fondation de la maison par les fondateurs de la revue ;
- la présentation de l'éditeur retient l'année 1978.
Cet écart peut s'expliquer par la transition progressive entre la publication de la revue et la constitution d'un catalogue de livres distinct. Dans tous les cas, la maison demeure longtemps associée aux frères Hébert, qui en assurent la direction pendant plusieurs décennies.
Le passage de la revue à la maison d'édition permet à l'enseigne d'accompagner sur la durée des auteurs révélés dans ses pages et de publier des ouvrages de plus grande ampleur que les livraisons de la revue.
Direction contemporaine
Au printemps 2021, la poète Roxane Desjardins prend la direction générale des Herbes rouges, assurant la relève des fondateurs. Ce changement s'inscrit dans la continuité du projet éditorial de la maison, qui demeure une maison littéraire indépendante établie à Montréal.
Selon la présentation de l'éditeur, la maison publie environ huit titres par année. Ce rythme de publication modeste caractérise une maison littéraire qui privilégie la poésie et les formes de création exigeantes plutôt que la production en grand nombre.
La maison présente son catalogue et ses parutions sur son site officiel, où elle met en avant ses auteurs et ses collections.
Catalogue
Le catalogue des Herbes rouges couvre quatre grands genres :
- poésie, genre fondateur de l'enseigne et cœur de son identité ;
- fiction (romans et récits) ;
- théâtre ;
- essai.
Selon les chiffres déclarés par l'éditeur, le catalogue compte plus de 600 titres et plus de 160 auteurs et autrices. Ces données proviennent de la présentation de la maison et sont susceptibles d'évoluer au fil des parutions.
| Indicateur | Valeur déclarée par l'éditeur |
|---|---|
| Titres au catalogue | plus de 600 |
| Auteurs et autrices | plus de 160 |
| Parutions annuelles | environ 8 |
Les notices des ouvrages parus sous l'enseigne sont répertoriées dans la Bibliographie du Québec, tenue par BAnQ, qui recense les publications québécoises depuis 1968.
Place dans la littérature québécoise
Les Herbes rouges occupent une place notable dans l'histoire de l'édition littéraire québécoise. Au cours des années 1970, la revue est associée à la modernité poétique et aux recherches formelles qui transforment la poésie québécoise, en rupture avec la poésie dite du pays qui avait dominé la décennie précédente. Elle accueille des écritures expérimentales, attentives au langage, au corps et aux questions théoriques, dans un dialogue avec d'autres revues de l'époque comme La Barre du jour.
Parmi les écrivains associés à cette période figurent notamment Roger Des Roches, Normand de Bellefeuille, François Charron, Philippe Haeck, Josée Yvon et Denis Vanier. Plusieurs écrivaines liées au renouvellement de l'écriture au féminin y ont également publié.
En devenant une maison d'édition et en ouvrant son catalogue au théâtre, à la fiction et à l'essai, l'enseigne a prolongé ce rôle de lieu de publication pour des écritures de recherche. Sa longévité, de la fin des années 1960 à aujourd'hui, en fait l'une des maisons littéraires indépendantes les plus anciennes encore actives au Québec.
Conservation et accès
Les publications des Herbes rouges sont conservées au titre du dépôt légal par Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La Bibliographie du Québec permet de repérer les livres parus sous l'enseigne, tandis que la collection numérique de BAnQ (BAnQ numérique) donne accès à des numéros de la revue.
La revue et la maison font également l'objet d'études publiées dans des revues savantes diffusées par la plateforme Érudit, notamment dans Études françaises, Québec français et Lettres québécoises, qui les situent dans l'histoire des revues et de l'édition littéraires au Québec. Ces travaux constituent des points d'entrée pour la recherche sur la poésie québécoise moderne et contemporaine.