Toponymie et histoire
Le nom de la ville renvoie à la seigneurie de Beauharnois, concédée en 1729 aux frères Charles de Beauharnois de La Boische et Claude de Beauharnois de Beaumont. Charles de Beauharnois a été gouverneur général de la Nouvelle-France de 1726 à 1746.
Le noyau villageois se développe au cours du XIXe siècle sur la rive sud du lac Saint-Louis. Le village de Beauharnois est constitué en 1846, puis érigé en ville en 1863. La seigneurie passe au XIXe siècle à la famille Ellice, dont le nom demeure attaché à la principale artère du centre-ville, la rue Ellice. Lors des troubles de 1838, Beauharnois est l'un des lieux d'affrontement entre patriotes et forces loyales.
Au XXe siècle, l'aménagement du canal de Beauharnois et de la centrale hydroélectrique, amorcé en 1929, transforme profondément le territoire et l'économie locale.
Regroupement de 2002
La ville actuelle est constituée le 1er janvier 2002 par le regroupement de trois entités :
- la ville de Beauharnois ;
- la ville de Maple Grove ;
- la municipalité de village de Melocheville.
Ce regroupement s'inscrit dans la vague de réorganisations municipales menée au Québec au début des années 2000.
Géographie
Beauharnois se trouve dans la région administrative de la Montérégie (16), au sein de la MRC de Beauharnois-Salaberry, qui regroupe sept municipalités. La ville est située au sud-ouest de l'île de Montréal, sur la rive sud du lac Saint-Louis, élargissement du fleuve Saint-Laurent.
Le territoire municipal est traversé par le canal de Beauharnois, voie navigable et canal d'amenée de la centrale hydroélectrique, qui sépare une partie du territoire de la rive du fleuve. Le secteur de Melocheville se trouve à l'ouest, à proximité de l'ouvrage de la centrale.
Selon le Répertoire des municipalités du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, la superficie de la ville est de 83,4 km². Statistique Canada indique, au Recensement de 2021, une superficie terrestre de 68,22 km², l'écart s'expliquant par la prise en compte des étendues d'eau.
L'aménagement du territoire est encadré par le schéma d'aménagement révisé de la MRC de Beauharnois-Salaberry, qui fixe les grandes orientations et les affectations du sol à l'échelle régionale.
Démographie
Beauharnois connaît une croissance démographique soutenue depuis le milieu des années 2010. Selon les décrets de population publiés dans le Répertoire des municipalités, la ville est passée de 12 884 habitants en 2017 à 15 313 habitants en 2026, soit une hausse d'environ 19 % en neuf ans.
| Année | Population |
|---|---|
| 2026 | 15 313 |
| 2025 | 15 156 |
| 2024 | 14 745 |
| 2023 | 14 412 |
| 2017 | 12 884 |
Au Recensement de 2021, Statistique Canada dénombrait 13 638 habitants, pour une densité de 199,9 habitants par kilomètre carré.
Le gentilé officiel est Beauharlinois, Beauharloise.
Administration municipale
Beauharnois est une municipalité régie par la Loi sur les cités et villes. Le conseil municipal est formé d'un maire et de six conseillers. L'hôtel de ville est situé au 660, rue Ellice.
Conseil élu en 2025
Aux élections municipales de 2025, Alain Dubuc est réélu maire sans opposition. Les conseillers élus sont Jocelyne Rajotte, Francis Laberge, Mario Charette, Dominique Bellemare, Gina Vincelli et Robin Philippe Lamonde. Les prochaines élections générales municipales sont fixées au 4 novembre 2029.
Historique des élections à la mairie
| Année | Maire élu | Résultat |
|---|---|---|
| 2025 | Alain Dubuc | élu sans opposition |
| 2021 | Alain Dubuc | 2 450 voix (48,7 %) |
| 2017 | Bruno Tremblay | 2 858 voix (54,5 %) |
| 2013 | Claude Haineault | 3 142 voix (57,3 %) |
| 2009 | Claude Haineault | 3 312 voix (63,5 %) |
| 2005 | Daniel Charlebois | élu sans opposition |
En 2021, Alain Dubuc l'emporte devant Lara Quevillon, le maire sortant Bruno Tremblay et Roxanne Poissant. En 2017, Bruno Tremblay devance Bob Guay et André Filion.
Direction administrative
En 2026, la direction générale est assurée par Katherine-Erika Vincent ; le greffe relève de Janie Arseneau et la trésorerie de Vanessa Robidoux.
Représentation politique
Sur le plan provincial, Beauharnois fait partie de la circonscription électorale de Beauharnois, qui englobe également d'autres municipalités du secteur. Les résultats ci-dessous portent sur l'ensemble de la circonscription.
Élection générale du 5 octobre 2026
Alexandre Daneau (Parti québécois) est élu avec 17 913 voix (44,87 %), devant le député sortant Claude Reid (Coalition avenir Québec, 7 674 voix, 19,22 %), Angélika Homère (Parti conservateur du Québec, 15,61 %) et Charles Royer Tremblay (Parti libéral du Québec, 12,58 %). La participation atteint 67,89 % sur 59 965 électeurs inscrits.
Élection générale du 3 octobre 2022
Claude Reid (CAQ) est réélu avec 17 882 voix (53,78 %), devant Claudine Desforges (16,96 %). Participation : 66,33 %.
Élection générale du 1er octobre 2018
Claude Reid (CAQ) est élu avec 14 947 voix (46,7 %), devant Mireille Théorêt (21,86 %). Participation : 68,62 %.
Élection générale du 7 avril 2014
Guy Leclair (PQ) est élu avec 11 891 voix (38,83 %), devant Lyse Lemieux (28,09 %). Participation : 67,96 %.
La circonscription de Beauharnois existe depuis la première élection générale québécoise de 1867.
Économie et énergie
Centrale de Beauharnois
La centrale de Beauharnois, exploitée par Hydro-Québec, est une centrale au fil de l'eau construite en trois phases entre 1929 et 1961. Elle compte 36 groupes turbine-alternateur pour une puissance installée de 1 912 MW, ce qui en fait l'une des principales installations hydroélectriques du sud du Québec. Mise en service à partir de 1932, elle est désignée lieu historique national du Canada en 1990. Hydro-Québec y offre des visites guidées et mène un programme de modernisation du complexe Beauharnois-Les Cèdres.
Richesse foncière
La richesse foncière uniformisée (RFU) de la ville a fortement progressé au cours de la dernière décennie :
| Année | RFU |
|---|---|
| 2026 | 3 886 794 617 $ |
| 2025 | 3 710 638 758 $ |
| 2024 | 3 490 534 898 $ |
| 2023 | 2 515 195 076 $ |
| 2017 | 1 305 920 755 $ |
Tissu entrepreneurial
En octobre 2026, le Registraire des entreprises du Québec recense 980 entreprises actives immatriculées à Beauharnois, majoritairement constituées en sociétés par actions (807). On y trouve notamment des sociétés de gestion et de portefeuille, des entreprises d'excavation et de transport ainsi que des syndicats de copropriété.
Patrimoine et vie collective
Le patrimoine de Beauharnois reflète son passé seigneurial et industriel. Le centre-ville, articulé autour de la rue Ellice, conserve des bâtiments témoins du développement du XIXe siècle. La centrale hydroélectrique, avec son long bâtiment des groupes construit en plusieurs étapes, constitue un ensemble industriel reconnu à l'échelle nationale.
Le secteur de Melocheville abrite le parc archéologique de la Pointe-du-Buisson, site d'occupation autochtone millénaire situé en bordure du fleuve, consacré à la mise en valeur de l'archéologie préhistorique du Québec.
La Commission de toponymie du Québec répertorie plusieurs entités liées au nom de Beauharnois sur le territoire, dont la centrale, le barrage et le poste de Beauharnois.
En septembre 2026, plus de 200 élèves de l'école Notre-Dame-de-la-Paix ont été relocalisés pour une durée indéterminée en raison de la présence de moisissures dans le bâtiment, situation évoquée dans le débat sur la vétusté des écoles québécoises.