Toponymie
Le nom de Baie-Comeau est d'abord attribué au bureau de poste en 1929 sous la forme anglaise « Comeau Bay », puis francisé en 1936. Selon la Commission de toponymie du Québec, le nom de la ville rend hommage à Napoléon-Alexandre Comeau, naturaliste, trappeur et gardien de rivière de la Côte-Nord, figure connue de la région à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.
La Commission distingue toutefois l'origine du nom de la baie elle-même, qui pourrait renvoyer à Antoine-Alexandre Comeau, un ancêtre de la même famille. La ville et la baie font ainsi l'objet de deux fiches toponymiques distinctes.
Après la fusion de 1982 avec Hauterive, le nom de Baie-Comeau a été retenu pour la nouvelle entité municipale. Le gentilé officiel est Baie-Comois, Baie-Comoise.
La ville est également associée au blason populaire « Papalugrain », mot-valise formé à partir des trois activités qui ont structuré son économie : le papier, l'aluminium et le grain.
Géographie
Baie-Comeau occupe un territoire de 434,54 km² sur la rive nord de l'estuaire maritime du Saint-Laurent, à environ 350 km au nord-est de la ville de Québec. Le territoire municipal s'étend entre l'embouchure de la rivière Manicouagan, à l'ouest, et celle de la rivière aux Anglais, à l'est. La baie des Anglais, qui abrite les installations portuaires, constitue un élément central du paysage urbain.
La ville est desservie par la route 138, axe routier qui longe la Côte-Nord. Elle est aussi le point de départ de la route 389, qui remonte vers l'intérieur des terres en direction du complexe hydroélectrique Manicouagan-Outardes, puis de Fermont. Une liaison maritime par traversier relie Baie-Comeau à Matane, sur la rive sud du fleuve.
Organisation du territoire
La ville actuelle regroupe deux noyaux urbains historiques :
- le secteur Mingan, à l'est, correspondant à l'ancienne ville de Baie-Comeau fondée autour de la papeterie ;
- le secteur Marquette, à l'ouest, correspondant à l'ancienne ville de Hauterive, développée comme centre de services et de commerce.
Le climat est de type continental humide, tempéré par l'influence maritime du fleuve, avec des hivers longs et enneigés.
Histoire
Fondation industrielle
Le développement de Baie-Comeau est lié à la décision de Robert R. McCormick, éditeur du quotidien Chicago Tribune, d'établir une papeterie sur la Côte-Nord afin d'approvisionner ses journaux en papier journal. L'entreprise Quebec North Shore Paper Company aménage le site au milieu des années 1930, et la ville de Baie-Comeau est constituée en 1937. La municipalité se développe alors comme une ville de compagnie, planifiée autour de l'usine et de son port.
Diversification
Après la Seconde Guerre mondiale, l'aménagement hydroélectrique des rivières de la région favorise l'implantation de l'industrie de l'aluminium. Une aluminerie, construite par la société Reynolds, entre en activité à la fin des années 1950 ; elle est aujourd'hui exploitée par Alcoa. Un élévateur à grains portuaire complète la base économique de la ville, faisant de Baie-Comeau un point de transbordement des céréales entre les Grands Lacs et les marchés d'outre-mer.
Parallèlement, la ville voisine de Hauterive se développe à l'ouest comme pôle commercial et administratif.
Fusion de 1982
Les villes de Baie-Comeau et de Hauterive fusionnent en 1982 ; la nouvelle ville est constituée le 23 juin 1982 sous le nom de Baie-Comeau.
Personnalités
Baie-Comeau est la ville natale de Brian Mulroney, premier ministre du Canada de 1984 à 1993, fils d'un électricien de la papeterie.
Démographie
Selon le Répertoire des municipalités du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation, Baie-Comeau compte 20 609 habitants en 2026. La population connaît une légère tendance à la baisse sur la décennie, avec des fluctuations annuelles modestes.
| Année | Population |
|---|---|
| 2026 | 20 609 |
| 2025 | 20 771 |
| 2024 | 20 684 |
| 2023 | 20 799 |
| 2017 | 21 392 |
L'Institut de la statistique du Québec estimait pour sa part la population à 20 734 habitants au 1er juillet 2022, selon ses estimations démographiques annuelles.
Entre 2017 et 2026, la population a diminué d'environ 780 personnes, soit une baisse de l'ordre de 3,7 %. Cette évolution s'inscrit dans le contexte démographique de la Côte-Nord, région marquée par le vieillissement de la population et la mobilité de la main-d'œuvre. Baie-Comeau demeure la municipalité la plus peuplée de la MRC de Manicouagan.
Administration et politique
Baie-Comeau est une municipalité régie par la Loi sur les cités et villes. L'hôtel de ville est situé au 19, avenue Marquette. Le conseil municipal est composé d'un maire et de huit conseillers. Le prochain scrutin municipal général est prévu le 4 novembre 2029.
Conseil municipal
À la suite de l'élection de 2025, le conseil comprend le maire Michel Desbiens ainsi que les conseillers Sylvain Girard, Joannie Lajeunesse, Serge Deschênes, Carole Deschênes, Bernard Levesque, Michel Beaulieu, Lysandre St-Pierre et Marc Rainville. La direction générale est assurée par François Corriveau.
Élections municipales
| Année | Maire ou mairesse élu | Résultat |
|---|---|---|
| 2025 | Michel Desbiens | 6 429 voix |
| 2021 | Yves Montigny | élu par acclamation |
| 2017 | Yves Montigny | 5 118 voix, devant Yvon Boudreau (2 404) |
| 2013 | Claude Martel | 4 730 voix, devant Paul Joncas (3 738) |
| 2009 | Christine Brisson | 3 852 voix, devant Michel St-Laurent (1 859) |
| 2005 | Ivo Di Piazza | élu par acclamation |
Représentation provinciale
La ville fait partie de la circonscription provinciale de René-Lévesque.
| Élection | Élu ou élue | Parti | Part des voix | Participation |
|---|---|---|---|---|
| 5 octobre 2026 | Odette Lavigne | Parti québécois | 50,72 % | 58,91 % |
| 3 octobre 2022 | Yves Montigny | Coalition avenir Québec | 58,92 % | 59,93 % |
| 1er octobre 2018 | Martin Ouellet | Parti québécois | 42,22 % | 58,75 % |
| 7 avril 2014 | Marjolain Dufour | Parti québécois | 55 % | 59,36 % |
Lors du scrutin de 2026, l'ancien maire Yves Montigny, député sortant, a obtenu 17,31 % des voix.
Économie
L'économie de Baie-Comeau repose depuis sa fondation sur la grande industrie et sur ses installations portuaires. Les trois piliers historiques sont :
- les pâtes et papiers, avec la papeterie à l'origine de la ville ;
- l'aluminium, avec l'aluminerie exploitée par Alcoa, l'un des principaux employeurs de la région ;
- le transit des grains, grâce à l'élévateur portuaire de la baie des Anglais.
La ville joue aussi un rôle de centre régional de services (santé, éducation, commerce, administration publique) pour la MRC de Manicouagan et la Haute-Côte-Nord.
Tissu entrepreneurial
En octobre 2026, le Registre des entreprises du Québec recense 1 147 entreprises actives immatriculées à Baie-Comeau, dont 812 sociétés par actions, 267 entreprises individuelles et 13 coopératives.
Richesse foncière
| Année | Richesse foncière uniformisée |
|---|---|
| 2026 | 2 705 166 958 $ |
| 2025 | 2 467 056 006 $ |
| 2024 | 2 411 747 965 $ |
| 2023 | 2 069 131 053 $ |
| 2017 | 1 932 557 765 $ |
Développements récents
En 2026, le Port de Baie-Comeau connaît une saison de croisières record. La même année est présenté le projet de la Baie des Énergies, un développement industriel sur un secteur d'environ 400 hectares près de la baie des Anglais.
Vie communautaire et sports
Baie-Comeau est le principal pôle culturel, sportif et communautaire de la MRC de Manicouagan. La ville accueille des événements régionaux, notamment dans les domaines de la santé publique et de la petite enfance.
Sur le plan sportif, la ville est représentée dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec par le Drakkar de Baie-Comeau, qui dispute ses matchs locaux à domicile devant un public régional. L'équipe constitue l'un des emblèmes de la vie sportive de la Côte-Nord.
Les activités de plein air occupent une place importante, favorisées par la proximité du fleuve, des rivières Manicouagan et aux Anglais et de la forêt boréale. Une offre d'activités intérieures s'est également développée, comme en témoigne l'ouverture d'un centre d'escalade de bloc en 2026.
En matière d'aménagement urbain, la ville a mis à l'essai en 2026 une « rue-école », fermée temporairement à la circulation automobile pour favoriser les déplacements actifs des élèves.
Le patrimoine bâti témoigne de l'origine planifiée de la ville, en particulier dans l'ancien secteur de la compagnie papetière, où subsistent des ensembles résidentiels et institutionnels construits à partir de la fin des années 1930.