Jeunesse et formation
Diane Dufresne naît à Montréal en 1944. Elle commence à chanter dans des cabarets et des salles de la métropole au début des années 1960, à une époque où la chanson québécoise connaît un essor important dans le sillage des boîtes à chansons.
De 1965 à 1967, elle séjourne à Paris pour parfaire sa formation. Elle y étudie le chant auprès de Jean Lumière, interprète français réputé de l'entre-deux-guerres devenu professeur, et l'art dramatique auprès de la comédienne Françoise Rosay.
À son retour au Québec, elle se produit dans divers spectacles et rencontre les créateurs avec qui elle bâtira l'essentiel de son répertoire des années 1970.
Collaboration avec Plamondon et Cousineau
La rencontre avec le compositeur François Cousineau et le parolier Luc Plamondon est déterminante. Leur collaboration contribue à façonner son répertoire rock en français.
Son premier microsillon, Tiens-toé ben, j'arrive!, paraît en 1972. Des chansons comme « J'ai rencontré l'homme de ma vie » contribuent à la faire connaître du grand public.
Les textes de Plamondon, souvent écrits sur mesure, offrent à l'interprète des personnages excessifs, ironiques ou vulnérables, qu'elle porte par un jeu vocal étendu, passant du murmure au cri. Cette collaboration contribue à faire de Diane Dufresne une figure marquante de la chanson québécoise.
Starmania et carrière en France
Diane Dufresne participe à Starmania, l'opéra rock de Luc Plamondon et du compositeur français Michel Berger, d'abord paru sous forme d'album en 1978 puis créé sur scène à Paris en 1979. Elle y tient le rôle de Stella Spotlight, vedette déchue du cinéma, et interprète « Les adieux d'un sex-symbol ».
Cette œuvre, qui connaît par la suite de nombreuses reprises en France et au Québec, élargit sa notoriété en Europe francophone. Diane Dufresne se produit alors des deux côtés de l'Atlantique, contribuant à la circulation de la chanson québécoise en France, à l'instar d'autres interprètes de sa génération.
Spectacles et esthétique scénique
Diane Dufresne est reconnue pour l'importance qu'elle accorde à la mise en scène : costumes, maquillages, décors et éclairages font partie intégrante de ses spectacles. Cette excentricité scénique, longtemps commentée par la presse, participe de sa démarche artistique, qui envisage le concert comme une représentation théâtrale totale.
Magie Rose (1984)
Le 17 août 1984, elle présente Magie Rose au Stade olympique de Montréal. Selon Radio-Canada, quelque 55 000 personnes assistent au spectacle, et elle est la première artiste québécoise à s’y produire. L'événement demeure l'un des repères de l'histoire du spectacle au Québec.
Arts visuels
Parallèlement à la chanson, Diane Dufresne développe une pratique en arts visuels, en particulier la peinture. Cette activité, qu'elle mène sur plusieurs décennies, prolonge son intérêt pour l'image et la couleur, déjà manifeste dans la conception de ses spectacles et de ses costumes.
Son parcours illustre ainsi une démarche pluridisciplinaire où chant, théâtre et arts plastiques se répondent.
Distinctions
Diane Dufresne a reçu plusieurs distinctions au Québec et au Canada :
| Année | Distinction |
|---|---|
| 2023 | Intronisation au Panthéon de la musique canadienne (18 mai) |
| 2006 | Prix Hommage de l'ADISQ |
| 2002 | Chevalière de l'Ordre national du Québec |
| 2001 | Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle |
Lors de son intronisation au Panthéon de la musique canadienne, le 18 mai 2023, Radio-Canada la décrit comme la première interprète francophone à y être admise. Son nom figure également au répertoire des prix et distinctions de l'Université Laval.
Place dans la chanson québécoise
Diane Dufresne est une figure marquante de la musique populaire québécoise, reconnue pour son style vocal distinctif, son interprétation théâtrale et ses mises en scène audacieuses. Ses collaborations avec Luc Plamondon et François Cousineau occupent une place importante dans son parcours.
Radio-Canada lui consacre un portrait intitulé « Diane Dufresne : une artiste libre et authentique ».répertoire musical francophone.
Radio-Canada, dans ses archives consacrées à sa carrière, la présente comme une artiste libre et authentique, dont la longévité et l'indépendance ont marqué plusieurs générations d'interprètes.