Jeunesse et formation
Luc Plamondon naît le 2 mars 1942 à Saint-Raymond, municipalité de la MRC de Portneuf, dans l'actuelle région administrative de la Capitale-Nationale. Il grandit dans ce milieu et fait ses études classiques au Séminaire de Québec, établissement qui a formé une large part de l'élite québécoise de l'époque.
Après ses études, il s'intéresse aux langues et aux arts, un intérêt qui nourrira plus tard une écriture attentive au rythme de la langue parlée et aux références culturelles internationales. Il s'installe à Montréal, où il entreprend sa carrière d'auteur au tournant des années 1970, dans le contexte d'effervescence de la chanson québécoise qui suit la Révolution tranquille.
Parolier de la chanson québécoise
Les débuts de Plamondon comme parolier remontent au début des années 1970. L'une de ses premières chansons, « Dans ma Camaro », est écrite sur une musique d'André Gagnon. Son écriture se distingue rapidement par l'emploi de la langue populaire québécoise, par des images tirées de la culture urbaine et par des portraits de personnages souvent marginaux.
Sa collaboration avec Diane Dufresne, notamment aux côtés du compositeur François Cousineau, contribue à définir l'image scénique de la chanteuse et compte parmi les plus durables de sa carrière. Il écrit aussi pour Robert Charlebois et pour de nombreux autres interprètes du Québec.
Au fil des décennies, son répertoire s'étend à des artistes de la francophonie européenne. Pour Céline Dion, il signe les textes de l'album Dion chante Plamondon (1991), qui marque une étape dans la carrière francophone de la chanteuse.
Le nombre total de chansons qu'il a écrites varie selon les sources biographiques ; son œuvre compte néanmoins plusieurs centaines de textes enregistrés par des interprètes variés.
Starmania
Starmania est l'œuvre majeure de Luc Plamondon. Ce « opéra-rock » est écrit en collaboration avec le compositeur français Michel Berger, qui en signe la musique. L'action se déroule dans une mégapole futuriste, Monopolis, et met en scène des personnages confrontés au pouvoir politique, aux médias, à la violence et à la solitude urbaine.
L'œuvre est d'abord produite en France, puis présentée au Québec en 1980. Elle contribue à révéler plusieurs interprètes et établit la notoriété de Plamondon au-delà du Québec. Plusieurs chansons du spectacle sont devenues des classiques du répertoire francophone, notamment :
- « Le Blues du businessman » ;
- « Les Uns contre les autres » ;
- « Le monde est stone » ;
- « S.O.S. d'un terrien en détresse ».
Starmania a fait l'objet de nombreuses reprises et adaptations au fil des décennies, ce qui en fait l'une des comédies musicales francophones les plus durables.
Autres œuvres de théâtre musical
La Légende de Jimmy
Plamondon retrouve Michel Berger pour La Légende de Jimmy, créée en 1990. Le spectacle s'inspire de la vie et du mythe de l'acteur américain James Dean.
Notre-Dame de Paris
Créée en 1998, Notre-Dame de Paris est adaptée du roman de Victor Hugo, sur une musique de Richard Cocciante. Le spectacle connaît un important succès en France et au Québec, puis à l'étranger, où il est présenté dans plusieurs langues. Des chansons comme « Belle » et « Le Temps des cathédrales » obtiennent une large diffusion.
Autres projets
Au début des années 2000, Plamondon poursuit son travail dans le théâtre musical avec de nouveaux projets, confirmant la place centrale qu'occupe ce genre dans son parcours.
| Œuvre | Création | Musique |
|---|---|---|
| Starmania | présentée au Québec en 1980 | Michel Berger |
| La Légende de Jimmy | 1990 | Michel Berger |
| Notre-Dame de Paris | 1998 | Richard Cocciante |
Défense du droit d'auteur
Parallèlement à son activité de création, Luc Plamondon s'engage dans la défense des droits des auteurs et compositeurs. Il participe aux travaux et aux débats publics entourant le statut de l'artiste et la législation sur le droit d'auteur, enjeux qui relèvent à la fois du cadre québécois et du cadre fédéral canadien.
Cet engagement s'inscrit dans une période où les créateurs québécois cherchent à obtenir une meilleure reconnaissance juridique et une rémunération plus équitable de l'exploitation de leurs œuvres, notamment par la radio, le disque et le spectacle. Son rôle à cet égard est souligné par plusieurs des institutions qui l'ont honoré.
Distinctions
Luc Plamondon a reçu de nombreuses distinctions au Québec et au Canada :
- Chevalier de l'Ordre national du Québec (1989) ;
- Officier de l'Ordre du Canada (2002) ;
- Compagnon des arts et des lettres du Québec, titre décerné par le Conseil des arts et des lettres du Québec (2015) ;
- intronisation au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens ;
- intronisation à l'Allée des célébrités canadiennes.
Il a également reçu plusieurs prix du milieu musical québécois, en reconnaissance de sa contribution à la chanson et au théâtre musical.
Héritage
L'œuvre de Luc Plamondon occupe une place particulière dans l'histoire de la chanson québécoise : elle a contribué à faire entendre la langue et la sensibilité québécoises sur les scènes de la francophonie, en particulier en France. Ses comédies musicales ont ouvert la voie à une forme de spectacle à grand déploiement en français, reprise et imitée par la suite.
Ses textes, interprétés par plusieurs générations de chanteurs, demeurent présents dans le répertoire courant et font l'objet de reprises régulières. Sa collaboration avec des compositeurs québécois et européens illustre les échanges artistiques entre le Québec et la France depuis les années 1970.