Histoire
Formation
Harmonium naît à Montréal au début des années 1970 de la rencontre de Serge Fiori, guitariste et chanteur, et de Michel Normandeau, également guitariste et chanteur. Le bassiste Louis Valois se joint au duo en 1973. Ce trio enregistre le premier album du groupe.
Premiers succès (1974-1975)
Le premier album, Harmonium, paraît en 1974. Enregistré au studio Tempo, à Montréal, il fait connaître des chansons comme « Pour un instant » et « Un musicien parmi tant d'autres ». Le deuxième album, Si on avait besoin d'une cinquième saison, paraît en 1975. La formation s'y élargit à de nouveaux instrumentistes et les arrangements gagnent en complexité.
L'Heptade et la tournée (1976-1977)
En 1976, le groupe publie L'Heptade, un album-concept. La formation, encore élargie, s'éloigne du trio d'origine. En 1977, Harmonium se produit au Québec et ailleurs au Canada. La même année, il tourne en Europe avec le groupe britannique Supertramp.
Fin des activités
Le groupe se dissout à la fin des années 1970. Les références situent la fin de ses activités entre 1978 et 1980. En 1980 paraît Harmonium en tournée, un enregistrement de concert.
Discographie
La discographie officielle compte trois albums studio et un album enregistré en public.
| Année | Titre | Type |
|---|---|---|
| 1974 | Harmonium | Album studio |
| 1975 | Si on avait besoin d'une cinquième saison | Album studio |
| 1976 | L'Heptade | Album studio (album-concept) |
| 1980 | Harmonium en tournée | Album en public |
Les trois albums studio ont fait l'objet de plusieurs rééditions. Ils restent présents dans les catalogues de disques, y compris chez des distributeurs internationaux.
Pièces notables
- « Pour un instant » (1974)
- « Un musicien parmi tant d'autres » (1974)
Ces deux chansons du premier album figurent parmi les titres les plus connus du groupe. Elles sont régulièrement associées à son souvenir dans les rétrospectives consacrées à la chanson québécoise.
Style musical
Harmonium mêle folk, rock et arrangements de plus en plus élaborés au fil de ses albums. Le premier disque repose surtout sur les guitares acoustiques et les harmonies vocales du trio fondateur.
Le deuxième album s'oriente vers des pièces plus longues et des textures instrumentales plus riches. Le groupe se rapproche alors du rock progressif.
L'Heptade pousse cette démarche plus loin. L'album-concept s'appuie sur une formation élargie et sur des arrangements d'inspiration orchestrale. Il est souvent cité comme l'aboutissement de l'évolution artistique du groupe.
Le groupe chante exclusivement en français. Cette orientation l'inscrit dans le mouvement de la chanson québécoise des années 1970, marqué par l'affirmation culturelle et linguistique du Québec. Radio-Canada décrit son parcours comme celui d'une « musique sans compromis ». La formule souligne l'importance qu'il accorde à la cohérence artistique de ses albums plutôt qu'aux impératifs commerciaux.
Membres
La composition du groupe a évolué entre le premier album et la tournée de 1977.
Noyau fondateur
- Serge Fiori : guitare, chant, composition ; figure centrale du groupe pendant toute son existence
- Michel Normandeau : guitare, chant ; membre fondateur
- Louis Valois : basse ; arrivé en 1973
Formation élargie
À partir du deuxième album, puis pour L'Heptade et la tournée qui suit, d'autres musiciens rejoignent le noyau initial. Harmonium passe alors du trio acoustique à une formation de rock progressif plus nombreuse, comprenant notamment des claviers et des percussions.
Serge Fiori demeure, d'un album à l'autre, l'auteur et le compositeur principal du répertoire. Son nom reste étroitement associé à celui du groupe.
Postérité
Harmonium est considéré comme l'un des groupes les plus importants de l'histoire de la musique québécoise.
Reconnaissance institutionnelle
- Bibliothèque et Archives nationales du Québec : un article commémoratif présente le premier album comme une œuvre marquante de la musique québécoise et retrace les étapes de la carrière du groupe.
- Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens : le groupe y fait l'objet d'une notice.
Classements
En juin 2025, le Journal de Montréal classe Harmonium au troisième rang de sa liste des 25 plus grands groupes québécois.
Adaptations et rééditions
L'œuvre du groupe a continué à circuler après sa dissolution. Les albums ont été réédités et le répertoire a été adapté sous d'autres formes, dont Histoires sans paroles – Harmonium symphonique, une relecture orchestrale.
Les rétrospectives médiatiques évoquent un véritable culte autour du groupe. Elles soulignent que plusieurs générations d'auditeurs continuent de redécouvrir ses albums.
Homonymie
Le nom « harmonium » désigne aussi un instrument de musique à clavier et à anches libres, alimenté par une soufflerie. Cet instrument n'a aucun lien avec le groupe.
Au Québec, l'harmonium a notamment servi dans les paroisses au XIXe siècle. Il accompagnait le chant liturgique, en particulier là où l'achat d'un orgue à tuyaux n'était pas possible.
Le Répertoire du patrimoine culturel du Québec décrit un exemplaire de cet instrument fabriqué à Montréal en 1897 et conservé à Saguenay.