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Le vivant

Anatis mali

Anatis mali est une grande coccinelle indigène d’Amérique du Nord, appartenant à l’ordre des Coléoptères et à la famille des Coccinellidae. Elle compte parmi les coccinelles relativement imposantes observées au Québec : l’adulte mesure généralement de 7 à 10 mm de longueur. Son corps est très convexe, presque hémisphérique. La coloration des élytres, variable, va souvent du beige jaunâtre au brun rougeâtre et porte des marques noires dont la forme et l’intensité diffèrent selon les individus; le pronotum présente aussi un motif sombre contrasté.

Observations au Québec

406 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Anatis mali
Visuel documentaire des traces typiques
  • Colonies de pucerons décimées sur les pousses de pommier, avec des enveloppes vides et des cadavres desséchés collés aux feuilles.
  • Œufs jaune orangé dressés en petits paquets serrés sous les feuilles, près des foyers de pucerons.
  • Exuvies noirâtres et poilues de larves, restées collées par l'arrière-train à la face inférieure des feuilles ou à l'écorce.
  • Larves grises à taches orangées, bien plus grosses que celles des autres coccinelles, laissées bien visibles sur le feuillage.
  • Petites taches de déjections brunâtres et liquides sur les feuilles sous les zones de chasse.
  • Pupes arrondies, orangées mouchetées de noir, fixées sur une branche ou une feuille et qui se redressent quand on les dérange.
  • Adultes rassemblés à l'automne sous des écailles d'écorce ou dans la litière au pied des arbres, en petits amas.
  • Liquide jaune âcre (réflexe de saignement) laissé sur le doigt ou sur la feuille quand l'insecte est manipulé.

Portrait et mode de vie

Anatis mali est une grande coccinelle indigène d’Amérique du Nord, appartenant à l’ordre des Coléoptères et à la famille des Coccinellidae. Elle compte parmi les coccinelles relativement imposantes observées au Québec : l’adulte mesure généralement de 7 à 10 mm de longueur. Son corps est très convexe, presque hémisphérique. La coloration des élytres, variable, va souvent du beige jaunâtre au brun rougeâtre et porte des marques noires dont la forme et l’intensité diffèrent selon les individus; le pronotum présente aussi un motif sombre contrasté.

C’est surtout une espèce associée à la végétation ligneuse. On peut la rencontrer dans les forêts mixtes et conifériennes, les lisières, les plantations, les vergers et certains boisés urbains, là où des pucerons sont présents sur les rameaux et le feuillage. Les adultes sont surtout actifs durant les périodes chaudes de la journée. Comme les autres coccinelles, elle peut se défendre par sa coloration contrastée et par l’émission, aux articulations des pattes, d’un liquide jaunâtre à l’odeur et au goût désagréables lorsqu’elle est dérangée.

À l’automne, les adultes cherchent des abris pour passer l’hiver, notamment sous l’écorce décollée, dans la litière de feuilles, la mousse ou d’autres refuges protégés. Des regroupements peuvent alors se former, sans qu’il s’agisse d’une vie sociale organisée.

Répartition

Anatis mali est largement signalée en Amérique du Nord, surtout dans les régions boisées du Canada et du nord des États-Unis. Sa présence est liée moins à un type de paysage unique qu’à la disponibilité de végétation arborée ou arbustive abritant des colonies de pucerons. Les peuplements de conifères, les forêts mixtes, les vergers et les plantations peuvent donc lui convenir.

Au Québec, la fiche source recense 406 occurrences. L’espèce a été observée dans la plupart des régions méridionales et centrales, ainsi que dans plusieurs régions plus nordiques. Les mentions sont particulièrement nombreuses en Abitibi-Témiscamingue, dans la Capitale-Nationale, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, en Outaouais, au Bas-Saint-Laurent, dans les Laurentides, Lanaudière et l’Estrie. Elle est aussi documentée en Mauricie, sur la Côte-Nord, en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, en Chaudière-Appalaches, en Montérégie, au Centre-du-Québec, à Montréal, à Laval et dans le Nord-du-Québec.

Les deux observations signalées dans le Nord-du-Québec ne suffisent pas à définir avec précision sa limite nordique. Elles illustrent à la fois le faible nombre relatif de données dans cette vaste région et la nécessité de poursuivre les inventaires. Dans le sud du Québec, l’espèce peut aussi être observée dans des milieux périurbains pourvus d’arbres, de haies ou de plantations.

Croissance et cycle de vie

Comme les autres coccinelles, Anatis mali connaît une métamorphose complète : œuf, larve, nymphe et adulte. Après l’hivernation, les adultes reprennent leurs activités au printemps, se nourrissent et se reproduisent. Les femelles déposent leurs œufs, habituellement en groupes, sur des feuilles, des aiguilles ou des rameaux à proximité de proies convenables. La durée d’incubation dépend surtout de la température et peut n’être que de quelques jours durant les périodes chaudes.

Les larves, allongées et munies de petites projections, sont des prédateurs actifs. Elles passent par quatre stades larvaires séparés par des mues. À la fin de leur croissance, elles se fixent à un support végétal par l’extrémité de l’abdomen et forment une pupe exposée. L’adulte qui en émerge est d’abord pâle et mou; son tégument durcit progressivement et ses couleurs se précisent dans les heures ou les jours suivants.

Au Québec, le cycle est vraisemblablement surtout annuel. Les adultes issus de la génération estivale accumulent des réserves avant d’entrer en diapause hivernale. Ils peuvent ainsi vivre plusieurs mois, l’hiver occupant une importante partie de leur vie adulte. Les sexes se distinguent difficilement sur le terrain, et la variation individuelle de la coloration est généralement plus apparente que les différences entre mâles et femelles.

Relations avec l'humain

La fiche source ne signale aucun statut provincial particulier pour Anatis mali au titre de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec. L’espèce ne fait pas l’objet d’une récolte connue ni d’un élevage commercial important. Comme pour de nombreux insectes indigènes, son abondance réelle et ses tendances à long terme demeurent toutefois imparfaitement connues.

Les relations avec les humains sont principalement indirectes et favorables. En consommant des pucerons, les adultes et les larves participent au contrôle naturel de certains insectes phytophages dans les vergers, les jardins, les plantations et les milieux forestiers. Le maintien d’une végétation diversifiée et la réduction des insecticides à large spectre favorisent généralement les coccinelles et d’autres prédateurs utiles.

Les coccinelles bénéficient d’une image positive auprès du public et sont souvent reconnues comme des auxiliaires des cultures. Les photographies et observations transmises par les naturalistes contribuent aussi à mieux documenter la répartition de A. mali au Québec. Parmi les pressions possibles sur les coccinelles indigènes figurent la perte de milieux diversifiés, l’usage de pesticides et les interactions avec des espèces introduites, notamment la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis).

Relations avec les autres espèces

Anatis mali est un prédateur associé aux colonies de pucerons vivant sur les arbres et les arbustes. Adultes et larves peuvent exploiter les mêmes ressources, ce qui accentue la concurrence lorsque les colonies de proies deviennent rares ou disparaissent. Elle partage aussi ces ressources avec d’autres coccinelles, les larves de syrphes, les chrysopes, les hémérobes, diverses punaises prédatrices et certaines araignées.

Les interactions entre coccinelles peuvent être complexes. Des espèces indigènes et introduites se rencontrent parfois sur une même plante infestée de pucerons. La compétition porte alors sur les proies disponibles, et la prédation intraguilde — la consommation d’œufs ou de larves d’un autre prédateur — est connue chez plusieurs coccinelles. L’importance de ces interactions chez A. mali varie selon le milieu et l’abondance des proies.

Les fourmis qui exploitent le miellat des pucerons peuvent défendre les colonies contre leurs ennemis naturels et harceler les coccinelles. Malgré leurs défenses chimiques, les coccinelles peuvent aussi être attaquées par des araignées, des fourmis, des oiseaux insectivores et des parasitoïdes. Des champignons pathogènes et d’autres organismes parasites peuvent également contribuer à la mortalité des adultes ou des larves.

Régime alimentaire

Le régime de Anatis mali est principalement aphidiphage : les larves et les adultes consomment surtout des pucerons. Ils parcourent les rameaux, les feuilles et les aiguilles à la recherche de colonies, puis saisissent les proies avec leurs mandibules. Les larves en croissance ont des besoins énergétiques élevés et peuvent consommer de nombreux pucerons au cours d’une journée lorsque ceux-ci sont abondants.

Au Québec, l’espèce est susceptible d’exploiter les pucerons présents sur les conifères, les feuillus et les arbres fruitiers, y compris les pommiers. Son nom spécifique, mali, est formé à partir du latin malum, qui renvoie au pommier. Cette association ne signifie toutefois pas que l’espèce soit limitée aux vergers : elle est aussi observée dans divers habitats forestiers.

Lorsque les pucerons sont rares, les coccinelles peuvent compléter leur alimentation avec d’autres petits arthropodes à corps mou, du miellat, du pollen ou d’autres ressources végétales. Ces aliments de remplacement peuvent aider les adultes à survivre, mais les proies animales demeurent importantes pour la croissance des larves et la reproduction. L’activité de prédation est généralement la plus forte du printemps à l’été, lorsque les colonies de pucerons se développent.

Anecdotes

  • Le nom mali renvoie au pommier, mais Anatis mali ne se limite pas aux vergers. Au Québec, elle est aussi associée aux arbres et aux arbustes des forêts, des lisières et des plantations.
  • Avec une longueur pouvant approcher 10 mm, cette espèce est nettement plus grande que plusieurs coccinelles communes des jardins, qui mesurent souvent moins de 6 mm.
  • La coloration et les marques noires varient considérablement d’un individu à l’autre. La détermination à partir d’une photographie gagne donc à tenir compte de l’ensemble du motif, de la forme du corps et des espèces semblables du genre Anatis.
  • Le nombre de taches d’une coccinelle ne révèle pas son âge. Le motif de l’adulte est établi après l’émergence, même si les couleurs peuvent s’assombrir ou devenir plus nettes à mesure que le tégument durcit.
  • La pupe demeure fixée à découvert sur un support végétal. Bien qu’elle paraisse immobile, elle peut effectuer de brusques mouvements lorsqu’elle est dérangée, ce qui peut décourager certains petits prédateurs.
  • Les 406 occurrences québécoises compilées dans la fiche source montrent l’utilité des observations naturalistes pour mieux connaître la répartition des insectes, y compris d’espèces qui passent facilement inaperçues dans le feuillage.

Sources

  1. Liste de la faune vertébrée du Québec (LFVQ)
  2. GBIF — occurrences au Québec

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Mots-clés : insectes, coccinellidae, québec, vivant

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