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Le vivant

Anaplectoides prasina

L’Anaplectoides prasina est un papillon de nuit de la famille des Noctuidae. Ses ailes antérieures, d’un vert allant du vert mousse au vert grisâtre, sont traversées de lignes sombres et de marques pâles en forme d’arcs; les ailes postérieures sont habituellement grisâtres. Cette coloration lui procure un bon camouflage lorsqu’il se repose sur la végétation, les lichens ou les troncs couverts de mousse. Son envergure est généralement d’environ 40 à 50 mm.

Observations au Québec

399 occurrences GBIF.

Portrait et mode de vie

L’Anaplectoides prasina est un papillon de nuit de la famille des Noctuidae. Ses ailes antérieures, d’un vert allant du vert mousse au vert grisâtre, sont traversées de lignes sombres et de marques pâles en forme d’arcs; les ailes postérieures sont habituellement grisâtres. Cette coloration lui procure un bon camouflage lorsqu’il se repose sur la végétation, les lichens ou les troncs couverts de mousse. Son envergure est généralement d’environ 40 à 50 mm.

L’adulte est principalement nocturne et est fréquemment attiré par les sources lumineuses. Au Québec, il est observé surtout durant l’été, dans les forêts feuillues, mixtes ou boréales, ainsi que dans les lisières, les ouvertures forestières et d’autres milieux où croissent les plantes nourricières de la chenille. Comme les autres noctuelles, il possède des organes auditifs sensibles aux ultrasons, qui contribuent à la détection des chauves-souris insectivores.

Les adultes ne vivent pas en groupes organisés. Les mâles repèrent les femelles grâce à des phéromones, puis l’accouplement et la ponte assurent la génération suivante.

Répartition

Anaplectoides prasina a une répartition holarctique : elle est présente dans une grande partie de l’Europe et de l’Asie tempérées et boréales, ainsi qu’en Amérique du Nord. Sur ce continent, elle est surtout associée aux régions forestières fraîches du Canada et du nord des États-Unis.

Au Québec, la fiche source recense 399 occurrences dans 15 régions administratives. Les données proviennent notamment de la Capitale-Nationale, de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, de l’Abitibi-Témiscamingue, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de l’Estrie, de la Montérégie et du Bas-Saint-Laurent. Des mentions existent aussi sur la Côte-Nord, dans le Nord-du-Québec, en Outaouais, dans les Laurentides, Lanaudière, la Mauricie et Chaudière-Appalaches.

Cette distribution étendue indique que l’espèce est présente dans plusieurs domaines forestiers québécois, de la vallée du Saint-Laurent à des secteurs plus nordiques. Toutefois, la concentration des mentions dans certaines régions reflète aussi l’intensité variable des inventaires et de l’observation des papillons nocturnes.

Croissance et cycle de vie

Le cycle vital est vraisemblablement annuel au Québec. Les adultes sont observés surtout de la fin de juin à août, bien que la période de vol puisse varier selon la latitude, l’altitude et les conditions météorologiques. Après l’accouplement, la femelle pond sur ou près des végétaux utilisables par les chenilles.

L’espèce hiverne au stade larvaire. Les jeunes chenilles éclosent vers la fin de l’été ou à l’automne, s’alimentent pendant une courte période, puis passent l’hiver à l’abri dans la litière, sous la mousse ou parmi les débris végétaux. Elles reprennent leur croissance au printemps et se nourrissent principalement la nuit.

À maturité, la chenille se transforme en chrysalide dans le sol ou dans une loge peu profonde faite de terre et de débris. L’adulte émerge quelques semaines plus tard. Les sexes se distinguent peu à première vue, mais la femelle a généralement un abdomen plus volumineux, tandis que les antennes du mâle sont adaptées à la détection des phéromones.

Relations avec l'humain

La fiche source ne signale aucun statut particulier pour Anaplectoides prasina au Québec. Rien n’indique qu’il s’agit d’un ravageur important des cultures : ses chenilles sont associées surtout à la végétation des milieux forestiers et arbustifs.

Les relations avec les humains concernent principalement l’observation naturaliste. Les adultes sont souvent détectés aux pièges lumineux, et leur coloration verte les rend attrayants pour les personnes qui photographient ou recensent les papillons nocturnes. Les observations soumises par des naturalistes contribuent à mieux documenter sa répartition dans la province.

Comme pour de nombreux insectes nocturnes, la conversion des milieux forestiers, l’usage d’insecticides non sélectifs et l’éclairage nocturne excessif peuvent affecter localement les populations ou leurs habitats. Le maintien d’une végétation forestière diversifiée, de lisières naturelles et de secteurs peu éclairés favorise l’ensemble de la biodiversité nocturne.

Relations avec les autres espèces

Dans les écosystèmes forestiers, Anaplectoides prasina est à la fois un consommateur de végétaux au stade larvaire et une proie pour de nombreux animaux. Les chenilles peuvent être consommées par des araignées, des carabes, des petits mammifères et des oiseaux qui cherchent leur nourriture dans la litière ou sur la végétation. Les adultes sont susceptibles d’être capturés par des chauves-souris insectivores, des oiseaux et d’autres prédateurs de papillons nocturnes.

Les chenilles peuvent aussi être parasitées par divers insectes, notamment des guêpes parasitoïdes et des mouches tachinides. Ces interactions, de même que les maladies et les conditions météorologiques, contribuent à limiter naturellement les populations.

Son alimentation sur plusieurs plantes réduit sa dépendance envers une seule ressource. En retour, l’espèce participe aux réseaux alimentaires forestiers en transférant l’énergie des feuilles et des arbustes vers les prédateurs et les décomposeurs.

Régime alimentaire

La chenille est phytophage et peut utiliser plusieurs plantes ligneuses ou herbacées. Dans l’ensemble de son aire de répartition, des plantes telles que les bleuets et autres éricacées (Vaccinium spp.), les saules (Salix spp.), les bouleaux (Betula spp.), les ronces (Rubus spp.) et diverses plantes de sous-bois sont citées parmi ses hôtes. Au Québec, elle est probablement surtout associée aux arbustes et à la végétation basse des milieux forestiers.

La chenille s’alimente surtout la nuit et peut se réfugier durant le jour dans la litière ou au pied des plantes. Après l’hivernage, elle reprend son alimentation au printemps, lorsque le feuillage devient disponible.

Les adultes possèdent une trompe et peuvent s’alimenter à des sources liquides riches en sucres, comme le nectar, la sève qui s’écoule d’arbres blessés ou les fruits fermentés. Ils peuvent donc être observés autant à la lumière qu’à des appâts sucrés utilisés lors des inventaires de papillons de nuit.

Anecdotes

  • L’épithète spécifique prasina vient du latin prasinus, qui désigne une teinte vert poireau ou vert pâle. Elle évoque directement la couleur inhabituelle des ailes antérieures de ce papillon.
  • En Europe, l’espèce est connue en anglais sous le nom de Green Arches, en référence aux lignes arquées qui traversent ses ailes vertes.
  • L’hivernage au stade de chenille permet à l’espèce de reprendre rapidement sa croissance au printemps. La litière de feuilles, la mousse et le couvert neigeux peuvent alors offrir une protection contre les variations de température.
  • Le vert des spécimens anciens peut s’altérer en collection. Les papillons conservés depuis longtemps peuvent ainsi paraître plus grisâtres ou jaunâtres que les individus vivants.
  • Les 399 occurrences québécoises compilées dans la fiche source illustrent l’importance des pièges lumineux, de la photographie et des données naturalistes dans la connaissance des papillons de nuit.

Sources

  1. Liste de la faune vertébrée du Québec (LFVQ)
  2. GBIF — occurrences au Québec

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Mots-clés : insectes, noctuidae, québec, vivant

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