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Le vivant

Coccinelle maculée (Coleomegilla maculata)

La coccinelle maculée (Coleomegilla maculata) est un coléoptère de la famille des Coccinellidae, indigène en Amérique du Nord et présent dans une grande partie du Québec méridional. De forme ovale allongée et de teinte rosée à rouge ponctuée de taches noires, elle fréquente surtout les milieux cultivés. Elle compte parmi les coccinelles les plus communes des champs de maïs et de pomme de terre. Prédatrice de pucerons et d'œufs d'insectes ravageurs, elle se nourrit aussi abondamment de pollen. Elle est étudiée et utilisée en lutte biologique au Québec.

Observations au Québec

635 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Coccinelle maculée (Coleomegilla maculata)
Visuel documentaire des traces typiques
  • Des agrégations hivernales denses de dizaines à des centaines d'adultes roses à rougeâtres, tachetés de noir, se forment à l'automne au pied des arbres, sous la litière ou les pierres, souvent en bordure de champs.
  • Des grappes d'environ 10 à 20 œufs jaune orangé, fusiformes et dressés, sont collées sous les feuilles, souvent près de colonies de pucerons.
  • Des pucerons réduits à des enveloppes vidées ou déchiquetées restent sur les feuilles et les tiges fréquentées par les larves.
  • Des chorions d'œufs de doryphore ou de pyrale du maïs percés ou vidés témoignent de la prédation de l'espèce en champ.
  • Des exuvies de larves grisâtres à noires, couvertes de petites verrues, restent accrochées à la végétation.
  • Des nymphes ou des enveloppes nymphales vides sont fixées par leur extrémité à la face supérieure des feuilles, notamment sur le maïs.
  • Des adultes s'alimentent sur les panicules et les feuilles couvertes de pollen de maïs, une source de nourriture importante pour l'espèce.
  • De petites taches jaunâtres à l'odeur âcre, issues du saignement réflexe, marquent les doigts ou les surfaces après la manipulation des individus.

Portrait et mode de vie

La coccinelle maculée est un petit coléoptère au corps ovale nettement plus allongé que celui de la plupart des autres coccinelles du Québec. L'adulte mesure environ 5 à 7 mm. Ses élytres, de couleur rose pâle à rouge vif, portent des taches noires. Le pronotum, de même teinte que les élytres, est marqué de deux grandes taches noires de forme triangulaire, un caractère utile pour la distinguer des espèces voisines.

L'espèce est surtout associée aux milieux ouverts et perturbés : grandes cultures, cultures maraîchères, prairies, bordures de champs et friches. Elle est active de la fin du printemps au début de l'automne, période pendant laquelle adultes et larves chassent sur les plantes cultivées et spontanées.

Hivernage

Contrairement à la coccinelle asiatique multicolore, qui recherche les bâtiments, la coccinelle maculée passe l'hiver à l'extérieur, à l'état adulte. Les individus se regroupent en agrégations, parfois importantes, dans la litière de feuilles, sous les débris végétaux ou au pied des arbres, généralement en bordure des champs et des boisés. Au printemps, les adultes quittent ces sites d'hivernage pour coloniser les cultures voisines.

Répartition

Coleomegilla maculata est une espèce indigène d'Amérique du Nord, largement répandue en Amérique du Nord. Au Québec, elle est considérée comme indigène et bien établie.

Les travaux universitaires et les synthèses régionales la signalent notamment :

  • dans le bassin du Saint-Laurent, où se concentrent les grandes cultures ;
  • en Abitibi ;
  • jusqu'au nord du lac Saint-Jean.

Cette répartition recouvre la majeure partie des zones agricoles de la province, ainsi que divers milieux naturels ouverts. Une étude publiée en 2024 a documenté une extension de l'aire de répartition connue de la sous-espèce C. maculata lengi.

La fiche du catalogue du vivant de Savoirs.Québec indique 635 occurrences associées à la clé taxonomique GBIF 1043637, sans préciser la date de ce décompte.

Croissance et cycle de vie

Comme toutes les coccinelles, la coccinelle maculée présente une métamorphose complète comprenant quatre stades : œuf, larve, nymphe et adulte.

  • Œuf : la femelle pond ses œufs en petits groupes, souvent à proximité de colonies de pucerons ou d'autres proies.
  • Larve : allongée, de teinte foncée et couverte de petits tubercules, la larve passe par quatre stades successifs. Elle est, comme l'adulte, prédatrice.
  • Nymphe : la nymphose a lieu fixée sur le feuillage ou une tige.
  • Adulte : il émerge après la nymphose et peut vivre plusieurs mois, l'hiver compris.

Au Québec, l'espèce produit au maximum deux générations par année. Les adultes de la dernière génération estivale entrent en hivernage à l'automne et se reproduisent au printemps suivant, après la dispersion vers les cultures.

Régime alimentaire

La coccinelle maculée est une prédatrice polyphage. Adultes et larves consomment :

  • des pucerons, qui constituent une part importante de leur régime dans les cultures ;
  • des œufs et de jeunes larves d'insectes, notamment ceux du doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata) et de la pyrale du maïs (Ostrinia nubilalis) ;
  • d'autres petits arthropodes à corps mou, comme les acariens.

L'espèce se distingue par la place importante qu'occupe le pollen dans son alimentation, en particulier celui du maïs. Cette capacité à se nourrir de ressources végétales lui permet de se maintenir dans les champs lorsque les proies animales se raréfient, ce qui explique en partie son abondance dans les grandes cultures.

Relations avec les autres espèces

Concurrence avec d'autres coccinelles

Depuis l'établissement de la coccinelle asiatique multicolore (Harmonia axyridis) au Québec, au cours des années 1990, de nombreuses études ont examiné ses effets sur les coccinelles indigènes. La coccinelle maculée partage avec elle, ainsi qu'avec la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata), les mêmes proies dans les cultures. Ces espèces se livrent à la prédation intraguilde, c'est-à-dire qu'elles se consomment mutuellement, en particulier aux stades d'œuf et de larve. Des travaux menés au Québec, notamment à l'Université du Québec à Montréal et à l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), ont analysé la valeur adaptative de ce comportement et l'issue de ces interactions.

Parasitoïdes

La coccinelle maculée est l'hôte de parasitoïdes, dont la guêpe Dinocampus coccinellae (Braconidae), qui pond dans l'abdomen des coccinelles adultes. Les relations entre cette coccinelle et ses parasitoïdes ont fait l'objet de recherches universitaires québécoises.

Rôle dans les réseaux trophiques

Prédatrice de ravageurs et proie d'autres insectes, l'espèce occupe une position intermédiaire dans les réseaux trophiques des agroécosystèmes.

Relations avec l'humain

La coccinelle maculée est considérée comme un auxiliaire utile en agriculture. Elle contribue à la régulation naturelle des pucerons et des œufs de ravageurs dans les champs de maïs, de pomme de terre et dans diverses cultures maraîchères. Les fiches techniques destinées aux producteurs, diffusées notamment par le réseau IRIIS phytoprotection et Agri-Réseau, aident à la reconnaître parmi les autres coccinelles.

Lutte biologique

L'espèce est produite et commercialisée au Québec pour la lutte biologique, notamment en serre, où elle est lâchée contre les pucerons. Des essais ont été réalisés au Québec en serre de laitue.

Pesticides

Sa présence dans les cultures l'expose aux traitements phytosanitaires. Des études québécoises ont évalué la sensibilité de la coccinelle maculée à certains insecticides afin de mieux concilier protection des cultures et conservation des organismes bénéfiques.

L'espèce n'est ni nuisible pour les humains ni envahissante dans les habitations, contrairement à la coccinelle asiatique multicolore.

Taxonomie

L'espèce a été décrite par le naturaliste suédois Charles De Geer en 1775. Elle appartient à la famille des Coccinellidae, dans l'ordre des coléoptères, et au genre Coleomegilla.

Plusieurs sous-espèces ont été décrites sur l'ensemble de son aire. Les travaux québécois et canadiens mentionnent fréquemment la sous-espèce Coleomegilla maculata lengi, présente dans l'est de l'Amérique du Nord. Certaines publications, souvent plus anciennes ou spécialisées, emploient ce nom trinominal, tandis que d'autres utilisent simplement C. maculata. L'emploi de ces deux appellations varie selon les travaux cités.

Sources

  1. Catalogue du vivant de Savoirs.Québec — fiche Coleomegilla maculata
  2. GBIF — Coleomegilla maculata (clé taxonomique 1043637)
  3. IRIIS phytoprotection — Coccinelle maculée
  4. Agri-Réseau — Comment différencier les principales espèces de coccinelles
  5. Université du Québec à Montréal (Archipel) — Mémoire sur Coleomegilla maculata et parasitoïdes
  6. Université du Québec à Montréal (Archipel) — Mémoire sur les interactions entre coccinelles au Québec
  7. Université du Québec à Montréal (Archipel) — Mémoire sur les coccinelles au Québec
  8. IRDA — Cabrera et al. (2021), prédation intraguilde impliquant C. maculata
  9. Laboratoire de lutte biologique de l'UQAM — Pesticides et organismes bénéfiques
  10. Phytoprotection (Érudit) — Lutte biologique contre les pucerons en serre de laitue
  11. European Journal of Entomology — Impact of the arrival of Harmonia axyridis on adults of Coccinella septempunctata and Coleomegilla maculata
  12. COSEPAC / ECCC — Canadian lady beetles (Coccinellidae), rapport spécial 2012
  13. PMC — Expanded Geographical Distribution of Coleomegilla maculata lengi
  14. Anatis Bioprotection — Coleomegilla maculata
  15. Bibliothèque et Archives Canada — Thèse sur la distribution canadienne des coccinelles

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Université du Québec à Montréal (Archipel) — Document sur *Harmonia axyridis* au Québec
  2. [PDF] The multicolored Asian ladybeetle Harmonia axyridis (Coleoptera ...
  3. March 22 2013
  4. Coleomegilla maculata — Wikipédia
  5. Overwintering Strategy of Multicolored Asian Lady Beetle (Coleoptera: Coccinellidae): Cold-Free Space As a Factor of Invasive Success
  6. COSEWIC Special Report
  7. Overwintering Strategy of Multicolored Asian Lady Beetle (Coleoptera

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage visuel — GPT 6 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : coccinelle maculée, coleomegilla maculata, coccinellidae, coléoptère, lutte biologique, pucerons, prédateur, agroécosystème

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