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Le vivant

Cisco de lac

Le cisco de lac (Coregonus artedi) est un poisson d'eau douce indigène de la famille des Salmonidés, apparenté aux grands corégones. Au Québec, il fréquente surtout les lacs clairs, froids et profonds, où il vit en bancs et se nourrit principalement de plancton. Il fraie à l'automne ou au début de l'hiver. Classé S4 au Québec, il porte la mention « Non suivie » au champ LEMV du catalogue du vivant. Une population singulière, le cisco de printemps du lac des Écorces, fait toutefois l'objet de mesures de protection particulières.

Observations au Québec

197 occurrences GBIF.

Traces et indices

Traces et indices de Cisco de lac
Visuel documentaire des traces typiques
  • Le cisco ne laisse ni empreintes ni coulées : ses traces se cherchent surtout dans l'eau et chez ses prédateurs.
  • En fin d'automne, souvent sous la glace naissante, il fraie en bancs sur des hauts-fonds de gravier ou de roche, sans construire de nid.
  • Ses petits œufs jaunâtres, d'environ 2 mm, sont éparpillés librement sur le fond et ne sont pas gardés.
  • Par les soirs calmes d'été, des bancs peuvent créer de nombreux petits ronds à la surface en gobant des insectes émergents.
  • À l'échosondeur, il forme des bancs denses en eau libre, souvent en profondeur dans la couche froide et bien oxygénée en été.
  • Lors des étés chauds, des carcasses argentées flottant ou échouées sur la rive peuvent signaler une mortalité due au manque d'eau froide oxygénée.
  • Des écailles argentées, rondes et minces, ainsi que de petites vertèbres se retrouvent dans les épreintes de loutre de rivière près des lacs profonds.
  • Le touladi, le grand brochet, le huard et le balbuzard en consomment souvent ; on retrouve des ciscos intacts dans l'estomac des touladis pêchés.

Portrait et mode de vie

Le cisco de lac est un poisson au corps allongé, fusiforme et légèrement comprimé latéralement, à la livrée argentée, plus sombre sur le dos. Comme les autres Salmonidés, il porte une petite nageoire adipeuse entre la nageoire dorsale et la nageoire caudale, qui est fourchue. Sa bouche est terminale et ses écailles sont relativement grandes. Son allure générale lui vaut, dans l'usage québécois, l'appellation de « hareng de lac », bien qu'il n'appartienne pas à la même famille que les harengs marins.

C'est un poisson pélagique grégaire : il vit souvent en bancs et se tient de préférence dans les grandes profondeurs des lacs clairs et froids. Il recherche des eaux à la fois fraîches et bien oxygénées, ce qui le rend sensible au réchauffement des eaux de surface et à l'appauvrissement en oxygène des couches profondes.

La taxinomie du genre Coregonus est réputée complexe. Le cisco de lac présente une grande variabilité morphologique d'un plan d'eau à l'autre, et plusieurs formes locales ont été décrites, parfois considérées comme des populations de Coregonus artedi, parfois comme des formes très proches.

Répartition

Le cisco de lac est une espèce indigène de l'Amérique du Nord, largement répartie dans les eaux douces du Canada et du nord des États-Unis, notamment dans le bassin des Grands Lacs. Au Québec, il est considéré comme une espèce régulière. On le trouve dans des lacs froids et profonds de plusieurs régions, y compris dans les milieux nordiques, notamment dans les bassins des rivières Nottaway, Broadback et Rupert.

CritèreValeur
Origine au QuébecIndigène
RégularitéRégulier
Rang de conservation (rang S)S4
Statut au Québec (LEMV)Non suivie

Le rang S4 désigne, dans le système de classification des centres de données sur la conservation, une espèce apparemment non en péril à l'échelle provinciale.

Une population particulière, dite cisco de printemps, est connue uniquement dans le lac des Écorces, dans la région des Laurentides.

Croissance et cycle de vie

Au Québec, la fraie du cisco de lac se déroule à l'automne ou au début de l'hiver, lorsque la température de l'eau s'abaisse. Les géniteurs se rassemblent alors en eau peu profonde ou au-dessus de hauts-fonds, selon les plans d'eau. Les œufs sont libérés en pleine eau et fécondés sans construction de nid ; ils se déposent ensuite sur le fond, où ils incubent durant l'hiver, sous la glace.

L'éclosion survient généralement au printemps. Les larves se nourrissent d'abord de petits organismes planctoniques dans les eaux de surface, puis les jeunes gagnent progressivement des eaux plus profondes à mesure qu'ils grandissent.

Ce calendrier de reproduction automnal distingue nettement le cisco de lac typique de la population du lac des Écorces, qui fraie au printemps. Cette différence de période de fraie contribue à l'isolement reproductif des deux formes qui cohabitent dans ce lac.

Régime alimentaire

Le cisco de lac est essentiellement planctonophage. Au Québec, il se nourrit principalement de plancton, en particulier de petits crustacés du zooplancton, ainsi que de larves d'insectes aquatiques. Ses branchiospines nombreuses et fines lui permettent de filtrer efficacement les petites proies en suspension dans la colonne d'eau.

Son mode d'alimentation pélagique en fait un maillon intermédiaire des réseaux trophiques lacustres : il transfère l'énergie produite par le plancton vers les poissons prédateurs de niveau supérieur.

Relations avec les autres espèces

En raison de son abondance dans certains lacs et de son mode de vie en bancs, le cisco de lac constitue une proie importante pour plusieurs poissons piscivores des eaux froides et tempérées, notamment le touladi (truite grise), le grand brochet, le doré et la lotte. Il peut aussi être consommé par des oiseaux piscivores.

Il partage souvent son habitat avec d'autres Salmonidés du genre Coregonus, dont le grand corégone. Des formes voisines peuvent cohabiter dans un même lac, comme au lac des Écorces.

Relations avec l'humain

Le cisco de lac figure sous ce nom dans le Règlement de pêche du Québec (1990), pris en vertu de la loi fédérale sur les pêches, qui encadre sa capture dans la province. Dans les Grands Lacs, il a historiquement soutenu une pêche commerciale sous le nom de « hareng de lac ».

Dans le nord du Québec, Hydro-Québec a publié des guides de consommation du poisson pour les bassins des rivières Nottaway, Broadback et Rupert, qui incluent le cisco parmi les espèces documentées, en lien avec la teneur en mercure des chairs.

La sensibilité de l'espèce à la qualité de l'eau, notamment à la température et à l'oxygène dissous en profondeur, en fait un indicateur de l'état des lacs froids face à l'eutrophisation et aux changements climatiques.

Le cisco de printemps du lac des Écorces

Le lac des Écorces, dans les Laurentides, abrite une population unique au monde appelée cisco de printemps. Selon les sources fédérales, elle est décrite soit comme une population de cisco de lac (Coregonus artedi), soit comme une forme très proche, désignée Coregonus sp. Elle se distingue principalement par sa fraie printanière, alors que le cisco de lac typique, présent dans le même lac, fraie à l'automne.

Statuts de protection

  • 2023 : le gouvernement du Québec présente la population comme menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.
  • 2018 : une ordonnance fédérale vise la protection de son habitat essentiel, publiée dans la Gazette du Canada le 25 juillet 2018.
  • 2013 : un programme de rétablissement fédéral est proposé.
  • 2010 : Pêches et Océans Canada publie une évaluation du potentiel de rétablissement.
  • 2009 : le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) la désigne en voie de disparition.

Endémique au Canada et confinée à un seul plan d'eau, cette population est vulnérable à toute dégradation de la qualité de l'eau du lac, en particulier à la baisse de l'oxygène dissous dans les eaux profondes.

Sources

  1. Savoirs.Québec — Catalogue du vivant, fiche Cisco de lac (Coregonus artedi)
  2. GBIF — Coregonus artedi (clé taxonomique 2351092)
  3. Gouvernement du Québec — Cisco de printemps, fiche d'espèce faunique
  4. Gouvernement du Canada — Cisco de printemps, programme de rétablissement
  5. Gouvernement du Canada — Évaluation et rapport de situation du COSEPAC sur le cisco de printemps (2009)
  6. Gazette du Canada — Ordonnance visant l'habitat essentiel du cisco de printemps (2018)
  7. Pêches et Océans Canada — Évaluation du potentiel de rétablissement du cisco de printemps
  8. Gouvernement du Canada — Recovery Strategy for the Spring Cisco (Coregonus sp.) [proposed] 2013
  9. Règlement de pêche du Québec (1990), DORS/90-214
  10. Usito, Université de Sherbrooke — hareng
  11. COBALI — Espèces à statut particulier
  12. Association forestière — Le Cisco de Lac
  13. Hydro-Québec — Guide de consommation du poisson, secteur Nottaway, Broadback et Rupert

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. MPO / Pêches et Océans Canada — Recovery Potential Assessment for Spring Cisco
  2. APLL — Poissons d’eau douce du Québec
  3. Spring Cisco (Coregonus sp.)
  4. Spring cisco (Coregonus sp.): recovery strategy
  5. Michel Hénault

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5 · Comité — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage — GPT 6 Sol · Visuel — Organisme dans son milieu — Catalogue · Visuel — Organisme détouré — Catalogue · Comité visuel — OpenAI — GPT 6 Sol · Comité visuel — Anthropic — Claude Opus 5 5 · Arbitrage visuel — GPT 6 Sol · Visuel — Traces et indices — GPT Image 2.5 Sunburst

Mots-clés : cisco de lac, coregonus artedi, hareng de lac, salmonidés, corégone, poisson d'eau douce, cisco de printemps, lac des écorces

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