Portrait et mode de vie
Coccinella trifasciata est une coccinelle de taille modeste. L'adulte mesure environ 4 à 5 mm de longueur. Son corps est arrondi et bombé, comme celui des autres représentants du genre Coccinella.
Critères d'identification
- Élytres : de couleur rouge à orangée, ils sont traversés par trois bandes noires transversales. La première s'étend à la base des élytres, près de l'écusson. La deuxième occupe le milieu. La troisième se trouve vers l'extrémité.
- Pronotum : noir, il porte des taches pâles aux angles antérieurs.
- Tête : noire, marquée de taches claires dont l'étendue varie.
Le dessin des bandes peut varier d'un individu à l'autre. Les bandes sont parfois fragmentées, ce qui peut entraîner une confusion avec d'autres coccinelles à dessins transversaux. Les guides d'identification nord-américains recommandent d'examiner à la fois le patron des élytres et celui du pronotum.
Mode de vie
L'espèce est diurne. Les adultes et les larves chassent activement sur la végétation basse, les herbacées et les arbustes. On l'observe surtout dans les milieux ouverts ou semi-ouverts : prés, friches, bords de champs, clairières et lisières forestières.
Répartition
Coccinella trifasciata a une vaste répartition holarctique. Elle occupe des régions tempérées et boréales de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique du Nord. La sous-espèce Coccinella trifasciata perplexa est notamment mentionnée dans des publications et des collections relatives au Québec.
Au Québec
L'espèce figure dans les listes de coccinelles du Québec. Des publications scientifiques et des collections muséales anciennes mentionnent des localités québécoises pour C. trifasciata ou pour sa sous-espèce perplexa, ce qui atteste une présence de longue date sur le territoire. Des observations plus récentes proviennent de relevés entomologiques et de projets participatifs.
Le Système mondial d'information sur la biodiversité (GBIF) recense 209 occurrences associées à la clé taxonomique 4990205. Ce nombre est celui affiché dans la fiche du catalogue; sa portée géographique et la date du décompte ne sont pas précisées.
Tendances
Dans l'est de l'Amérique du Nord, plusieurs sources font état d'un recul de l'espèce. Le département de la Conservation de l'environnement de l'État de New York la classe parmi ses espèces d'intérêt prioritaire en matière de conservation. Il signale sa présence au Québec et un déclin de sa répartition dans l'Est. Le rapport spécial du COSEPAC sur les coccinelles du Canada (2012) décrit le même contexte de déclin pour certaines coccinelles indigènes.
Croissance et cycle de vie
Comme tous les coléoptères, Coccinella trifasciata se développe par métamorphose complète. Son cycle compte quatre stades : l'œuf, la larve, la nymphe et l'adulte.
Comme chez les autres coccinelles, l'œuf donne naissance à une larve qui se transforme en nymphe, puis en adulte. Le dossier ne permet pas de préciser les modalités de ces stades chez C. trifasciata au Québec.
La durée des stades et le nombre de générations annuelles de cette espèce au Québec ne sont pas établis par les sources du dossier.
Relations avec l'humain
Comme la plupart des coccinelles aphidiphages, Coccinella trifasciata est considérée comme un auxiliaire utile en agriculture et en horticulture. Elle participe à la régulation naturelle des populations de pucerons. Des relevés réalisés dans des cultures québécoises, notamment des inventaires d'insectes en aspergeraies publiés sur Agri-Réseau, ont documenté la présence de coccinelles indigènes et introduites dans les milieux agricoles.
L'espèce ne cause aucun dommage aux cultures ni aux bâtiments. Elle se distingue ainsi de la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis), qui forme en automne des agrégations dans les maisons. Santé Canada publie des conseils sur les coccinelles qui envahissent les habitations. Ces conseils visent surtout cette espèce introduite.
Science participative
Le recul de plusieurs coccinelles indigènes dans l'est de l'Amérique du Nord a conduit à lancer des projets de science participative. Ces initiatives invitent le public à photographier les coccinelles observées. Ces programmes aident à documenter la répartition actuelle de C. trifasciata et d'autres espèces devenues moins fréquentes, comme la coccinelle à neuf points (Coccinella novemnotata). Cette dernière fait l'objet d'un suivi particulier au Québec.
Relations avec les autres espèces
Coccinella trifasciata fait partie des coccinelles indigènes dont le déclin, dans l'est de l'Amérique du Nord, coïncide avec l'établissement de coccinelles introduites. Les deux principales sont la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) et la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis). Plusieurs mécanismes sont étudiés :
- Compétition pour les mêmes proies, en particulier les pucerons.
- Prédation intraguilde : les larves des grandes espèces exotiques consomment les œufs et les larves des espèces indigènes.
- Modification des communautés d'insectes dans les milieux agricoles et ouverts.
Des expériences en laboratoire ont aussi comparé le comportement de coccinelles indigènes et exotiques face aux fourmis qui élèvent les pucerons. Ces fourmis protègent les colonies de pucerons dont elles récoltent le miellat. Elles peuvent donc chasser ou gêner les coccinelles prédatrices, avec des effets qui diffèrent d'une espèce à l'autre.
Comme les autres coccinelles, C. trifasciata peut elle-même être la proie d'oiseaux, d'araignées et d'autres arthropodes prédateurs. Elle peut aussi être attaquée par des parasitoïdes. Sa coloration contrastée est généralement interprétée comme un signal d'avertissement associé à la présence de substances défensives désagréables.
Régime alimentaire
Coccinella trifasciata est un prédateur aphidiphage : son alimentation repose principalement sur les pucerons (famille des Aphididae). Les larves comme les adultes chassent ces insectes sur les tiges, les feuilles et les inflorescences de la végétation herbacée et arbustive.
Les larves consomment un grand nombre de pucerons pendant leur développement. Leur croissance dépend étroitement de l'abondance de ces proies. C'est pourquoi les femelles pondent de préférence près des colonies de pucerons, ce qui assure aux larves une nourriture accessible dès l'éclosion.
Quand les pucerons se font rares, les coccinelles du genre Coccinella peuvent se rabattre sur d'autres petites proies à corps mou. Elles peuvent aussi compléter leur alimentation avec du pollen ou du nectar. Chez les adultes, ces ressources d'appoint jouent un rôle notamment au printemps, à la sortie de l'hivernage, et avant l'entrée en diapause à l'automne.
Ce régime place l'espèce parmi les ennemis naturels des ravageurs des cultures. Elle partage toutefois cette niche avec des espèces introduites plus grandes et plus voraces, ce qui accentue la compétition pour la nourriture.
Anecdotes
- Le nom spécifique trifasciata vient du latin et signifie « à trois bandes ». Il fait directement référence au dessin des élytres.
- L'espèce a été décrite par Carl von Linné en 1758, dans la dixième édition du Systema Naturae.
- Sa répartition holarctique en fait une coccinelle commune à l'Ancien et au Nouveau Monde. La sous-espèce perplexa est notamment mentionnée dans des publications relatives au Québec.
- Avec la coccinelle à neuf points et la coccinelle à deux points (Adalia bipunctata), elle est souvent citée comme exemple de coccinelle indigène devenue moins fréquente dans l'est du continent au cours des dernières décennies du XXe siècle.
- Les spécimens conservés dans les musées d'histoire naturelle, dont certains ont été récoltés au Québec il y a plusieurs décennies, permettent de comparer la répartition passée de l'espèce avec les observations actuelles.
