Définition et objectifs
Le Cadre écologique de référence du Québec, désigné par le sigle CERQ, est un outil de cartographie et de classification écologique du territoire. Il décrit le Québec à partir de ses caractéristiques écologiques afin de permettre la compréhension des potentiels, des contraintes et des fragilités des écosystèmes.
Le CERQ découpe le territoire en unités spatiales organisées selon une hiérarchie de niveaux emboîtés. Chaque unité d'un niveau donné est entièrement comprise dans une unité du niveau supérieur, ce qui permet de passer d'une vue d'ensemble des grands écosystèmes à une description de plus en plus détaillée du milieu.
Contrairement aux découpages administratifs, comme les régions administratives ou les municipalités régionales de comté (MRC), et aux découpages électoraux, les limites du CERQ sont tracées d'abord en fonction des caractéristiques écologiques du territoire. Les unités du premier niveau ne se limitent d'ailleurs pas aux frontières politiques du Québec.
Le CERQ constitue ainsi un référentiel géographique commun destiné à l'analyse du territoire, à la connaissance des milieux naturels et à la planification des interventions qui les touchent.
Structure hiérarchique
Le CERQ s'articule autour de niveaux de perception emboîtés, ordonnés du plus général au plus particulier. Les cinq premiers niveaux sont les suivants :
| Niveau | Unité | Couverture dans l'édition 2018 |
|---|---|---|
| 1 | Province naturelle | Ensemble du Québec |
| 2 | Région naturelle | Ensemble du Québec |
| 3 | Ensemble physiographique | Ensemble du Québec |
| 4 | District écologique | Ensemble du Québec |
| 5 | Ensemble topographique | Secteurs ciblés |
Niveaux généraux
La province naturelle forme le premier niveau. Elle donne une vue d'ensemble des grands écosystèmes du Québec. Chaque province est subdivisée en régions naturelles, elles-mêmes divisées en ensembles physiographiques.
Niveaux détaillés
Le district écologique, quatrième niveau, constitue l'échelon le plus fin cartographié de façon uniforme sur l'ensemble du territoire. L'ensemble topographique, cinquième niveau, offre une description plus détaillée, mais il n'est cartographié que dans certaines parties du Québec.
Cette organisation emboîtée permet d'adapter l'échelle d'analyse au besoin : planification à l'échelle provinciale avec les premiers niveaux, travaux régionaux ou locaux avec les niveaux inférieurs.
Provinces naturelles
Les provinces naturelles représentent le premier niveau du CERQ et en constituent la porte d'entrée. Le ministère les présente comme une « première fenêtre sur l'écologie du Québec », selon le titre d'une de ses publications consacrées à ce niveau.
Elles sont délimitées d'abord selon les caractéristiques écologiques des grands ensembles du territoire, et non selon les limites administratives ou politiques. Certaines provinces naturelles se prolongent ainsi au-delà des frontières du Québec, dans les provinces ou États voisins.
À cette échelle, le découpage fait ressortir les grandes divisions du territoire québécois, par exemple les basses-terres du Saint-Laurent, les Laurentides, les Appalaches et les vastes espaces du Moyen-Nord et du Nord québécois. Le ministère publie une carte des provinces et des régions naturelles du Québec qui présente les deux premiers niveaux du cadre.
Les provinces naturelles servent notamment de base à l'évaluation de la représentativité du réseau québécois d'aires protégées : le ministère examine la place qu'occupent les aires protégées dans chacune d'elles afin d'apprécier dans quelle mesure la diversité des grands écosystèmes est couverte.
Couverture cartographique
L'édition de 2018 du CERQ couvre la totalité du territoire québécois pour les quatre premiers niveaux de la hiérarchie : province naturelle, région naturelle, ensemble physiographique et district écologique.
Le cinquième niveau, l'ensemble topographique, n'est cartographié que dans certains secteurs. Ceux-ci comprennent notamment :
- les basses-terres du Saint-Laurent ;
- les Laurentides ;
- des sites ciblés en milieu nordique.
Cette couverture inégale des niveaux inférieurs reflète l'effort de cartographie détaillée qu'exige la description du territoire à grande échelle. Les secteurs couverts au cinquième niveau correspondent en partie aux régions où les pressions sur le territoire et les besoins de planification sont importants, comme la vallée du Saint-Laurent, ainsi qu'à des territoires nordiques visés par des travaux particuliers.
La version de diffusion du CERQ demeure celle de 2018. La fiche du jeu de données publiée sur Données Québec indique une mise à jour du jeu de données le 25 février 2025.
Diffusion et accès aux données
Le jeu de données du CERQ est attribué au ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), qui en assure la diffusion.
Carte interactive
Le CERQ est consultable sur une carte interactive du gouvernement du Québec. L'utilisateur peut afficher les unités écologiques sur un fond topographique ou sur de l'imagerie satellitaire et naviguer d'un niveau hiérarchique à l'autre.
Données ouvertes
Les données sont offertes en téléchargement et sous forme de services géospatiaux sur le portail Données Québec, et elles sont également répertoriées sur le Portail du gouvernement ouvert du Canada. Les formats et services proposés comprennent notamment :
- FGDB (géodatabase fichier) ;
- SHP (fichier de formes) ;
- WMS (service de cartes web) ;
- REST (service web).
Ces formats permettent l'intégration du CERQ dans les systèmes d'information géographique utilisés par les ministères, les organismes municipaux, les chercheurs et les consultants.
Publications et ressources documentaires
Le ministère publie des documents de présentation du cadre, dont une carte des provinces et des régions naturelles et un document consacré aux provinces naturelles. Les bibliothèques universitaires québécoises, notamment par l'entremise des guides de ressources cartographiques, recensent le CERQ parmi les données géospatiales de référence en écologie.
Utilisations
Le CERQ sert de référentiel géographique pour l'analyse écologique du territoire québécois. En décrivant les potentiels, les contraintes et les fragilités des milieux, il fournit une base commune à plusieurs champs d'intervention.
Aires protégées
Le découpage en provinces naturelles est utilisé par le ministère pour présenter et analyser le réseau d'aires protégées du Québec. Cette approche permet de vérifier si les différents grands écosystèmes du territoire sont représentés dans le réseau et de cibler les secteurs où des efforts de conservation sont souhaitables.
Connaissance et planification du territoire
Les niveaux inférieurs du cadre, plus détaillés, se prêtent aux travaux régionaux et locaux : caractérisation des milieux naturels, planification de la conservation et soutien à l'aménagement du territoire.
Enseignement et recherche
Offert en données ouvertes, le CERQ est employé dans les milieux universitaires comme couche de référence en écologie, en géographie et en biologie de la conservation. Il permet de situer des données d'inventaire ou d'observation dans un contexte écologique cohérent à l'échelle du Québec.
Distinction avec la classification écologique du territoire
Le CERQ ne doit pas être confondu avec la classification écologique du territoire québécois du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF). Il s'agit de deux systèmes distincts de cartographie écologique, chacun doté de ses propres niveaux hiérarchiques et de ses propres unités.
La classification du MRNF est principalement associée à la gestion et à l'inventaire forestiers. Elle s'organise notamment autour des zones de végétation, des domaines bioclimatiques et des régions écologiques. Le CERQ, diffusé par le ministère de l'Environnement, s'articule plutôt autour des provinces naturelles, des régions naturelles, des ensembles physiographiques et des districts écologiques.
Certains termes, comme « district écologique » ou « région », peuvent se retrouver dans les deux systèmes sans désigner des unités équivalentes. Les limites, les critères de délimitation et les échelles diffèrent d'un cadre à l'autre. L'utilisateur de données géospatiales doit donc vérifier à quel référentiel appartient une couche avant de comparer ou de combiner des unités.
Les deux systèmes coexistent et répondent à des besoins complémentaires : le CERQ comme cadre de référence écologique général, notamment pour la conservation, et la classification du MRNF comme outil associé à l'aménagement forestier.