Limites
Selon la description officielle d'Élections Québec (carte électorale de 2017, code 854), la circonscription de Gaspé comprend les municipalités suivantes :
- La Haute-Gaspésie : Cap-Chat (V), La Martre (M), Marsoui (VL), Mont-Saint-Pierre (VL), Rivière-à-Claude (M), Sainte-Anne-des-Monts (V), Sainte-Madeleine-de-la-Rivière-Madeleine (M) et Saint-Maxime-du-Mont-Louis (M) ;
- La Côte-de-Gaspé : Cloridorme (CT), Gaspé (V), Grande-Vallée (M), Murdochville (V) et Petite-Vallée (M) ;
- Le Rocher-Percé : Grande-Rivière (V), Percé (V) et Sainte-Thérèse-de-Gaspé (M).
Elle comprend aussi cinq territoires non organisés : Collines-du-Basque et Rivière-Saint-Jean (La Côte-de-Gaspé), Coulée-des-Adolphe et Mont-Albert (La Haute-Gaspésie), ainsi que Mont-Alexandre (Le Rocher-Percé).
Toutes ces entités se trouvent dans la région administrative de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. La circonscription s'étend ainsi de la rive nord de la péninsule, le long de l'estuaire et du golfe du Saint-Laurent, jusqu'à la baie de Gaspé et au secteur de Percé, et englobe une large part de l'arrière-pays montagneux des Chic-Chocs. Sa superficie atteint 11 529,86 km², pour une densité de 3,12 habitants par kilomètre carré (2021).
Origine du nom et histoire
La circonscription électorale de Gaspé a été créée au moment de la première division électorale du Bas-Canada, en 1792. Son nom reprend celui du comté de Gaspé, établi en juillet 1788. Selon Élections Québec, le toponyme tire son origine de la baie du même nom, où Jacques Cartier débarqua en 1534, et évoquerait la transposition française du mot micmac gespeg, qui signifie « bout de la terre ».
La présence micmaque demeure inscrite dans le territoire : la nation micmaque de Gespeg est établie dans le secteur de Gaspé, et 7,6 % de la population de la circonscription déclarait une identité autochtone au recensement de 2021.
Après avoir existé sous ce nom pendant le XIXe siècle et le début du XXe siècle, le territoire gaspésien a été réparti entre d'autres circonscriptions, dont Gaspé-Nord et Gaspé-Sud. La circonscription actuelle de Gaspé a été reconstituée lors de la refonte de la carte électorale de 1972, à partir d'une partie de Gaspé-Nord et de l'ensemble de Gaspé-Sud.
L'économie de la circonscription repose historiquement sur la pêche, la forêt et, à Murdochville, l'exploitation minière, auxquelles s'ajoute le tourisme, notamment autour de Percé et du parc national de la Gaspésie.
Évolution de la carte électorale
L'historique officiel des délimitations établi par Élections Québec retrace les remaniements successifs depuis 1972 :
| Année | Modification |
|---|---|
| 2017 | Circonscription identique à la précédente |
| 2011 | Formée d'une partie de Gaspé (21 104 électeurs) et d'une partie de Matane (9 942 électeurs) |
| 2001 | Formée d'une partie de Bonaventure (1 527 électeurs) et d'une partie de Gaspé (27 471 électeurs) |
| 1992 | Formée d'une partie de la circonscription précédente de Gaspé (29 676 électeurs) |
| 1988 | Identique à la précédente |
| 1985 | Identique à la précédente |
| 1980 | Identique à la précédente |
| 1972 | Formée d'une partie de Gaspé-Nord et de Gaspé-Sud |
La révision de 2011 a déplacé le centre de gravité de la circonscription vers la Haute-Gaspésie en y intégrant des municipalités auparavant rattachées à Matane. Dans le cadre de cette révision, la Commission de la représentation électorale a accordé à Gaspé un statut d'exception, en raison de son étendue et de sa faible population.
Carte de 2026
Une nouvelle carte électorale a été publiée en janvier 2026. Une loi adoptée par l'Assemblée nationale en juin 2026 a toutefois maintenu pour Gaspé les limites établies en 2017, en conservant la circonscription malgré les critères ordinaires de délimitation. L'élection générale du 5 octobre 2026 s'est ainsi tenue dans le territoire décrit par la carte de 2017.
Démographie
Les données suivantes proviennent du recensement du Canada de 2021, compilées par Élections Québec.
Population et territoire (2021)
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Population totale | 35 955 |
| Électeurs inscrits | 30 067 |
| Superficie | 11 529,86 km² |
| Densité | 3,12 hab./km² |
| Hommes | 49,7 % |
| Femmes | 50,3 % |
Structure par âge (2021)
La population de la circonscription est nettement vieillissante : l'âge moyen s'établit à 49,1 ans et l'âge médian à 54,4 ans. Les jeunes de 0 à 9 ans représentent 7,7 % de la population, les 10 à 19 ans 8,4 % et les 20 à 29 ans 7,7 %. À l'autre extrémité, les 70 à 79 ans comptent pour 13,2 % et les 80 ans et plus pour 6,2 %.
Langues et diversité (2021)
Le français est la langue parlée à la maison par 92,6 % de la population, contre 7,0 % pour l'anglais ; la présence anglophone est historiquement marquée dans certains secteurs de la côte gaspésienne. La part des personnes déclarant une identité autochtone atteint 7,6 %, tandis que les minorités visibles représentent 1,4 % de la population.
Scolarité et revenus
Au recensement de 2021, 29,5 % de la population ne détenait aucun certificat, diplôme ou grade, et 21,7 % avait pour plus haut niveau un diplôme d'études secondaires. Le revenu médian des ménages s'élevait à 61 200 $ en 2020 et le revenu moyen à 75 600 $.
Élections récentes
Élection générale du 5 octobre 2026
Méganne Perry Mélançon (Parti québécois) reprend le siège qu'elle avait perdu en 2022, avec une large avance.
| Candidature | Parti | Votes | % |
|---|---|---|---|
| Méganne Perry Mélançon | PQ | 10 525 | 58,81 |
| Stéphane Sainte-Croix | CAQ | 2 414 | 13,49 |
| Michel Marin | PLQ | 2 278 | 12,73 |
| Christian Pierry | PCQ | 1 358 | 7,59 |
| Emmanuelle Babin | QS | 1 322 | 7,39 |
Votes valides : 17 897 ; votes rejetés : 233 ; électeurs inscrits : 30 110 ; participation : 60,21 %.
Élection générale du 3 octobre 2022
Stéphane Sainte-Croix (Coalition avenir Québec) l'emporte avec 7 542 votes (41,4 %) devant la députée sortante Méganne Perry Mélançon (PQ, 6 832 votes, 37,5 %). Suivent Yv Bonnier Viger (QS, 1 634 votes, 8,97 %), Michel Marin (PLQ, 1 255 votes, 6,89 %) et Pier-Luc Bouchard (PCQ, 956 votes, 5,25 %). Votes valides : 18 219 ; électeurs inscrits : 30 190 ; participation : 60,96 %.
Élection générale du 1er octobre 2018
Le scrutin de 2018 est l'un des plus serrés de la province. Méganne Perry Mélançon (PQ) obtient 6 003 votes (33,41 %) contre 5 962 (33,18 %) pour le libéral Alexandre Boulay, soit un écart de 41 votes. Louis LeBouthillier (CAQ) recueille 3 521 votes (19,6 %) et Alexis Dumont-Blanchet (QS) 2 482 votes (13,81 %). Votes valides : 17 968 ; électeurs inscrits : 30 033 ; participation : 60,82 %.
Un dépouillement judiciaire a corrigé les résultats de plusieurs sections de vote, et l'une de ces corrections a changé l'issue du scrutin. L'enquête subséquente du directeur général des élections a conclu à une erreur de transcription commise sans mauvaise foi, sans relever de tentative de fraude ni d'infraction à la Loi électorale.
Élection générale du 7 avril 2014
Gaétan Lelièvre (PQ) est élu avec 10 026 votes (52,03 %) devant Annie St-Onge (PLQ, 6 513 votes, 33,8 %), Yvan Blanchard (CAQ, 1 192 votes, 6,19 %) et Daniel Leboeuf (QS, 989 votes, 5,13 %). Votes valides : 19 268 ; électeurs inscrits : 30 850 ; participation : 63,14 %.
Résultats antérieurs
Entre 1994 et 2012, la circonscription a surtout élu des candidats péquistes, à l'exception de l'élection de 2008, remportée par le Parti libéral du Québec. Les résultats par parti sont les suivants :
| Élection | Parti gagnant | % du gagnant | Deuxième parti | % | Votes valides |
|---|---|---|---|---|---|
| 2012 | PQ | 62,73 | PLQ | 31,05 | 18 852 |
| 2008 | PLQ | 56,25 | PQ | 39,51 | 15 906 |
| 2007 | PQ | 40,96 | PLQ | 37,54 | 18 704 |
| 2003 | PQ | 47,40 | PLQ | 42,26 | 19 055 |
| 1998 | PQ | 50,41 | PLQ | 44,70 | 21 914 |
| 1994 | PQ | 53,39 | — | — | 21 373 |
En 2007, l'Action démocratique du Québec avait obtenu 16,91 % des votes valides, son meilleur résultat dans la circonscription sur la période.
Votes valides lors des scrutins plus anciens
| Élection | Votes valides |
|---|---|
| 1989 | 20 971 |
| 1985 | 23 760 |
| 1981 | 25 779 |
| 1976 | 23 820 |
| 1973 | 20 200 |
| 1927 | 2 850 |
| 1916 | 2 712 |
| 1900 | 2 493 |
| 1897 | 2 849 |
| 1892 | 3 044 |
| 1890 | 2 862 |
| 1875 | 1 883 |
Le nombre de votes valides a culminé en 1981 avant de reculer, reflet notamment de la baisse démographique de la Gaspésie et des remaniements de la carte électorale.