Toponymie
Le nom Gaspésie dérive de celui de Gaspé, toponyme désignant la baie et la ville situées à l'extrémité orientale de la péninsule. L'origine de Gaspé est généralement rattachée à la langue micmaque, dans laquelle un terme apparenté évoquerait l'idée d'une extrémité ou d'une « fin des terres ».
La Commission de toponymie du Québec relève Gespe'gewa'gig comme nom micmac de la péninsule. Ce nom désigne également l'un des districts traditionnels du territoire mi'gmaq. Selon la Commission, la première mention connue de la forme « Gaspésie » semble apparaître dans un ouvrage publié en 1691.
La nomenclature officielle retient la forme « péninsule de la Gaspésie ». Dans l'usage courant, on emploie aussi l'expression « péninsule gaspésienne ». Les habitants portent le gentilé de Gaspésiens et Gaspésiennes.
Délimitation et cadre administratif
Sur le plan physique, la péninsule est délimitée par l'eau sur trois côtés : l'estuaire du Saint-Laurent au nord, le golfe du Saint-Laurent à l'est et la baie des Chaleurs au sud, qui la sépare du Nouveau-Brunswick. À l'ouest, sa limite est traditionnellement tracée entre Capucins, sur la rive de l'estuaire, et Matapédia, au fond de la baie des Chaleurs.
Cette limite géographique ne correspond pas exactement aux découpages administratifs ou touristiques. Une partie de l'ouest de la péninsule, notamment la vallée de la Matapédia et le secteur de La Mitis, relève administrativement de la région du Bas-Saint-Laurent.
Région administrative 11
La partie gaspésienne de la région administrative de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (région 11) couvre, selon le gouvernement du Québec, une superficie de 16 036 km². La région comprend en outre la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine, d'une superficie de 187,4 km². Le volet gaspésien se divise en cinq municipalités régionales de comté :
- La Haute-Gaspésie ;
- La Côte-de-Gaspé ;
- Le Rocher-Percé ;
- Bonaventure ;
- Avignon.
Ces chiffres et ce découpage décrivent la région administrative. Ils ne recouvrent pas la péninsule selon toutes ses délimitations usuelles.
Relief et géologie
La Gaspésie forme l'extrémité nord-est de la chaîne des Appalaches au Québec. Son intérieur est occupé par un plateau découpé de vallées profondes, au-dessus duquel s'élèvent des massifs montagneux. Le plus connu est celui des monts Chic-Chocs, qui s'étire parallèlement à la côte nord de la péninsule.
Le point culminant de la péninsule est le mont Jacques-Cartier, qui atteint 1 268 m d'altitude. Il appartient au massif des monts McGerrigle et figure parmi les plus hauts sommets du Québec méridional. Les sommets les plus élevés portent une végétation de type alpin et de toundra, peu commune à ces latitudes.
Le littoral présente des formes variées :
- des falaises abruptes sur la côte nord et à la pointe de la péninsule ;
- des escarpements rocheux, comme ceux de Forillon et de Percé ;
- des côtes plus basses, bordées de barachois et de flèches littorales, notamment le long de la baie des Chaleurs.
Le rocher Percé, monolithe calcaire situé au large du village de Percé, est l'une des formations géologiques les plus connues du Québec.
Hydrographie et littoral
La péninsule est drainée par de nombreuses rivières qui descendent des hautes terres de l'intérieur vers la mer. Leur cours est généralement court et rapide. Parmi les principales figurent :
| Rivière | Exutoire |
|---|---|
| Matapédia | Rivière Restigouche, puis baie des Chaleurs |
| Cascapédia | Baie des Chaleurs |
| Bonaventure | Baie des Chaleurs |
| Dartmouth | Baie de Gaspé |
| York | Baie de Gaspé |
| Saint-Jean | Baie de Gaspé |
Plusieurs de ces rivières sont reconnues pour la remontée du saumon atlantique. Leur exploitation est encadrée par des zones d'exploitation contrôlée (zecs) et des réserves fauniques.
Le littoral s'étend sur plusieurs centaines de kilomètres. Il est ponctué de baies, dont la baie de Gaspé, qui forme un havre naturel abrité à l'extrémité est de la péninsule. La côte sud, le long de la baie des Chaleurs, offre des eaux plus calmes et des terres plus favorables à l'agriculture que la côte nord, exposée aux vents de l'estuaire.
Milieux naturels et aires protégées
L'intérieur de la Gaspésie est dominé par la forêt boréale et la forêt mixte. Le sapin baumier et l'épinette y occupent une place importante. En altitude, la végétation devient subalpine, puis alpine. Ces milieux abritent la seule population de caribous des bois encore présente au sud du fleuve Saint-Laurent.
Le climat est marqué par l'influence maritime du golfe et de l'estuaire. Les hivers sont longs et enneigés, en particulier sur les hauteurs. Les étés sont frais sur la côte nord et plus doux dans la baie des Chaleurs.
Plusieurs aires protégées couvrent la péninsule :
- le parc national de la Gaspésie, qui englobe les monts Chic-Chocs et McGerrigle ;
- le parc national de l'Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé, connu pour sa colonie de fous de Bassan ;
- le parc national Forillon, administré par Parcs Canada, à l'extrémité est de la péninsule.
S'y ajoutent des réserves fauniques et des zecs, qui encadrent la chasse, la pêche et la villégiature sur une large part du territoire public.
Occupation du territoire
La Gaspésie fait partie du territoire ancestral des Mi'gmaq, dont plusieurs communautés y vivent toujours, notamment Listuguj, Gesgapegiag et Gespeg. En 1534, Jacques Cartier aborde la baie de Gaspé et y plante une croix. Cet épisode marque l'un des premiers contacts documentés entre Européens et Autochtones sur le territoire de l'actuel Québec.
La colonisation permanente s'organise surtout à partir du XVIIIe siècle, autour de la pêche à la morue. Plusieurs groupes y contribuent :
- des Canadiens français ;
- des Acadiens, installés notamment dans la baie des Chaleurs ;
- des loyalistes ;
- des marchands et pêcheurs venus des îles anglo-normandes, en particulier de Jersey.
Le peuplement est demeuré essentiellement côtier. Les localités s'égrènent le long de la route 132, qui fait le tour de la péninsule, tandis que l'intérieur est peu habité. L'économie repose historiquement sur la pêche, la forêt et, plus récemment, le tourisme.
La ville de Gaspé est la principale agglomération de la péninsule. Sa population est estimée à 15 503 habitants en 2026, contre 15 627 en 2025 et 14 960 en 2017. Chandler compte 7 299 habitants en 2026. Daniel Côté occupe la mairie de Gaspé depuis l'élection de 2013 ; il a été réélu sans opposition en 2021 et en 2025.

