Fondation et origines
Le Parti québécois naît en 1968 du regroupement de forces indépendantistes issues de la Révolution tranquille. Il résulte principalement du rapprochement entre le Mouvement Souveraineté-Association, animé par René Lévesque, ancien ministre libéral, et le Ralliement national, dirigé par Gilles Grégoire. La nouvelle formation se donne pour objectif l'accession du Québec à la souveraineté, assortie à l'origine d'une proposition d'association économique avec le reste du Canada.
Le parti s'inscrit dans la tradition du nationalisme québécois moderne, marquée par l'affirmation de l'État provincial comme principal levier collectif, la laïcisation des institutions et la valorisation du français comme langue commune. Les travaux universitaires consacrés au parti soulignent également son ancrage dans une tradition social-démocrate, qui se traduit par un programme axé sur l'intervention de l'État en matière économique et sociale.
Dès ses premières campagnes, le Parti québécois obtient des appuis populaires importants sans percée parlementaire correspondante, conséquence du mode de scrutin uninominal à un tour : 25,96 % des voix et sept sièges en 1970, puis 33,55 % des voix et six sièges en 1973, année où il devient néanmoins l'opposition officielle.
Orientation politique
Le Parti québécois se définit comme un parti souverainiste dont la finalité est de faire du Québec un pays. Cette orientation, inscrite dans ses documents programmatiques depuis la fondation, a connu des formulations successives : souveraineté-association à l'époque du référendum de 1980, puis souveraineté assortie d'une offre de partenariat en 1995.
Autour de cet axe, le programme du parti a historiquement combiné plusieurs dimensions :
- la protection et la promotion du français comme langue officielle et commune ;
- une orientation social-démocrate en matière de services publics, de santé et d'éducation ;
- la défense des compétences du Québec face au gouvernement fédéral ;
- des propositions relatives aux institutions d'un Québec souverain, dont la question monétaire, abordée dans les documents programmatiques diffusés par le parti.
Le parti diffuse par ailleurs des documents de réflexion sur le projet d'indépendance, dont un « Livre bleu » publié sur son site officiel.
Parcours électoral
Élections générales de 2022 (scrutin le plus récent consigné)
Le Parti québécois recueille 644 743 votes, soit 15,68 % des suffrages exprimés, et fait élire 3 députés. Il s'agit du plus faible nombre de sièges obtenu par la formation depuis 1973 et de sa plus faible part des voix depuis sa fondation.
Périodes antérieures
| Élection | Sièges | Votes | Part des voix |
|---|---|---|---|
| 2012 | 62 | 1 393 703 | 43,79 % |
| 2008 | 51 | 1 141 751 | 35,17 % |
| 2007 | 36 | 1 125 546 | 28,35 % |
| 2003 | 45 | 1 269 183 | 33,60 % |
| 1998 | 76 | 1 744 240 | 42,87 % |
| 1994 | 77 | 1 751 442 | 44,75 % |
| 1989 | 29 | 1 369 067 | 42,13 % |
| 1985 | 23 | 1 320 008 | 38,82 % |
| 1981 | 80 | 1 773 237 | 49,26 % |
| 1976 | 72 | 1 390 351 | 43,38 % |
| 1973 | 6 | 897 809 | 33,55 % |
| 1970 | 7 | 662 404 | 25,96 % |
Le sommet historique du parti en proportion des voix est atteint en 1981, avec 49,26 % des suffrages et 80 sièges ; son sommet en nombre de sièges remonte à la même élection.
Passages au gouvernement et référendums
Le Parti québécois forme son premier gouvernement au lendemain de l'élection générale du 15 novembre 1976, sous la direction de René Lévesque. Cette victoire, largement commentée comme inattendue par l'ampleur du renversement, ouvre une période marquée par des réformes législatives d'envergure, notamment en matière linguistique et de financement des partis politiques.
Le gouvernement Lévesque tient le 20 mai 1980 un référendum sur un mandat de négocier la souveraineté-association ; la proposition est rejetée par l'électorat. Réélu en 1981, le parti perd le pouvoir en 1985, puis demeure dans l'opposition durant les législatures issues des scrutins de 1985 et de 1989.
Le retour au pouvoir survient après l'élection générale de 1994, remportée avec 77 sièges et 44,75 % des voix. Le gouvernement tient en 1995 un second référendum sur la souveraineté, assortie d'une proposition de partenariat avec le Canada ; la proposition est de nouveau rejetée, par une marge étroite. Le parti est reconduit au pouvoir en 1998 avec 76 sièges, bien qu'il recueille alors une part des voix comparable à celle de son principal adversaire.
Après la défaite de 2003, le parti siège dans l'opposition, puis revient au gouvernement à la suite de l'élection de 2012, où il obtient 62 sièges sur 125 et 43,79 % des suffrages, formant ainsi un gouvernement minoritaire.
Représentation parlementaire
Selon la composition de l'Assemblée nationale relevée en septembre 2026, le Parti québécois compte 7 des 125 sièges, derrière la Coalition Avenir Québec (79), le Parti libéral du Québec (18), Québec solidaire (11) et les députés indépendants (9), et devant le Parti conservateur du Québec (1). Le caucus, élargi depuis le scrutin de 2022 à la faveur d'élections partielles, réunit alors :
| Député | Circonscription |
|---|---|
| Paul St-Pierre Plamondon | Camille-Laurin |
| Pascal Bérubé | Matane-Matapédia |
| Joël Arseneau | Îles-de-la-Madeleine |
| Pascal Paradis | Jean-Talon |
| Catherine Gentilcore | Terrebonne |
| Alex Boissonneault | Arthabaska |
| Marie-Karlynn Laflamme | Chicoutimi |
Paul St-Pierre Plamondon, élu dans Camille-Laurin, dirige le parti.
Financement
À l'instar des autres partis autorisés, le Parti québécois est soumis au régime québécois de financement politique administré par Élections Québec, qui plafonne les contributions et les réserve aux électrices et électeurs. Les contributions annuelles recueillies par le parti évoluent ainsi :
| Année | Montant total | Nombre de contributions |
|---|---|---|
| 2026 | 1 144 323 $ | 10 859 |
| 2025 | 922 859 $ | 12 926 |
| 2024 | 951 409 $ | 13 361 |
| 2023 | 800 169 $ | 11 443 |
| 2022 | 1 567 694 $ | 17 322 |
| 2021 | 495 585 $ | 7 511 |
| 2020 | 398 674 $ | 6 291 |
| 2019 | 444 018 $ | 7 423 |
Le sommet de 2022, tant en montant qu'en nombre de contributions, correspond à une année d'élections générales. Le montant consigné pour 2026 dépasse ceux de 2023 à 2025, malgré un nombre de contributions inférieur, ce qui traduit une contribution moyenne plus élevée.
Place dans le système partisan québécois
Pendant plus de quatre décennies, le Parti québécois constitue l'un des deux pôles d'un système partisan structuré par le clivage entre souverainistes et fédéralistes, face au Parti libéral du Québec, fondé en 1867. L'alternance entre ces deux formations organise la vie parlementaire de 1976 à 2014.
L'apparition de nouvelles formations reconfigure ce paysage : l'Action démocratique du Québec (1994), Québec solidaire (2006), le Parti conservateur du Québec dans sa forme actuelle (2009) et la Coalition Avenir Québec (2011) fragmentent l'électorat, y compris nationaliste. Le recul du Parti québécois aux scrutins des années 2000, puis le résultat de 2022, s'inscrivent dans cette recomposition.
Le parti demeure inscrit au registre des entités politiques autorisées tenu par Élections Québec, qui publie ses rapports financiers annuels. Il conserve par ailleurs une présence organisationnelle nationale et un programme centré sur l'indépendance, documenté dans les publications qu'il diffuse.