Localisation et toponymie
Le gisement se trouve dans le nord-est du Québec, au sud-ouest de la ville minière de Fermont, dans la MRC de Caniapiscau, région administrative de la Côte-Nord. Le secteur se situe près de la frontière avec le Labrador, dans une zone où se concentrent plusieurs gisements de fer, dont ceux du lac Fire et, du côté labradorien, ceux de Wabush et de Labrador City.
Selon la Commission de toponymie du Québec, le nom Mont-Wright désignait à l’origine un relief d’environ 900 m d’altitude. Ce mont a été dynamité lors des premiers travaux d’exploitation, si bien que le toponyme s’applique aujourd’hui au territoire minier aménagé autour de l’ancien sommet, qui comprend les fosses, les haldes et les installations de traitement du minerai.
Le site est relié par voie ferrée au port de Port-Cartier, sur la rive nord du golfe du Saint-Laurent, où le concentré est transformé ou expédié. Cette liaison ferroviaire, propre à l’exploitant, a conditionné l’ouverture de la mine dans un territoire alors dépourvu de route permanente.
Cadre géologique régional
Le mont Wright se situe dans la partie orientale de la Province de Grenville, dans la ceinture où les roches sédimentaires paléoprotérozoïques de la fosse du Labrador (orogène du Nouveau-Québec) se prolongent vers le sud et ont été reprises par l’orogenèse grenvillienne. Les formations ferrifères de cette région sont ainsi l’équivalent métamorphisé des formations de fer exploitées plus au nord, dans le secteur de Schefferville.
Une étude structurale réalisée à Polytechnique Montréal décrit le gisement comme une formation de fer rubanée de type lac Supérieur, déposée dans une séquence de bassin d’avant-pays et recoupée par des filons-couches de gabbro. Ce type de formation ferrifère, caractéristique du Paléoprotérozoïque, résulte de la précipitation chimique de silice et d’oxydes de fer dans des bassins marins peu profonds.
À l’échelle régionale, les formations ferrifères sont fortement plissées et faillées. La déformation grenvillienne a superposé plusieurs générations de plis et de chevauchements, ce qui a répété ou épaissi localement les couches de minerai. Cette architecture structurale contrôle la géométrie du gisement et, par conséquent, la planification des fosses.
Description du gisement
Le minerai du mont Wright se présente sous la forme d’une formation de fer rubanée où alternent des bandes de quartz et des bandes d’oxydes de fer. Les descriptions géologiques font état des minéraux suivants :
- hématite spéculaire, oxyde de fer principal du gisement ;
- magnétite, en proportion variable selon les secteurs ;
- quartz, constituant dominant de la gangue ;
- actinote, amphibole présente en proportions variables.
Le métamorphisme a provoqué la recristallisation des oxydes de fer et du quartz en grains relativement grossiers. Cette texture facilite la libération des minéraux de fer au broyage et favorise leur séparation par des procédés de concentration gravimétrique, ce qui distingue les gisements métamorphisés du sud de la fosse du Labrador des minerais à grain fin de type taconite.
Des travaux géométallurgiques publiés en 2018 ont par ailleurs étudié la texture des carottes de forage comme indicateur du comportement du minerai au traitement, illustrant l’importance des variations texturales internes du gisement pour son exploitation.
Métamorphisme et déformation
La formation de fer exploitée au mont Wright a été déformée et métamorphisée lors de l’orogenèse grenvillienne, vers la fin du Mésoprotérozoïque. Ce métamorphisme régional a transformé les sédiments ferrifères d’origine, riches en silice amorphe et en oxydes fins, en une roche cristalline à quartz, hématite spéculaire et magnétite.
Les silicates présents, notamment l’actinote, témoignent des réactions métamorphiques entre la silice, le fer et les composants carbonatés ou magnésiens de la séquence d’origine. Les roches encaissantes comprennent des amphibolites, dérivées en partie des intrusions de gabbro qui recoupent la séquence sédimentaire.
L’analyse structurale de la mine met en évidence un plissement serré et superposé des unités ferrifères. Cette complexité géométrique se traduit par des variations d’épaisseur et d’orientation des couches minéralisées, qu’il faut modéliser finement pour estimer les ressources et orienter le développement des fosses.
Qualité du minerai et éléments contaminants
L’intérêt économique du gisement ne dépend pas seulement de sa teneur en fer, mais aussi de sa teneur en éléments nuisibles à la sidérurgie. Un mémoire de maîtrise de l’Université du Québec à Chicoutimi porte sur des zones du gisement où le minerai présente des concentrations plus élevées en titane, en aluminium et en phosphore.
Cette étude associe ces éléments à des phases minérales distinctes :
| Élément | Minéraux porteurs associés |
|---|---|
| Titane | ilménite-hématite, rutile |
| Phosphore | apatite |
| Aluminium | argiles |
Le mémoire examine aussi les relations entre ces zones contaminées et les amphibolites encaissantes, qui constituent une source possible de ces éléments au contact de la formation de fer. La connaissance de la répartition de ces contaminants permet de mieux gérer le mélange des minerais et la qualité du concentré produit.
Histoire de l’exploitation
Le secteur du mont Wright fait partie des zones ferrifères reconnues dans le nord-est du Québec au cours des années 1950 et 1960, période d’intense exploration dans la fosse du Labrador et son prolongement grenvillien. Un article publié en 1962 dans la revue Mining Engineering décrit déjà les gisements de fer de la région du mont Wright et du lac Carheil.
Selon la Commission de toponymie du Québec, un gisement évalué à 2,5 milliards de tonnes est annoncé en 1970, et l’exploitation débute en 1974. La Compagnie minière Québec Cartier en a été l’exploitant historique ; la mine est aujourd’hui exploitée par ArcelorMittal Exploitation minière Canada. La ville de Fermont a été aménagée au début des années 1970 pour loger la main-d’œuvre de la mine.
L’exploitation se fait à ciel ouvert. Le minerai est concentré sur place, puis acheminé par chemin de fer jusqu’à Port-Cartier. En 2024, le site a marqué ses cinquante ans d’exploitation, ce qui en fait l’une des mines de fer les plus durables du Québec.
Données de tonnage
Les chiffres de tonnage associés au mont Wright proviennent de documents d’époques et de natures différentes. Ils ne sont pas directement comparables entre eux et ne doivent pas être confondus avec les réserves ou ressources actuelles déclarées par l’exploitant.
- 1970 : un gisement évalué à 2,5 milliards de tonnes est annoncé, selon la Commission de toponymie du Québec.
- 1985 et 1992 : les répertoires de Géologie Québec consacrés aux gîtes minéraux à tonnage évalué et à la production minérale du Québec (DV 85-08 et DV 92-01) compilent des données historiques de tonnage et de production pour les gîtes de fer de la région.
Les rapports de travaux statutaires déposés auprès du ministère responsable des ressources naturelles (série GM), ainsi que des levés géophysiques de gravimétrie et de magnétométrie réalisés sur les propriétés Mont-Wright et Fire Lake Nord, documentent l’exploration plus récente du gisement et de ses extensions.