Situation
Le gisement de Fire Lake se trouve dans la région administrative de la Côte-Nord, dans le secteur minier de Fermont, à environ 50 kilomètres au sud du complexe minier du Mont-Wright. Il est accessible par la route 389, qui relie Baie-Comeau à Fermont, ainsi que par le réseau ferroviaire minier qui dessert les installations du Mont-Wright.
Le gisement fait partie d'un ensemble de dépôts ferrifères de la partie septentrionale de la Côte-Nord, aux côtés notamment des gisements du Mont-Wright, du lac Bloom et du mont Reed. Ce district constitue l'un des principaux pôles de production de minerai de fer au Canada.
Le secteur est caractérisé par un relief de plateau entaillé de vallées glaciaires, parsemé de nombreux lacs, sur le haut bassin des rivières qui s'écoulent vers le golfe du Saint-Laurent. Le lac dont le gisement tire son nom, Fire Lake, a donné son nom à la mine ainsi qu'au projet voisin de Fire Lake North.
Cadre géologique
Le gisement est encaissé dans des formations ferrifères situées dans la partie nord de la Province géologique de Grenville, près de sa limite avec la Province de Churchill. Ces formations ferrifères sont considérées comme le prolongement, déformé et métamorphisé, des formations ferrifères sédimentaires de la Fosse du Labrador, d'âge paléoprotérozoïque.
Évolution géologique
- Sédimentation : les formations ferrifères se sont d'abord déposées en milieu marin sous forme de sédiments riches en fer et en silice, au Paléoprotérozoïque.
- Orogenèse grenvillienne : vers la fin du Mésoprotérozoïque, l'orogenèse grenvillienne a charrié, plissé et métamorphisé ces séquences. Le métamorphisme a provoqué la recristallisation des oxydes de fer et de la silice en grains plus grossiers.
- Érosion glaciaire : les glaciations quaternaires ont façonné le relief actuel et mis à nu ou recouvert de dépôts meubles les assises rocheuses.
La recristallisation métamorphique distingue les gisements de la région de Fermont de ceux, moins métamorphisés, de la Fosse du Labrador proprement dite, dans la région de Schefferville. Elle se traduit par des oxydes de fer à grain plus grossier, ce qui favorise leur séparation par des procédés de concentration.
Minéralisation
Les documents géophysiques et d'exploration déposés auprès du gouvernement du Québec décrivent, dans les propriétés de Fire Lake, des cibles ferrifères et des minéralisations à hématite, à magnétite ou à une combinaison des deux.
Principaux minéraux
| Minéral | Composition | Rôle |
|---|---|---|
| Hématite | Fe₂O₃ | Oxyde de fer, minerai principal |
| Magnétite | Fe₃O₄ | Oxyde de fer magnétique, minerai |
| Quartz | SiO₂ | Gangue siliceuse |
La présence de magnétite confère aux zones minéralisées une signature magnétique marquée, ce qui explique l'usage répandu des levés magnétiques aéroportés et au sol pour délimiter les horizons ferrifères. Les zones à hématite dominante, moins magnétiques, se repèrent plutôt par des méthodes gravimétriques et par la cartographie géologique.
La teneur moyenne en fer rapportée pour la propriété, de l'ordre d'un tiers de la masse de la roche, impose une étape de concentration avant l'expédition du minerai vers les marchés.
Histoire de l'exploitation
Exploitation par Sidbec-Normines
Le gisement a été mis en valeur par Sidbec-Normines, entreprise liée à la sidérurgie québécoise. La mine a produit du minerai à la fin des années 1970 et au début des années 1980. Le rapport des géologues résidents du gouvernement du Québec pour l'année 1979 décrit le gisement pendant cette période d'activité.
L'exploitation a ensuite été interrompue au début des années 1980, dans un contexte de difficultés du marché du fer et de l'acier.
Mine satellite du Mont-Wright
Le gisement a par la suite été remis en exploitation à titre de mine satellite du complexe minier du Mont-Wright. Le minerai brut extrait à ciel ouvert à Fire Lake est transporté vers le Mont-Wright, où il est traité au concentrateur. Ce mode d'exploitation permet d'alimenter les installations existantes sans construire une usine de traitement sur place.
L'exploitation d'une mine satellite s'inscrit dans le cadre légal provincial, notamment la Loi sur les mines, qui encadre l'octroi des droits miniers, les baux d'exploitation et la restauration des sites.
Estimations des ressources
Les chiffres publiés au sujet du gisement proviennent de documents établis à des dates différentes et selon des méthodes différentes. Ils ne sont pas directement comparables et ne constituent pas, l'un ou l'autre, un état actuel des réserves.
2017
Un rapport d'exploration de 2017, déposé auprès du gouvernement du Québec, reprend une estimation de 341 millions de tonnes à 33,4 % de fer pour la propriété comprenant le gisement. Il s'agit d'une estimation rapportée dans ce document.
1979
Le rapport des géologues résidents pour l'année 1979 évaluait les réserves du gisement à près de 400 millions de tonnes. Cette estimation historique précède les normes de déclaration des ressources minérales appliquées aujourd'hui au Canada.
| Année | Nature du chiffre | Valeur |
|---|---|---|
| 2017 | Estimation rapportée (propriété) | 341 Mt à 33,4 % Fe |
| 1979 | Réserves historiques | environ 400 Mt |
L'écart entre ces valeurs reflète à la fois l'extraction réalisée dans l'intervalle, la différence des périmètres considérés et l'évolution des méthodes d'estimation.
Distinction avec Fire Lake North
Le projet Fire Lake North est distinct du gisement et de la mine de Fire Lake, bien qu'il se trouve dans le même secteur. Un document fédéral d'évaluation environnementale de 2015 le décrit comme un projet de mine de fer à ciel ouvert proposé par Champion Iron Mines.
La proximité des deux sites et la similitude de leurs noms entraînent des confusions fréquentes. Les deux appartiennent toutefois au même contexte géologique : des formations ferrifères métamorphisées de la partie nord de la Province de Grenville, dans le prolongement de la Fosse du Labrador.
Les données de ressources, les titulaires et l'historique réglementaire de Fire Lake North ne doivent pas être attribués au gisement de Fire Lake, et inversement.