Localisation
La mine Sigma se trouve sur le territoire de la ville de Val-d'Or, dans la MRC de La Vallée-de-l'Or, en Abitibi-Témiscamingue. Elle fait partie du camp minier de Val-d'Or, l'un des principaux districts aurifères du Québec. Ce camp s'est développé dans les années 1930 le long d'un corridor de roches volcaniques déformées, au nord de la zone de faille de Cadillac–Larder Lake.
La mine est implantée en périphérie de l'agglomération, à proximité d'autres exploitations historiques du camp. Son nom désigne aussi un ensemble d'installations de surface, dont une usine de traitement du minerai.
Le nom « Sigma » est également porté par Sigma-2, un gisement distinct situé à environ 27 km à l'est de Val-d'Or, dans le canton de Louvicourt. Les deux sites font l'objet de fiches et de rapports séparés dans le Système d'information géominière (SIGÉOM) du ministère des Ressources naturelles et des Forêts. Ce système demeure la référence publique pour les coordonnées, les limites des gîtes et les travaux d'exploration qui leur sont associés.
Contexte géologique
Le gisement Sigma appartient à la province géologique du Supérieur, le noyau archéen du Bouclier canadien. Il se situe plus précisément dans la sous-province de l'Abitibi, une vaste ceinture de roches vertes qui s'étend de part et d'autre de la frontière entre le Québec et l'Ontario.
Dans le secteur de Val-d'Or, la séquence volcanique comprend notamment les formations de Val-d'Or et de Héva. Ces unités se composent de coulées et de roches volcanoclastiques de composition mafique à intermédiaire. Elles sont recoupées par des intrusions de diorite et de porphyres, puis métamorphisées et déformées lors de l'orogenèse archéenne. Le métamorphisme régional y est généralement de faible intensité, ce qui a permis de conserver les textures primaires des roches hôtes et des veines.
La minéralisation de Sigma est encaissée à la fois dans les roches volcaniques et dans les intrusions dioritiques. Ces dernières, plus compétentes, ont favorisé la fracturation et la mise en place des veines. Le gisement se rattache à la famille des gîtes d'or orogénique, qui sont associés aux grandes zones de déformation des ceintures de roches vertes archéennes.
Minéralisation et structure
L'or de la mine Sigma est contenu dans un réseau de veines de quartz accompagnées de carbonates, de tourmaline et de sulfures. Ce réseau s'organise selon deux grandes familles structurales :
- des veines de cisaillement subverticales, logées dans des zones de cisaillement orientées approximativement est-ouest ;
- des veines d'extension subhorizontales, ou veines de tension, qui relient les zones de cisaillement entre elles et forment un réseau en échelons.
Cette association est caractéristique de ce que Géologie Québec décrit comme des gisements aurifères peu déformés. Dans ce type de gîte, des veines de quartz-carbonate sont associées à des zones de cisaillement et à des veines de tension. La mine Sigma est citée comme exemple de cette catégorie.
Les veines se sont formées sous l'effet de fluides hydrothermaux circulant à travers les zones de faiblesse de la croûte, au cours de la déformation archéenne. Les épontes des veines présentent une altération hydrothermale, notamment une carbonatation et une séricitisation des roches encaissantes.
La continuité des veines en profondeur a permis de prolonger l'exploitation souterraine sur plusieurs centaines de mètres. Leur géométrie régulière a facilité la reconstitution du réseau structural à partir des travaux miniers.
Histoire de l'exploitation
La mine Sigma a été mise en valeur dans la foulée de l'essor aurifère de Val-d'Or, au cours des années 1930. Comme les autres exploitations du camp, elle a contribué au peuplement et au développement économique de la ville. Les grandes mines d'or y ont constitué pendant des décennies le principal employeur.
L'exploitation souterraine s'est poursuivie pendant plusieurs décennies et a fait de Sigma l'une des mines d'or majeures du district. Au fil du temps, la propriété est passée entre les mains de plusieurs sociétés minières. Son usine de traitement a continué de servir après la fin de l'exploitation souterraine traditionnelle, notamment pour traiter du minerai provenant de gisements voisins du camp de Val-d'Or.
Le statut actuel d'exploitation du site, ses propriétaires successifs et les chiffres de production historique doivent être vérifiés dans les fiches et rapports miniers du SIGÉOM et dans les documents publics des sociétés concernées.
Le gisement distinct de Sigma-2
Le gisement de Sigma-2 porte un nom semblable, mais il est géographiquement et géologiquement distinct de la mine Sigma. Un rapport gouvernemental le situe à environ 27 km à l'est de Val-d'Or, dans le canton de Louvicourt.
Ce gisement est encaissé dans le filon-couche de Vicour, au contact des formations de Val-d'Or et de Héva. La zone aurifère y est associée à des lentilles et à des veines de quartz subhorizontales contenant des sulfures.
Selon ce même rapport, le gîte de Sigma-2 a été découvert en 1933 sous le nom de « Quebec Gold Belt ». La société Sigma Ltd. a acquis la propriété en 1980. Une production périodique y aurait débuté à l'été 1984.
Ces données historiques se rapportent exclusivement à Sigma-2 et ne s'appliquent pas à la mine Sigma de Val-d'Or.
Intérêt scientifique
La mine Sigma occupe une place notable dans la littérature géologique sur l'or archéen. La qualité de l'exposition de son réseau de veines dans les galeries souterraines a permis des études détaillées des relations entre déformation, circulation des fluides et dépôt de l'or. La coexistence de veines de cisaillement subverticales et de veines d'extension subhorizontales y a servi à illustrer les modèles de valve de faille. Selon ces modèles, la pression des fluides varie de façon cyclique au cours des séismes et favorise l'ouverture répétée des fractures.
Le gisement est ainsi devenu un site de référence pour la compréhension des gîtes d'or orogénique de la sous-province de l'Abitibi. Il sert également de point de comparaison pour d'autres ceintures de roches vertes ailleurs dans le monde.
Les données géoscientifiques relatives à Sigma et aux gîtes voisins sont accessibles au public. Elles comprennent les fiches de minéralisation, les cartes géologiques et les rapports d'exploration du fonds documentaire EXAMINE, diffusés par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts au moyen du SIGÉOM.