Localisation
La mine Normétal se situe dans le canton de Desmeloizes, dans la partie nord-ouest de la région administrative de l'Abitibi-Témiscamingue. Elle appartient au territoire de la municipalité régionale de comté (MRC) d'Abitibi-Ouest, à proximité immédiate de la localité de Normétal, qui s'est développée autour des installations minières et en a tiré son nom. Le site se trouve à courte distance de la frontière entre le Québec et l'Ontario.
Dans les publications géologiques anciennes, le secteur est rattaché au comté d'Abitibi, puis au comté d'Abitibi-Ouest, selon le découpage territorial alors en vigueur. Le rapport géologique publié en 1952 par le ministère des Mines du Québec couvre une région d'environ vingt milles carrés (environ 52 km²) centrée sur la mine, ce qui témoigne de l'intérêt porté au gisement et à son environnement immédiat dès le milieu du XXe siècle.
Le paysage environnant est celui des basses terres argileuses de l'Abitibi, où les affleurements rocheux sont discontinus et souvent masqués par les dépôts quaternaires laissés par la dernière glaciation et par le lac proglaciaire Barlow-Ojibway. Cette couverture meuble a longtemps compliqué la prospection dans la région et explique l'importance des travaux de forage et de géophysique dans la connaissance du sous-sol.
Contexte géologique régional
Le gisement Normétal se trouve dans la province géologique du Supérieur, le plus vaste noyau archéen du Bouclier canadien. Il est plus précisément situé dans la sous-province de l'Abitibi, une ceinture de roches vertes reconnue comme l'une des régions métallifères les plus productives du Canada, qui s'étend de part et d'autre de la frontière entre le Québec et l'Ontario.
La ceinture de l'Abitibi est composée d'empilements de roches volcaniques mafiques à felsiques, de roches sédimentaires et d'intrusions diverses, déformés et métamorphisés au cours de l'Archéen. Les séquences volcaniques y ont été le siège d'une activité hydrothermale sous-marine responsable de nombreux gisements de sulfures massifs volcanogènes, dont ceux des camps miniers de Rouyn-Noranda et de Matagami.
Les rapports de Géologie Québec décrivent le secteur de Normétal comme formé de roches volcaniques précambriennes, au sein desquelles des horizons pyroclastiques de composition intermédiaire à felsique jouent un rôle important dans la localisation de la minéralisation. Des dykes de diabase plus jeunes recoupent l'ensemble de la séquence volcanique.
Le secteur a fait l'objet d'une cartographie géologique dès les années 1940, avec la parution d'un rapport préliminaire en 1942, suivie d'un rapport géologique plus détaillé en 1952. Ces travaux ont été complétés par la suite par des levés d'exploration et des études géochimiques menées par des sociétés minières.
Description du gisement
Le gisement Normétal appartient à la famille des gisements de sulfures massifs volcanogènes, formés par la précipitation de sulfures métalliques à partir de fluides hydrothermaux circulant sur ou près du fond marin, dans un contexte volcanique actif.
Un rapport de géologie et de géochimie produit en 1979 caractérise le corps minéralisé comme une lentille associée à un horizon de tuf dacitique. Les dimensions rapportées témoignent d'une géométrie très allongée en profondeur :
| Paramètre | Valeur rapportée | Équivalent métrique approximatif |
|---|---|---|
| Largeur maximale | environ 1 200 pieds | environ 366 m |
| Épaisseur maximale | environ 70 pieds | environ 21 m |
| Extension verticale | environ 8 000 pieds | environ 2 440 m |
Cette extension verticale considérable, nettement supérieure aux dimensions horizontales, est caractéristique des lentilles de sulfures massifs basculées par la déformation régionale, qui se présentent aujourd'hui en position fortement inclinée à subverticale.
Le rapport géologique de 1952 signale en outre la présence d'un dyke de diabase quartzifère, appelé dyke Abana, qui recoupe le gîte et le divise en secteurs distincts. Postérieure à la minéralisation, cette intrusion n'a pas de lien génétique avec les sulfures, mais elle a influencé la description et la subdivision du gisement aux fins de son exploitation.
Minéralisation
La minéralisation du gisement Normétal se compose principalement de trois sulfures :
- la pyrite, sulfure de fer, qui constitue la phase la plus abondante et forme la matrice des sulfures massifs ;
- la chalcopyrite, sulfure de cuivre et de fer, principal minéral porteur du cuivre ;
- la sphalérite, sulfure de zinc, principal minéral porteur du zinc.
Cet assemblage est typique des gisements de sulfures massifs volcanogènes de type cuivre-zinc rencontrés dans la ceinture de l'Abitibi. Dans ces gisements, la répartition des métaux présente souvent une zonalité, le cuivre tendant à se concentrer dans les parties proximales du système hydrothermal et le zinc dans les parties plus distales ou sommitales de la lentille.
L'association de la lentille avec un horizon de tuf dacitique illustre le rôle des roches volcaniques felsiques dans la mise en place de ce type de minéralisation. Ces horizons marquent généralement des périodes d'accalmie ou de transition dans l'activité volcanique, propices à l'accumulation de sulfures sur le fond marin.
La connaissance de cette minéralisation a orienté l'exploration des environs, notamment dans le canton de Desmeloizes et les cantons voisins, où les sociétés minières ont recherché d'autres lentilles le long des mêmes horizons volcaniques favorables.
Historique de l'exploitation
La découverte du gisement est rapportée en 1925, à une époque où la prospection minière gagnait le nord-ouest du Québec à la suite des découvertes faites dans la région de Rouyn-Noranda.
Selon le rapport géologique de 1952, la société Normetal Mining Corporation a acquis la mine en 1931. L'exploitation, menée en souterrain, a porté sur le cuivre et le zinc contenus dans la lentille de sulfures massifs. L'activité minière a entraîné la création d'une agglomération ouvrière qui est devenue la localité de Normétal, dont le nom reprend celui de la société exploitante.
La fermeture de la mine est datée de 1975 ou de 1980 selon les publications. Comme pour de nombreux sites miniers anciens de l'Abitibi-Témiscamingue, la fin de l'exploitation a eu des répercussions importantes sur l'économie de la localité qui en dépendait.
Les anciens sites miniers du Québec relèvent aujourd'hui du cadre établi par la Loi sur les mines et de la responsabilité du ministère chargé des ressources naturelles, notamment en ce qui concerne la restauration des sites et la gestion des aires d'accumulation de résidus miniers.
Documentation géoscientifique
La mine Normétal est documentée par plusieurs publications conservées dans le fonds documentaire EXAMINE de Géologie Québec, qui regroupe les rapports gouvernementaux et les travaux statutaires déposés par les sociétés d'exploration :
- le Rapport préliminaire sur la région de la mine Normétal, comté d'Abitibi (RP 170, 1942), première synthèse cartographique du secteur ;
- le rapport géologique Région de la mine Normétal, comté d'Abitibi-Ouest (RG 34, 1952), qui décrit la géologie d'une région d'environ vingt milles carrés autour de la mine, la minéralisation et le dyke Abana ;
- le Rapport de géologie et de géochimie, Vanier 11-723 (GM 34581, 1979), qui précise la géométrie de la lentille minéralisée et son association avec un horizon de tuf dacitique.
D'autres documents, dont des travaux de synthèse plus récents publiés par Géologie Québec, traitent de la géologie régionale et des minéralisations du secteur. Le Système d'information géominière du Québec (SIGÉOM) intègre ces données dans ses cartes et ses bases de données sur les gîtes minéraux.
Ces travaux successifs font du gisement Normétal une référence pour l'étude des sulfures massifs volcanogènes du nord-ouest de la ceinture de l'Abitibi, du côté québécois de la frontière.