Toponymie et géographie
Le nom de la ville provient de la baie des Sept Îles et de l'archipel qui en protège l'entrée. La Ville de Sept-Îles désigne ces îles sous les noms de Grande Basque, Petite Basque, Corossol, Petite Boule, Grosse Boule, Manowin et îlets De Quen. Selon la Commission de toponymie du Québec, le nom de la municipalité actuelle a été officialisé le 27 février 2003.
Sept-Îles est située sur la rive nord du golfe du Saint-Laurent, à proximité du 50e parallèle, dans la région administrative de la Côte-Nord (09) et la MRC de Sept-Rivières, dont elle est le chef-lieu. Son territoire s'étire le long du littoral et englobe, outre le noyau urbain de la baie, les secteurs de Moisie, à l'embouchure de la rivière du même nom, et de Gallix, à l'ouest.
Superficie
Les mesures de superficie varient selon la source et la notion retenue :
| Source | Notion | Superficie |
|---|---|---|
| Répertoire des municipalités (MAMH) | Superficie municipale | 2 172,22 km² |
| Ville de Sept-Îles | Territoire municipal | 2 182 km² |
| Institut de la statistique du Québec | Terre ferme | 1 734,0 km² |
La route 138 constitue le principal axe routier reliant la ville au reste du Québec méridional et aux localités de la Basse-Côte-Nord. Le territoire municipal est contigu aux terres de la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, dont la réserve de Uashat est enclavée dans le tissu urbain et celle de Mani-utenam se trouve à l'est, en direction de Moisie.
Histoire
Le littoral de la baie des Sept Îles est fréquenté depuis des millénaires par les Innus, dont la présence se perpétue aujourd'hui dans la communauté de Uashat mak Mani-utenam. Sous le Régime français, la région fait partie des territoires de traite de la Côte-Nord, et un poste de traite des fourrures est établi en bordure de la baie ; le site historique du Vieux-Poste en évoque aujourd'hui le souvenir.
Longtemps modeste village de pêcheurs et de commerçants, Sept-Îles connaît une transformation rapide au milieu du XXe siècle avec l'exploitation des gisements de fer du Nouveau-Québec et du Labrador. La construction d'un chemin de fer reliant la côte aux mines de l'intérieur et l'aménagement d'installations portuaires d'expédition du minerai font de la ville l'un des principaux points d'exportation de fer au Canada. La croissance démographique qui en découle se reflète dans le nombre de votes valides exprimés dans la circonscription provinciale de Duplessis, passé de 11 636 en 1960 à 33 842 en 1976.
L'implantation d'une aluminerie dans la zone industrialo-portuaire, au début des années 1990, diversifie la base industrielle de la ville.
Regroupement de 2003
La ville actuelle est constituée le 12 février 2003 par le regroupement de l'ancienne ville de Sept-Îles, de la ville de Moisie et de la municipalité de Gallix, dans le cadre de la réorganisation municipale menée par le gouvernement du Québec au début des années 2000. Le secteur de Moisie, établi à l'embouchure de la rivière Moisie, et celui de Gallix conservent leur identité de quartier au sein de la nouvelle entité.
Démographie
Les habitants de Sept-Îles portent le gentilé de Septiliens et Septiliennes. Selon le Répertoire des municipalités du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation (MAMH), la ville comptait 24 456 habitants en 2026.
Évolution récente de la population
| Année | Population |
|---|---|
| 2026 | 24 456 |
| 2025 | 24 373 |
| 2024 | 24 591 |
| 2023 | 24 973 |
| 2017 | 25 475 |
Entre 2017 et 2026, la population a diminué d'environ 1 000 habitants, une tendance à la baisse marquée surtout entre 2023 et 2025, suivie d'une légère hausse en 2026. L'Institut de la statistique du Québec estimait pour sa part la population totale à 24 542 habitants au 1er juillet 2022.
Par sa taille, Sept-Îles est l'une des deux principales villes de la Côte-Nord, avec Baie-Comeau. Elle exerce une fonction de centre de services pour les localités du littoral et de l'arrière-pays, notamment en matière de santé, d'éducation et de commerce. Les membres de la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam, établis sur des réserves distinctes du territoire municipal, ne sont pas comptés dans la population de la ville.
Administration municipale
Sept-Îles est régie par la Loi sur les cités et villes. Le conseil municipal est formé d'un maire et de neuf conseillers. L'hôtel de ville est situé au 700, boulevard Laure. Catherine Lauzon occupe la direction générale de la Ville.
Élection municipale de 2025
Benoit Méthot est élu maire avec 3 594 voix (environ 50,1 % des suffrages exprimés pour la mairie), devant Patrick Hudon (2 743 voix) et Guylaine Lejeune (839 voix). Le conseil issu de ce scrutin réunit Josée Pedneault, Martin Langlois, Jeannot Vich, Dave Desjardins, Patrick Lelièvre, Richard Gagnon, Zéa Blackburn, Manon Langlois et Daniel Guérault. Le calendrier électoral municipal fixe la prochaine élection générale au 4 novembre 2029.
Scrutins antérieurs
| Année | Maire élu | Voix | Principal adversaire | Voix |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | Steeve Beaupré | 3 410 | Michel Bellavance | 2 973 |
| 2017 | Réjean Porlier | 5 748 | Russel Tremblay | 4 348 |
| 2013 | Réjean Porlier | 3 203 | Jonathan Martel | 3 090 |
| 2009 | Serge Lévesque | 5 764 | Marc Fafard | 2 996 |
L'élection de 2013 s'est jouée entre quatre candidats à la mairie : Réjean Porlier l'a emporté avec environ 29,3 % des voix, devant Jonathan Martel, Rodrigue Vigneault (2 891 voix) et Martial Lévesque (1 554 voix). Réélu en 2017 avec près de 57 % des suffrages, il a été remplacé en 2021 par Steeve Beaupré, élu avec environ 50,9 % des voix.
Richesse foncière
| Année | Richesse foncière uniformisée |
|---|---|
| 2026 | 4 895 729 587 $ |
| 2025 | 4 473 341 596 $ |
| 2024 | 3 885 202 988 $ |
| 2023 | 3 527 328 981 $ |
| 2017 | 3 077 355 000 $ |
Représentation politique
Sur le plan provincial, Sept-Îles fait partie de la circonscription de Duplessis, qui couvre une vaste portion de la Côte-Nord.
Élection générale du 5 octobre 2026
Meggie Richard, du Parti québécois, est élue avec 9 434 voix (47,14 %), devant la députée sortante Kateri Champagne Jourdain, de la Coalition avenir Québec (4 550 voix, 22,74 %), Roberto Stea, du Parti conservateur du Québec (3 909 voix, 19,53 %), Samuel Murray, du Parti libéral du Québec (1 080 voix, 5,4 %), et Jani Bellefleur-Kaltush, de Québec solidaire (984 voix, 4,92 %). La participation s'établit à 54,54 % sur 37 124 électeurs inscrits.
Scrutins précédents
| Élection | Élu ou élue | Parti | Résultat | Participation |
|---|---|---|---|---|
| 3 octobre 2022 | Kateri Champagne Jourdain | CAQ | 45,14 % | 53,21 % |
| 1er octobre 2018 | Lorraine Richard | PQ | 34,32 % | 55,81 % |
| 7 avril 2014 | Lorraine Richard | PQ | 39,99 % | 58,67 % |
L'élection de 2018 a été particulièrement serrée : Lorraine Richard l'a emporté avec 7 023 voix contre 6 896 pour Line Cloutier. En 2022, Kateri Champagne Jourdain, d'origine innue, a obtenu 8 785 voix, devant Marilou Vanier (4 825 voix).
Le nombre de votes valides dans Duplessis, qui atteignait 33 842 en 1976, s'est établi à 20 013 en 2026, une évolution qui suit en partie celle de la démographie régionale.
Économie
L'économie de Sept-Îles s'organise autour de son port en eau profonde, ouvert à l'année et administré par l'Administration portuaire de Sept-Îles. Il figure parmi les plus importants ports de vrac du Canada en tonnage, principalement en raison des expéditions de concentré et de boulettes de minerai de fer acheminés par chemin de fer depuis les mines de la fosse du Labrador.
Secteurs principaux
- Mines et transport ferroviaire : la ville est le terminus maritime de lignes ferroviaires reliant la côte aux exploitations minières de l'intérieur, au Québec et au Labrador. Un service ferroviaire de passagers relie également Sept-Îles à Schefferville.
- Aluminium : l'Aluminerie Alouette, établie dans la zone industrialo-portuaire de Pointe-Noire, est l'un des principaux employeurs de la région.
- Services régionaux : à titre de pôle de la région de Duplessis, la ville concentre des services de santé, d'enseignement, d'administration publique et de commerce de détail.
- Pêche : la pêche commerciale demeure présente, en particulier dans le secteur de Moisie et dans la baie.
Tissu entrepreneurial
Selon le Registre des entreprises du Québec, mis à jour le 16 octobre 2026, 1 467 entreprises immatriculées actives ont leur adresse à Sept-Îles, sur un total de 3 498 entités recensées, dont 2 031 radiées ou inactives.
| Forme juridique | Nombre |
|---|---|
| Compagnies (sociétés par actions) | 1 165 |
| Associations personnifiées | 222 |
| Sociétés en nom collectif | 37 |
| Syndicats de copropriété | 14 |
| Coopératives | 7 |
Les sociétés de gestion et de gestion immobilière constituent une part notable des entreprises déclarant un secteur d'activité.
Habitation
En octobre 2026, la Ville a fait connaître un projet d'ajout d'environ 200 terrains résidentiels au parc Ferland d'ici 2030, afin de diversifier l'offre de logement.
Services, éducation et patrimoine
Sept-Îles accueille plusieurs équipements à vocation régionale.
Santé
L'hôpital de Sept-Îles dessert la population de la ville et d'une partie de la Côte-Nord. En octobre 2026, la Cour supérieure du Québec a autorisé une action collective au nom de patients ayant subi, entre novembre 2018 et mars 2022, une biopsie de la prostate à cet établissement avec un instrument mal stérilisé ; 142 patients sont concernés.
Éducation
La ville compte des écoles primaires et secondaires, un centre de formation des adultes ainsi que le Cégep de Sept-Îles, établissement d'enseignement collégial public qui accueille une clientèle provenant de l'ensemble de la Côte-Nord.
Transport
Outre le port et la route 138, la ville est desservie par l'aéroport de Sept-Îles, qui offre des liaisons régionales vers les autres localités de la Côte-Nord, du Labrador et vers les grands centres du Québec.
Patrimoine et culture
- Le Vieux-Poste, reconstitution d'un poste de traite des fourrures, rappelle les échanges entre Innus et Européens sur le littoral.
- Le Musée régional de la Côte-Nord présente l'histoire, l'archéologie et l'art de la région.
- L'archipel des Sept Îles, dont l'île Grande Basque et l'île du Corossol, constitue un attrait naturel et ornithologique majeur ; l'île du Corossol abrite d'importantes colonies d'oiseaux marins.
- La rivière Moisie, qui traverse la partie est du territoire, est reconnue pour la pêche au saumon atlantique.
La proximité de la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam marque la vie culturelle locale, notamment par la présence d'institutions consacrées à la culture innue.