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Musique

Leonard Cohen

Leonard Cohen (Westmount, 21 septembre 1934 – Los Angeles, 7 novembre 2016) est un poète, romancier et auteur-compositeur-interprète montréalais d'expression anglaise. D'abord reconnu dans le milieu littéraire canadien pour ses recueils de poésie et ses romans, il amorce en 1967 une carrière de chanteur qui lui vaut une renommée internationale, portée par des chansons comme « Suzanne », « So Long, Marianne » et « Hallelujah ». Profondément attaché à Montréal, où il est inhumé, il a été fait grand officier de l'Ordre national du Québec en 2008.

Jeunesse et formation

Leonard Norman Cohen naît le 21 septembre 1934 à Westmount, sur l'île de Montréal, dans une famille juive anglophone bien établie. Son père, Nathan Cohen, dirige une entreprise de vêtements ; il meurt en 1944, alors que Leonard n'a que neuf ans. Sa mère, Masha Klonitsky, est la fille d'un rabbin et érudit d'origine lituanienne. La famille fréquente la synagogue Shaar Hashomayim de Westmount, institution à laquelle les Cohen sont liés depuis plusieurs générations.

Adolescent, Cohen apprend la guitare et s'intéresse à la poésie, notamment à l'œuvre de Federico García Lorca, qui exerce sur lui une influence durable. Il entre à l'Université McGill, où il étudie notamment l'histoire et la littérature anglaise et obtient son baccalauréat en 1955. Il fréquente alors le milieu poétique montréalais anglophone, gravitant autour de figures comme Louis Dudek et Irving Layton, qui deviendra un ami proche.

À la même époque, il joue dans un trio country-folk, The Buckskin Boys, première expérience musicale sur scène. Il entreprend ensuite brièvement des études supérieures à l'Université Columbia, à New York, avant de revenir à Montréal et de se consacrer à l'écriture.

Carrière littéraire

Cohen se fait d'abord connaître comme poète. Son premier recueil, Let Us Compare Mythologies, paraît en 1956 dans la collection de poésie de l'Université McGill. Suivent The Spice-Box of Earth (1961), qui assoit sa réputation au Canada anglais, Flowers for Hitler (1964) et Parasites of Heaven (1966).

Au début des années 1960, il séjourne longuement sur l'île grecque d'Hydra, où il rencontre la Norvégienne Marianne Ihlen, qui inspirera plus tard la chanson « So Long, Marianne ». Il y rédige ses deux romans :

  • The Favourite Game (1963), récit d'apprentissage largement autobiographique situé à Montréal ;
  • Beautiful Losers (1966), roman expérimental qui met notamment en scène la figure de Kateri Tekakwitha et aborde la question québécoise.

En 1969, son recueil Selected Poems 1956–1968 lui vaut le Prix du Gouverneur général, qu'il refuse. Il poursuit par la suite son œuvre écrite parallèlement à la chanson, avec notamment Book of Mercy (1984), recueil de psaumes en prose, l'anthologie Stranger Music (1993) et Book of Longing (2006). Un recueil posthume, The Flame, paraît en 2018.

Carrière musicale

Débuts (1966-1979)

Au milieu des années 1960, Cohen se tourne vers la chanson. En 1966, la chanteuse américaine Judy Collins enregistre « Suzanne », inspirée de Suzanne Verdal et du Vieux-Montréal, ce qui fait connaître l'auteur aux États-Unis. Son premier album, Songs of Leonard Cohen, paraît en 1967 chez Columbia Records. Suivent Songs from a Room (1969), Songs of Love and Hate (1971), New Skin for the Old Ceremony (1974), Death of a Ladies' Man (1977), réalisé par Phil Spector, et Recent Songs (1979).

Maturité (1984-2004)

Various Positions (1984) contient « Hallelujah », chanson d'abord peu remarquée qui connaît une large diffusion grâce aux reprises de John Cale puis de Jeff Buckley. I'm Your Man (1988) et The Future (1992) adoptent une instrumentation plus électronique et renouvellent son public. De 1994 à 1999, Cohen se retire au centre zen du mont Baldy, en Californie, où il est ordonné moine en 1996 sous le nom de Jikan. Il revient avec Ten New Songs (2001) et Dear Heather (2004).

Dernières années (2008-2016)

À la suite de difficultés financières découvertes au milieu des années 2000, Cohen reprend la route en 2008 pour une série de tournées mondiales qui se prolongent jusqu'en 2013. Il publie Old Ideas (2012), Popular Problems (2014) et You Want It Darker, paru le 21 octobre 2016, quelques semaines avant sa mort. L'album posthume Thanks for the Dance, achevé par son fils Adam Cohen, paraît en 2019.

AnnéeAlbum studio
2016You Want It Darker
2014Popular Problems
2012Old Ideas
2004Dear Heather
2001Ten New Songs
1992The Future
1988I'm Your Man
1984Various Positions
1967Songs of Leonard Cohen

Style et thèmes

La musique de Cohen puise dans le folk, la chanson populaire, le country et, à certaines périodes, dans des sonorités de musique du monde ou des arrangements électroniques. Sa voix grave, qui s'assombrit au fil des décennies, et un phrasé proche de la diction poétique en constituent les traits distinctifs. Les chœurs féminins occupent une place importante dans ses enregistrements et ses concerts.

Ses textes, très travaillés, abordent l'amour et le désir, la solitude, la foi, la mort et les relations humaines. Ils mêlent références bibliques et juives, imagerie chrétienne, spiritualité bouddhiste et observation politique. Cette alliance du sacré et du profane, ainsi que l'ironie qui accompagne souvent la gravité de son propos, caractérisent l'ensemble de son œuvre, des premiers recueils aux derniers albums.

La frontière entre poésie et chanson demeure poreuse chez Cohen : plusieurs chansons ont d'abord été publiées comme poèmes, et ses recueils intègrent des textes de chansons. Le vers « There is a crack in everything, that's how the light gets in », tiré de « Anthem » (The Future, 1992), est devenu l'un des plus cités de son répertoire ; il a donné son titre à l'exposition que lui a consacrée le Musée d'art contemporain de Montréal.

Lien avec Montréal

Bien qu'il ait vécu de longues périodes à Hydra, à New York et à Los Angeles, Cohen reste attaché à Montréal toute sa vie. Il possède une maison sur le Plateau-Mont-Royal, près du parc du Portugal, et la ville apparaît dans plusieurs de ses textes, de The Favourite Game à « Suzanne », qui évoque le port et la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours.

Il meurt le 7 novembre 2016 à Los Angeles et est inhumé quelques jours plus tard au cimetière de la congrégation Shaar Hashomayim, sur le mont Royal, auprès de membres de sa famille.

Après sa mort, Montréal multiplie les hommages :

  • deux grandes murales à son effigie sont réalisées en 2017, l'une sur la rue Crescent, au centre-ville, l'autre sur le boulevard Saint-Laurent, sur le Plateau ;
  • le Musée d'art contemporain de Montréal présente de novembre 2017 à avril 2018 l'exposition Leonard Cohen : Une brèche en toute chose, réunissant des œuvres d'artistes inspirés par son parcours ;
  • un concert hommage, Tower of Song, a lieu au Centre Bell en novembre 2017.

Tourisme Montréal propose par ailleurs un circuit consacré aux lieux associés à l'artiste. Ailleurs au Québec, le parc Leonard-Cohen, à Sherbrooke, porte son nom en hommage au musicien et poète.

Distinctions

Cohen a reçu de nombreuses distinctions, au Québec, au Canada et à l'étranger, pour son œuvre littéraire comme pour son œuvre musicale.

AnnéeDistinction
2011Prix Prince des Asturies (lettres)
2011Prix Glenn-Gould
2008Grand officier de l'Ordre national du Québec
2008Intronisation au Rock and Roll Hall of Fame
2006Intronisation au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens
2003Compagnon de l'Ordre du Canada
1991Intronisation au Temple de la renommée de la musique canadienne
1991Officier de l'Ordre du Canada
1969Prix du Gouverneur général (poésie), refusé

Il a également remporté plusieurs prix Juno au cours de sa carrière.

Vie privée et postérité

Cohen a deux enfants avec l'artiste Suzanne Elrod : Adam Cohen, né en 1972, lui-même auteur-compositeur-interprète, et Lorca Cohen, née en 1974, photographe et vidéaste. Sa vie sentimentale, notamment sa relation avec Marianne Ihlen, a nourri plusieurs de ses chansons.

Son répertoire a été repris par un grand nombre d'interprètes de langues et de styles variés. « Hallelujah », en particulier, compte parmi les chansons les plus reprises de la musique populaire. Au Québec, plusieurs artistes francophones ont adapté ou traduit ses chansons, et ses poèmes ont fait l'objet de traductions françaises.

Son œuvre fait l'objet d'études universitaires et de numéros spéciaux de revues, dont un cahier de la revue Lettres québécoises en 2017. Elle est souvent présentée comme un pont entre les cultures anglophone et francophone de Montréal, ainsi qu'entre la tradition littéraire et la chanson populaire.

Sources

  1. Ordre national du Québec, fiche de Leonard Cohen
  2. Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens, Leonard Cohen
  3. Radio-Canada, Leonard Cohen en cinq temps
  4. Tourisme Montréal, Le Montréal de Leonard Cohen
  5. Commission de toponymie du Québec, Parc Leonard-Cohen
  6. Musée d'art contemporain de Montréal, Leonard Cohen : Une brèche en toute chose (catalogue)
  7. Lettres québécoises, Cahier Leonard Cohen (Érudit, 2017)
  8. Encyclopædia Universalis, Leonard Cohen (1934-2016)
  9. Wikipédia, Leonard Cohen
  10. Savoirs.Québec, registre éditorial
  11. Sylvie Simmons, I'm Your Man : The Life of Leonard Cohen, 2012

Recherche documentaire

Références recueillies lors de la recherche web du dossier, en complément des sources citées dans le texte.

  1. Leonard Cohen — Wikipédia

Modèles ayant contribué : Recherche documentaire — Sonar Pro · Rédaction — Claude Opus 5 5

Mots-clés : leonard cohen, auteur-compositeur-interprète, poésie anglophone, montréal, folk, hallelujah, suzanne, westmount

Processus éditorial

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